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IBERMA s’oriente vers l’export Entretien avec M. Abdelilah Lahlou, Administrateur Directeur Général de IBERMA

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La Nouvelle Tribune : Comment se porte IBERMA cette année par rapport à l’année dernière ?
M. Abdelilah Lahlou :
Il faut dire que nos prévisions se sont faites sur des  critères déterminés. Cependant, comme chacun le sait, toute prévision est aléatoire en fonction des fluctuations du marché. Toutefois, à IBERMA, nous avons pu obtenir les résultats escomptés. Mais ce qui a été essentiel, c’est que nous avons réalisé une croissance à deux chiffres. Aussi, faut-il l’ajouter, ce résultat est pour nous une satisfaction quand nous savons que IBERMA est relativement jeune par rapport aux autres laboratoires pharmaceutiques au Maroc.

Dans ce contexte, quelle est la particularité de IBERMA dans ce secteur ?
Je ne crois pas s’il y a une différence entre IBERMA et les autres laboratoires puisque nos domaines d’activité restent les mêmes. Cependant, pour vous répondre, je pourrais situer la question au niveau du capital social. Ce capital se constitue de différentes manières dont la première peut appartenir à des sociétés multinationales qui viennent s’installer au Maroc. Nous avons une seconde possibilité qui est celle des nationaux qui investissent dans l’industrie pharmaceutique et qui se mettent par la suite à représenter sous licence d’autres laboratoires étrangers. La particularité de IBERMA est qu’il fait d’un tour de table où nous assistons à un réel partenariat. Cela veut dire que le fonds social appartient à trois groupes. Il s’agit de ASAC que nous représentons au Maroc, puis le groupe de pharmaciens que je représente et le troisième partenaire est cette institution espagnole appelée COFIDES qui est une entreprise semi-publique espagnole créée pour développer les investissements espagnols à l’étranger. Ce qui constituait en soi une nouveauté au Maroc dans les années 92-93, l’année à laquelle nous avons démarré ce projet. C’est quelque chose qui n’existait pas auparavant. Nous l’avons imaginé et réalisé. Ce n’est pas cette institution qui est venue vers nous mais plutôt c’est nous qui sommes allés vers cette dernière. Nous étions armés d’une petite expérience professionnelle mais animés d’une grande volonté d’entreprendre dans le domaine pharmaceutique. Car nous étions convaincus, comme dit l’adage, que l’on ne peut pas construire du neuf sur de l’ancien. Il fallait donc partir de zéro.

Qu’en est-il du marché pharmaceutique au Maroc?
Je dirais brièvement que les industriels opérant dans ce secteur se targuent de leurs réalisations et de leurs actions. Un seul chiffre peut démontrer la véracité de cette affirmation. En effet, nous fabriquons 80-85  % de notre consommation locale en produits pharmaceutiques. Aussi sommes-nous considérés sur l’échelle de la qualité dans la zone Europe. Tant mieux pour nous car nous estimons que nous participons à une épargne de devises. Tout ceci est le résultat d’investissements en grande partie nationaux et de multinationaux. Cependant, il y a un fort pourcentage de produits fabriqués et qui sont sous licence. Il y a un élément à la mode aujourd’hui, c’est le produit générique. Il s’agit là de tout produit dont le brevet n’est plus protégé et qui tombe de ce fait dans le domaine public. Auquel cas, tout laboratoire peut le fabriquer après avoir présenté un dossier d’enregistrement. Bien entendu, de plus en plus, les laboratoires marocains commencent à s’orienter vers cette voie. Cependant, notre talon d’Achille est la mince consommation du médicament due à la faiblesse du pouvoir d’achat. Au Maroc, on ne consomme pas plus de 250 Dhs par personne et par an.

Est-il vrai que les médicaments génériques  sont moins efficaces que ceux dits d’origine ?
Là je vous réponds au nom de tous les industriels pour vous dire qu’un générique est un produit pratiquement identique au Princeps, c’est-à-dire la première molécule qui a été mise sur le marché. Ne serait-ce d’abord que sur le plan qualité. Donc il n’y a aucune différence entre un générique et un Princeps. Mais à IBERMA, nous ne fabriquons pas des produits génériques, nous travaillons sous licence. Les produits sous licence possèdent les garanties nécessaires et sont pratiquement identiques à ceux vendus en Europe.

Quel est aujourd’hui votre contribution dans le développement de l’industrie pharmaceutique sur le plan des normes et de la qualité ?
Notre objectif pour l’année 2003 est l’obtention des normes GMP, c’est-à-dire bonne pratique de fabrication (BPF) en français. Une fois qu’un laboratoire dispose de cette certification, cela veut dire qu’il est conforme au standard des normes de qualité. Autrement dit, les produits fabriqués dans nos locaux au Maroc pourront être exportés partout dans le monde. D’ailleurs, dès les débuts d’activité de IBERMA, nous nous sommes inscrits dans cette voie. Parce que tout d’abord, nos partenaires espagnols veulent délocaliser la fabrication des formes galéniques classiques et le site Maroc a été choisi en vue de développer ces  formes galéniques classiques. Dans l’avenir, une grande partie de nos activités s’orienteront vers l’export. Cela consistera à alimenter les huit filiales du groupe à travers le monde des produits fabriqués par notre laboratoire au Maroc.

Quels sont les projets futurs de IBERMA ?
Au départ, nous avons commencé avec la prudence nécessaire pour ne pas nous disperser en préférant consolider nos acquis. En effet, quand vous travaillez dans l’industrie pharmaceutique, il est clair qu’il s’agit d’un domaine fortement réglementé. De ce fait, si vous multipliez le nombre de produits à mettre sur le marché vous risquez de ne pas tout maîtriser. Nous avons donc choisi d’abord d’installer une structure capable de naviguer par la suite avec plus de certitude. Cependant, nous sommes conscients que nous avons peu de produits sur le marché mais cela est voulu. Maintenant que nos installations sont fiables, nous comptons les exploiter en introduisant de nouvelles spécialités sur le marché marocain.

Quel est votre part de marché?
Dans l’absolu, c’est une part de marché modeste parce que nous n’avons que quatre années d’existence. Pour rappel, l’industrie pharmaceutique a fêté ses cinquante années. Mais ce qui est très significatif, par rapport aux produits que nous avons sur le marché, est que nous réalisons un chiffre d’affaires doté d’un taux de croissance à deux chiffres. D’ailleurs, nous avons sur le marché quatre à cinq types de produits où nous sommes leaders ou seconds. Pour rester modeste, nous sommes ce que nous sommes. Nous avons nos faiblesses et nos forces dans le secteur de l’industrie pharmaceutique au Maroc. Notre force est que nous avons des équipes qualifiées, formées et informées au quotidien. Ensuite, nous avons une représentation d’un laboratoire espagnol de taille moyenne et qui a huit filiales à travers le monde. Il y a enfin l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) qui peut être une opportunité, pour nous, dans les années à venir. Malgré notre jeune âge, nous sommes conscients des défis de demain et nous nous préparons ardemment pour faire face à cette échéance.



 

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