Un challenge fou, une ville époustouflante de beauté et une compagnie à la pointe de l’innovation dans le domaine de sa communication. Royal Air Maroc (avec le soutien des autorités locales, la Gendarmerie Royale et le CRT de Tanger notamment) a, en effet, frappé fort et juste en associant son nom à Thierry Demonfort et à son exploit historique. Etre largué d’une montgolfière à près de 5.000 mètres d’altitude - au dessus de l’Espagne - et survoler le détroit de Gibraltar en parachute sur 28 kilomètres avant de se poser, en douceur, aux environs de Tanger, n’est pas chose aisée, vous en conviendrez!
Lors d’une conférence de presse postérieure à son tour de force organisée à l’hôtel Mövenpick, le “para” français, répondant à un journaliste qui lui demandait sur le ton de la plaisanterie s’il n’était pas un peu casse-cou, rétorquait que tous les risques étaient calculés, que rien n’était laissé au hasard. Tout de même, lors de la projection du film de la traversée (épatant et poétique), il est apparu que le violon d’Ingres de cet officier de la Marine n’avait rien d’un sport pour mauviettes (pas même pour celles qui calculent très bien les risques) et qu’il fallait avoir l’estomac bien accroché pour le pratiquer. A 5.000 mètres d’altitude, la température ambiante est de –15 degrés Celsius et la vitesse à l’atterrissage atteint, lorsque les vents soufflent fort, des vitesses donnant froid dans le dos. Thierry Demonfort est un extrémiste, autrement plus fun, évidemment, que nos barbus belliqueux, et il est, à ce titre, résolu, inébranlable, prêt à tout (son prochain challenge sera la traversée d’un golfe en Amérique du Sud ; je mets ma main au feu si ce n’est pas le Golfe du Mexique).
Ces dernières années, les sports extrêmes figurent parmi les plus médiatisés dans les pays d’émission de touristes vers le Maroc. Des chaînes sportives telles Eurosport, Sport +, L’équipe TV ou encore ESPN, consacrent certaines de leurs rubriques à des disciplines pour têtes brûlées dont la vaillance ferait passer les chevaliers du Graal (ou Antar, ou encore Tarik bnou Ziad, pour faire couleur locale) pour des poules mouillées de la pire espèce.
La traversée du détroit de Gibraltar par Demonfort a déjà fait l’objet d’un mini-reportage sur Eurosport et plusieurs articles devraient paraître, dans les jours à venir, au niveau de la presse française (dont des représentants étaient présents en masse à Tanger, et que cette ville subjugua). C’est que Demonfort n’est pas le premier venu. C’est un parachutiste chevronné qui s’est déjà illustré en traversant la Manche en tandem (novembre 99), ainsi qu’en établissant le record mondial de la plus grande dérive sous voile en parachute biplace et en survol maritime (mai 2000).
Des couvertures sur Tanger dans des publications de premier ordre, cela fait probablement depuis le mariage de Liz Taylor avec le Milliardaire Forbes - dans la villa hollywoodienne du quartier Marshan - qu’une telle chose ne s’était produite. Tanger la blanche, celle qui fut la ville de la jet-set internationale des années folles, est comparativement tombée dans l’oubli ces derniers temps. L’opération marketing mise en place par la RAM n’est donc pas de trop pour redorer un peu son blason. Selon Le D.G. de cette compagnie aérienne, M. Berrada, l’exploit de Thierry est une occasion de mettre en valeur les potentialités touristiques et culturelles de la région du Nord. C’est vrai que l’équipe dynamique de RAM Paris, responsable des relations presse de cette opération, a sorti le grand jeu (voir article suivant) pour montrer Tanger sous son meilleur jour à des journalistes conquis. Le “feedback” dans le paysage de la presse française devrait être à la hauteur de leur engagement. Et pour une fois que ce n’est pas Marrakech, Agadir ou Essaouira qui profitent d’une telle promo, on ne peut, au niveau de la presse nationale, qu’applaudir !
Le seul bémol à cet événement fort réussi est qu’aucun journaliste n’a assisté en direct à la traversée Tarifa-Tanger.
Mehdi Laaboudi