Vendredi 27 juin 2003, il est 18 heures passées de quelques minutes. Dans ce hall d’un établissement hôtelier de la capitale du Détroit, ils étaient tous là. À savoir : autorités locales, investisseurs nationaux (BCM, BMCE Bank, BCP, Crédit du Maroc, SGMB) et bien entendu Amendis de Tanger-Tétouan et sa consoeur, Redal de Rabat. À cela, s’ajoute un parterre d’invités de marque où l’on pouvait reconnaître les grands commis de l’État, les experts en matière d’assainissement ainsi que les représentants locaux de la presse nationale. La rencontre était importante à plus d’un titre puisqu’il s’agissait de la cérémonie de signature de contrat de financement des investissements de la gestion déléguée des services liquides, de distribution d’eau et d’électricité de Tanger et Tétouan. Montant de ce contrat de financement bancaire : 940 millions de dirhams. Dans son discours, M. Olivier Dietsch, Directeur Général de Amendis, a souligné que par ce contrat, Amendis associe à son développement les plus importantes institutions financières nationales. Sur un autre plan, cette participation financière des plus grands Groupes financiers du pays traduit aussi la confiance de ces partenaires institutionnels leur confiance dans le projet Amendis et démontre par la même occasion la pertinence de la vision stratégique de cette société quant au développement des industries de proximité. Pour le Directeur Général de Amendis, ce contrat de financement va permettre à son établissement d’enrayer le gaspillage de l’eau en améliorant notamment les rendements des réseaux ou encore d’organiser la collecte et le traitement des eaux usées pour préserver la qualité de l’environnement en particulier et prévenir ainsi les risques d’inondation en temps de pluie. L’autre objectif assigné à ces investissements est l’amélioration de la qualité de distribution de l’électricité en investissant dans des technologies de pointe comme la télé conduite des réseaux ou les travaux sous tension. Enfin, Amendis se donne comme ambition, à partir de ce contrat, d’offrir à la totalité des citoyens de Tanger et Tétouan le meilleur service au meilleur prix. Un pari qui n’est pas irréalisable quand on sait que le gestionnaire délégué de l’assainissement liquide, de distribution d’eau et d’électricité de Tanger-Tétouan fait partie de l’un des plus grands Groupes mondiaux en la matière qu’est Veolia Environnement. Par son expérience, sa maîtrise parfaite des outils technologiques de nouvelle génération et son savoir-faire en matière de gestion de proximité ainsi que par la qualité de ses services, Amendis constitue un opérateur de référence et donc de choix. Sa coopération avec Redal de Rabat ne fera que conforter cette réalité en tant que référence pour les autres régions du royaume dans les métiers d’assainissement et de distribution d’eau et d’électricité.
M.S.
Entretien express
Créer une synergie entre Redal et Amendis

En marge de la signature de contrat de financement des investissements de la gestion déléguée des services d’assainissement liquide, de distribution d’eau et d’électricité de Tanger et Tétouan, M. Olivier Dietsch, Directeur Général de Amendis, a accordé un entretien express à La Nouvelle Tribune dans lequel il donne ses premières impressions sur les activités de son Groupe.
La Nouvelle Tribune : Quel sera l’impact de ces financements d’envergure sur les activités de Amendis ?
M. Olivier Dietsch : Très concrètement, le programme d’investissement qui vient d’être ainsi finalisé va permettre à Amendis, dans les deux années qui viennent, de terminer l’assainissement de la baie de Tanger, lancer le collecteur principal de Oued Martil à Tetouan et d’autres projets initiés pour l’instant. Dans tous les cas, il faut ajouter que la priorité sera accordée à l’assainissement sans oublier la modernisation des lignes électriques, la construction de nouveaux réservoirs d’eau potable ainsi que la formation et le management. Il est à rappeler, encore une fois, que l’effort principal, dans ce programme d’investissement, va être consacré à l’assainissement.
Dès la prise en main par votre organisme de la gestion déléguée à Tanger et Tétouan, quelles ont été vos priorités ? Autrement dit, par où fallait-il commencer les travaux ?
Dès notre arrivée, notre souci a été d’abord d’élaborer un schéma directeur. C’est-à-dire savoir où va se développer la ville et dans quel sens et quelle proportion ce développement va-t-il s’opérer pour construire ensuite une stature de réseaux conforme à cette expansion. En effet, il ne servira à rien de mettre un poste de transformation électrique dans une zone où personne ne va jamais s’installer ou encore mettre une station d’épuration dans une plage qui n’est jamais habitée. Pour nous donc la priorité et l’urgence étaient de bien mesurer le développement de la ville et de connaître les zones d’actions prioritaires. C’est à partir de là que nous pouvons construire la stature de réseaux et investir dans les infrastructures. Une première démarche qui nous a permis d’élaborer un schéma directeur qui n’est autre que le dimensionnement des besoins à Tanger et à Tétouan.
Quelle est l’échéance prévue pour le retour sur investissement du programme financier ainsi engagé ?
Les partenaires sont exigeants comme toutes les entreprises privées qui s’engagent dans ce genre d’opération. Mais d’un autre côté, il faut souligner que nous gérons un service public sur une longue durée de 25 ans. Dans ce genre de contrat, le temps de retour sur investissement attendu est normalement prévu pour une bonne dizaine d’années. A partir de cette date, la société commence à récupérer ce qu’elle a investi. Dans notre métier, en tant que gestionnaires délégués, nous sommes obligés de travailler sur le long terme.
Quel type de coopération existe-t-il entre Amendis et Redal ?
Il faut dire que Redal et Amendis sont deux sociétés détenues, en majorité, par le même Groupe qu’est Veolia Environnement. Ce qui nous permet de développer des synergies entres les deux sociétés même si pour l’instant cette synergie se développe très timidement. La raison est que chacune des deux entités a des priorités dans ses villes. Mais nous espérons bien favoriser rapidement les échanges et profiter des meilleures pratiques qui sont faites à Tanger ou à Tétouan pour les proposer à Redal et inversement. Donc c’est une synergie qui va venir d’elle-même et croître au fur et à mesure selon les besoins des deux sociétés.
Quel premier bilan pouvez-vous dresser depuis l’arrivée de Amendis à Tanger et Tétouan ?
Nous avons un contrat de 25 ans de gestion déléguée et nous avons de l’expérience à travers le monde. Il faut attendre 3 ans pour dire si ce que nous faisons a réussi ou non. Nous sommes aujourd’hui à 18 mois. Ce serait trop tôt de parler de bilan alors que nous venons à peine de finir la moitié des trois premières années. Donc nous vous donnons rendez-vous dans 18 mois.
Propos recueillis
par Mamady Sidibé