Fiat Auto suspend bel et bien le montage de la voiture économique au Maroc à compter du 1er janvier 2004. Cette décision intervient malgré l’avis favorable accordé par le ministère de l’Industrie et du Commerce aux conditions posées par le constructeur turinois selon lesquelles ce dernier voudrait avoir...le beurre et l’argent du beurre ! L’on trouve, entre autres, la libéralisation des prix de la voiture économique, la baisse du taux d’intégration, la baisse du coût de montage à la Somaca, la réduction des prix des composants fabriqués localement, l’intervention auprès du ministère des Finances pour le remboursement du crédit de la TVA...Ces prérogatives n’ont pas, semble-t-il, convaincu les Italiens sous prétexte que les deux conditions concernant l’exclusivité sur le segment VP et la réduction du crédit de la TVA sont restées lettre morte. Ce qui est également remis en cause par l’Italien Fiat Auto n’est autre que l’accord donné à Renault de monter son VUL avec banquette arrière, car il concurrencerait la Siena. S’ajoute à cela, bien sûr, la rude concurrence des VUL françaises (voiture utilitaire légère) en l’occurrence Kangoo et Partner. La Somaca, pour sa part, qui vient d’organiser une conférence de presse à ce sujet avec le MIC a tenu à préciser que les équipementiers s’attendent à une période difficile. La Somaca pourrait enregistrer une baisse significative de son activité entre 2004 et fin 2005, début de la production de la L90 du constructeur français Renault qui a acquis en juillet dernier 38% du capital de l’entreprise. Dans ce contexte, les professionnels pensent que la Somaca verra sa production chuter de moins de 50% et que Renault et peugeot ne pourront produire que 3000 à 4000 unités de la version quatre portes des véhicules utilitaires légers (VUL), contre 8000 véhicules perdus en raison du départ de Fiat Auto. Cette chaîne de montage connaîtra dans de pareilles conditions, de l’avis d’un observateur, une nouvelle période de crise qui pourrait se traduire par des conséquences sociales importantes. Plus grave, les équipementiers, en particulier, ceux qui travaillent pour la première monte, seront très affectés avec également de graves conséquences sociales. Le secteur s’attend à passer deux années difficiles en attendant l’intégration prévue pour le montage de la Dacia L90 de Renault. Le représentant de M. Talbi Alami a appelé, par ailleurs, les équipementiers à user de plus d’agressivité dans leur démarche pour conquérir d’autres marchés, notamment, ceux des autres sites de production du véhicule familial «L90» à savoir la Roumanie, la Colombie, la Russie et l’Iran. Un objectif dont la réalisation dépend essentiellement de l’appui que Renault voudrait bien apporter aux équipementiers marocains.
Ainsi donc, l’accord liant l’Etat à Fiat Auto pour la production et la commercialisation de la voiture économique, signé en 1994 pour six ans et prorogé jusqu’en décembre 2003, ne sera pas renouvelé. Les responsables de Fiat Auto Maroc en ont ainsi décidé et par conséquent, le montage des modèles Uno, Palio, Siena cessera à la Somaca dès la fin décembre 2003, date à laquelle prendra fin le contrat en cours. Deux années donc difficiles s’affichent pour les équipementiers. En attendant, le marché de l’occasion importée pourrait être réinvesti, surtout pour le segment de voitures dont le coût, dédouanement compris, reste en deçà de 100.000 Dhs, estiment les professionnels.
H.Z.