Nos façades ne dégagent, hélas, pas la même magie que celles de la basilique St-Marc, du palais des Doges, du campanile… Mais, sans le vaste programme préventif et l’importante logistique déployés, comme chaque année à la même période, par LYDEC, c’est bien à la cité dans laquelle Thomas Mann fit mourir son plus célèbre personnage de roman que Casa ressemblerait.
Tout le monde se souvient des giboulées dévastatrices de 1996 (une année à peine avant que LYDEC ne prenne les choses en main à Casablanca), qui provoquèrent d’importants dégâts matériels et humains dans les quartiers populaires de cette mégapole. L’année dernière, il a, sans doute, plu davantage qu’en 96. Toutefois, eu égard aux investissements conséquents consacrés par LYDEC à l’assainissement liquide (un milliard et 174 millions de dirhams depuis 1997, soit 35 % du montant total des investissements de cette boîte), les catastrophes naturelles n’ont heureusement plus le même impact sur la ville et ses habitants. LYDEC veille au grain.
Le canal de délestage de Mohammedia, par exemple, est une preuve palpable des investissements consentis par LYDEC en vue d’éviter des cas d’inondation dans la région. Cet édifice qui sera opérationnel début 2004, et long d’un kilomètre, a nécessité un investissement de 66 millions de DH, et a été conçu pour que ne se reproduisent plus les crues de décembre 2001 et novembre 2002. Selon les responsables de LYDEC, lors d’un débit de crue de l’ordre de 140 mètres cubes par seconde (des barrages placés en amont permettent de limiter à ce volume les débits de déversement vers l’aval), le canal intercepterait un débit de 90 m3/s, laissant les 50 m3/s restants transiter par le cours du lit actuel de l’oued (Maleh), sans générer de débordement, vers la ville basse. Une foule d’autres projets de l’acabit du canal de délestage de Mohammedia ont été réalisés (ou sont en passe de l’être) au niveau des zones dites sensibles.
« A son arrivée en 97, La Lyonnaise des Eaux avait recensé, au niveau du Grand Casablanca, 52 points sensibles sur le réseau d’assainissement. Elle a, partant de ce constat, inscrit la lutte contre les débordements parmi ses priorités majeures, et les efforts consentis ont porté leurs fruits puisqu’on n’y répertorie, au jour d’aujourd’hui, selon les mêmes critères de recensement, évidemment, guère plus que 12 zones sensibles pouvant être inondées en cas de fortes pluies », indique Guy Canavy, D.G. de LYDEC.
Un tronçon de la route d’El Jadida, les places Mohammed V, Zellaqa, les quartiers Sidi Bernoussi, Hay Dakhla, ainsi que quelques quartiers de Mohammedia, risquent toujours d’être plus ou moins submergés. Heureusement, afin de répondre comme il se doit à toute situation de crise, LYDEC a développé, au fil des ans un important dispositif d’intervention.
Sommairement, les plans d’intervention consistent à établir des actions telles que le ramassage et la mobilisation du personnel, la mobilisation des moyens matériels, le pré-positionnement des équipes d’intervention sur les points sensibles, l’information des autres intervenant tels que l’ONE, l’ONEP, la Protection Civile...
Zones sensibles sous surveillance
En cas de situations difficiles, de pluies diluviennes et d’engorgement, d’importants moyens humains et matériels sont mobilisés par cette entreprise, qui dispose, en outre, d’une salle de crise dédiée équipée pour le pilotage des interventions, et d’un bureau central de conduite. Il s’agit là d’une plate-forme entièrement automatisée permettant de contrôler et d’intervenir à distance, 24h/24 et 7j/7, sur trois réseaux à la fois (eau, électricité, et assainissement). Il va sans dire que, comme le précisent les responsables de LYDEC, la concentration des données et des outils décisionnels en un lieu unique est, en temps de crise, le meilleur moyen pour agir efficacement.
Évidemment, en marge de ces actions d’envergure, comme chaque année à l’approche de la saison des pluies, LYDEC a entrepris un vaste programme de curage et d’entretien des canalisations pour que le réseau d’assainissement puisse tenir son rôle en cas de fortes précipitations. Selon les responsables de la firme, ce programme de nettoiement a touché, à fin septembre 2003, 500 kilomètres du réseau secondaire et tertiaire, 16 kilomètres de grands collecteurs, et 200.000 unités d’avaloirs. Cette opération d’envergure aura, enfin, permis d’extraire des réseaux de canalisation curés 11.000 m3 de déchets.
Malgré les efforts entrepris par LYDEC, il semble impossible d’empêcher totalement la constitution de nouveaux points sensibles au niveau de Casablanca et de sa région, étant donné qu’il n’est pas du ressort de cet opérateur de lutter contre l’expansion urbaine non maîtrisée ou de régler les problèmes du foncier dans des zones où l’élaboration d’ouvrages adéquats permettrait de proscrire les débordements. Le management de LYDEC ne peut donc qu’espérer que « la nouvelle organisation de la ville permettra la mise en œuvre d’une politique urbaine préventive qui s’inscrit dans le long terme et qui obéit aux exigences d’une planification coordonnée et cohérente, en partenariat avec tous les acteurs concernés par le développement de la cité ».
M.L.