La Nouvelle Tribune : En quoi diffère des précédents, le contrat que vous avez signé avec REPSOL ?
Mlle Amina Benkhadra : L’accord pétrolier signé avec REPSOL sur la zone « Tanger-Larache Offshore « ne diffère en rien des précédents accords conclus avec d’autres compagnies puisque le Code des Hydrocarbures s’applique sans exception à tous les opérateurs dans le domaine de la recherche pétrolière.
Avoir une aussi grande société qu’est REPSOL comme partenaire est important pour notre pays à plusieurs titres. D’abord, il y a le renforcement de la coopération entre l’Espagne et le Maroc. Ensuite, sur le plan financier et technologique, il s’agit d’apports considérables, d’une présence technologique et d’un savoir-faire qui sont le garant que la zone Tanger-Larache, quasiment vierge, sera explorée dans les règles de l’art et avec les techniques les plus modernes pour mettre en valeur son potentiel pétrolier.
Quelles sont les conditions d’intervention de REPSOL dans la recherche pétrolière au Maroc ?
Les conditions d’intervention de REPSOL dans les trois permis sont stipulées dans l’accord pétrolier conformément au Code des Hydrocarbures. Trois périodes d’explorations sont définies avec des programmes de travaux minimum fixés. La 1ère période de 3 ans prévoit l’acquisition, le traitement et l’interprétation de données géologiques et géophysiques.
Dans le cas actuel, doit-on continuer à dire que le sous-sol du Maroc contient du pétrole, et dans ce contexte, où en êtes-vous au niveau de la recherche (terre et mer) ?
Les découvertes de pétrole et de gaz dans le Prérif , dans le Gharb, dans la région d’Essaouira et au large de Tarfaya, montrent que le sous-sol marocain possède des potentialités en hydrocarbures qui demeurent sous explorées. Depuis le début de 2000, plusieurs compagnies de renommée internationale, comme Shell, Total, Kerr McGee, Conocophillips, Petronas et d’autres, mènent des travaux intensifs d’exploration notamment en offshore. Plus de 60000 km de sismique 2D et 1100 Km_ de sismique 3D ont été acquis pendant les 4 dernières années. Leur interprétation intégrée aux études géoscientifiques (géologie, géochimie, imagerie par satellite etc….) ont montré des résultats très encourageants qui ont décidé nombre de nos partenaires à procéder à des forages qui commenceront au début de 2004.
Globalement, le bilan 2002 a été positif et riche en termes d’accords de partenariat et de promotion. Quels sont les principaux facteurs ayant contribué à ces résultats ?
Les facteurs principaux qui contribuent à attirer les sociétés pétrolières dans notre pays sont à mettre au crédit
de la prospectivité de nos bassins sédimentaires, notamment en offshore profond qui présente de nombreuses analogies avec les Golfes de Mexique et de Guinée où plusieurs découvertes importantes ont été réalisées ces dix dernières années Un autre facteur a contribué à l’amélioration du bilan 2002. Il se rapporte notamment aux termes très favorables de notre Code des Hydrocarbures classé parmi les meilleurs dans le monde. Enfin, il faut souligner les efforts assidus de promotion ciblée et proactive que déploie notre établissement auprès des compagnies pétrolières mais aussi
pour l’environnement politique et économique de notre pays caractérisé par l’ouverture, la libéralisation et la stabilité. Ce sont des éléments que les investisseurs étrangers prennent en compte avant de signer n’importe quel projet.
Quelle est la tendance de 2003 en matière de recherche et de prospection ?
L’année 2003 a été riche en recherche. PETRONAS a acquis 2000 km de sismique 2D dans la zone offshore de Rabat-Salé, l’ONAREP a mené une campagne de sismique de 300 km sur la région onshore de Haha. La société Cabre a programmé 3 forages dont le premier a été réalisé et a abouti à une découverte de gaz naturel à Zhana dans le Gharb dont les réserves sont en test actuellement pour en évaluer l’importance. Tous nos autres partenaires ont poursuivi les travaux d’interprétation et de traitement des données acquises auparavant car il s’agit là d’un processus long et exigeant en terme de moyens scientifiques et techniques. Outre la signature de l’accord avec REPSOL, des négociations avancées sont en cours avec d’autres sociétés sur plusieurs zones et dont nous espérons la conclusion avant la fin de l’année. Concernant l’avenir de la recherche, la loi de création de l’Office National des Hydrocarbures et des Mines a été adoptée par les deux chambres du parlement pour donner une nouvelle impulsion à la recherche pétrolière et minière en fédérant les synergies du BRPM et de l’ONAREP.
Entretien réalisé par
Mamady Sidibé
Il faut y croire
«Le Maroc n’est pas l’Arabie Saoudite, encore moins un pays du Golfe. Cependant, il dispose d’un sous-sol où la présence d’hydrocarbures est réelle. Il suffit d’être patient dans les recherches et les explorations.» Cette remarque d’un expert, lors de la signature entre REPSOL et l’ONAREP est significative à plus d’un titre et démontre encore une fois que tous les efforts menés par le Royaume, via l’ONAREP, ne seront pas vains. Une analyse qui corrobore avec certains éléments de réponse dans l’entretien que le Directeur Général de l’ONAREP a accordé à La Nouvelle Tribune. En la matière, le premier responsable de l’Office est on ne peut plus clair sur la question de la présence des hydrocarbures : «Les découvertes de pétrole et de gaz dans le Prérif , dans le Gharb, dans la région d’Essaouira et au large de Tarfaya, montrent que le sous-sol marocain possède des potentialités en hydrocarbures qui demeurent sous-explorées. Depuis le début de 2000, plusieurs compagnies de renommée internationale, comme Shell, Total, Kerr McGee, Conocophillips, Petronas et d’autres, mènent des travaux intensifs d’exploration notamment en offshore.» autrement dit, il faut y croire, tôt ou tard, le pétrole jaillira du sous-sol marocain.