La Nouvelle Tribune: Vous venez de réceptionner votre premier Airbus A321-200. Que signifie cette décision de diversification de votre flotte, composée auparavant exclusivement d’appareils Boeing?

Mme Rajaa Bensaoud : La crise que connaît le secteur du transport aérien depuis 3 ans n’a pas affecté la détermination de Royal Air Maroc de jouer son rôle de groupe national qui participe de façon significative au développement de notre pays. Plus que jamais confiante dans son avenir, Royal Air Maroc s’est résolument engagée dans une politique ambitieuse d’investissement pour l’extension et la modernisation de la flotte pour préparer les échéances nationales pour 2010.
Notre plan de flotte pour la période 2002-2010 porte sur un investissement de plus de 1,5 milliard $ US pour l’acquisition de 24 avions moyen courrier : B737 de nouvelle génération et Airbus A321. Pas moins de 200 millions $ US d’investissements ont été consentis pour la seule année 2003, par la Compagnie pour l’acquisition de 4 avions : deux Boeing B737 de nouvelle génération et deux Airbus A 321.
Cette politique traduit aussi notre préoccupation permanente d’offrir à nos clients plus de confort et des produits de qualité, à travers une flotte d’avions modernes et confortables et des plus jeunes de la région (Âge moyen : 8,3 ans).
Vous visez donc un partenariat à long terme?
Mme Rajaa Bensaoud: Avec l’arrivée du premier Airbus, Royal Air Maroc s’engage dans un partenariat à long terme avec Airbus. La Compagnie a désormais les deux constructeurs mondiaux comme fournisseurs d’avions pour le développement de sa flotte à long terme.
Le choix du réacteur CFM, construit conjointement par SNECMA et General Electric, répond non seulement aux exigences opérationnelles de la Compagnie mais permet aussi de conforter notre activité industrielle dans le cadre du Centre d’entretien moteurs que nous avons développé avec SNECMA à Nouasseur.
Outre des avantages techniques et ergonomiques, est-ce que RAM compte développer des accords de partenariat Formation, Entretien et Maintenance ? Si oui, dans quel sens ?

M. Farid Senhaji: Dans le cadre du développement de son Pôle Industriel, RAM a décidé de se doter de tous les moyens nécessaires pour réaliser dans ses propres installations la maintenance de ses avions A321. Les premiers groupes de techniciens formés sur ce nouveau type d’avion sont déjà à pied d’œuvre et assurent toutes les interventions techniques liées à la mise en exploitation du premier A321 déjà reçu. Des formateurs du Centre de Formation Technique de la RAM ont également été formés et seront en mesure d’assurer la formation en interne de techniciens dès le début de 2004.
Des partenariats sont par ailleurs prévus avec des compagnies aériennes de premier rang dans des domaines où la rationalisation des investissements requiert des mises en commun de moyens industriels, notamment dans la gestion des stocks aéronautiques (équipements avion, moteurs, etc...).
En terme de conquête de nouveaux marchés, comment s’effectuera la gestion de cette nouvelle donne, au niveau technique?
M. Farid Senhaji: Poursuivant sa volonté de promouvoir et de diversifier son offre de services aux tiers dans les domaines de la maintenance aéronautique, RAM proposera des prestations portant sur l’A321 dès qu’elle en aura acquis l’expérience et la maîtrise technique suffisantes pour garantir un service de qualité.
Ne risquez-vous pas d’alourdir vos charges après l’acquisition de ce nouveau type d’appareil ?
M. Farid Senhaji: La RAM a de tout temps introduit avec succès des avions de type nouveau conçus avec les technologies les plus récentes. La Compagnie a toujours investi dans la formation pour coller de plus près aux dernières innovations aéronautiques, et ses techniciens, forts d’une expérience reconnue, ont toujours prouvé une remarquable aptitude à s’adapter aux avions technologiquement les plus évolués. Nous ne prévoyons de ce fait aucune difficulté particulière dans la prise en charge de ce nouveau type d’appareil.
Propos recueillis par
Daouda MBaye