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Secteur électrique et électronique : Un secteur à fort potentiel, mais …

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Publier le : October 18, 2007

Bénéficiant d’une main d’œuvre relativement abondante, qualifiée et bon marché et d’une proximité géographique avec l’Union européenne, le secteur électrique-électronique a enregistré au cours de ces dernières années des évolutions positives. Entre 1995 et 2005, le secteur a vu sa production enregistrer une hausse moyenne de 14,1 % pour s’établir à 12,7 milliards de dirhams, représentant ainsi plus de 6,1 % de la production industrielle en fin de période. La valeur ajoutée moyenne durant la période s’est établie à 11,4 % et le secteur est arrivé a attiré 12,1 % du capital étranger investi dans les industries de transformation. 
Scindé en deux grandes branches –électrique et électronique- le secteur demeure dominer par la branche électrique, représentée par les machines et appareils électriques. Celle-ci compte 160 entreprises, soit 80,4 % des entreprises du secteur. La production de la branche s’est élevée à 11 milliards de dirhams en 2005, représentant 86,5 % de celle du secteur. La branche tire sa dynamique des performances des secteurs du Bâtiments et Travaux Publics, la promotion immobilière, le tourisme, les infrastructures de base, le Programme d’Electrification Rurale Global (PERG), etc. Quant à la filière électronique, constituée essentiellement des «équipements de radio, télévision et communication» et «instruments médicaux de précision, d’optique et d’horlogerie», elle ne participe que faiblement à la croissance du secteur avec une production de 1,7 milliard de dirhams en 2005. 

Secteur concentré
Pris globalement, le secteur reste très concentré. Les 8 entreprises leaders, dont Delphi Automobile Systems Maroc (12 %), STMicroelectronics (10,43 %) Nexans Maroc (8 %), Cablea Maroc (7 %), Siemens (7 %), Automotive Wiring Systems Morocco (6%), Sylea Bouznika (6 %) et Cabelec (6 %), s’accaparent environ 64 % de la part de marché global. Ces entreprises opèrent souvent dans la sous-traitance électronique qui a connu une évolution plus significative grâce aux délocalisations sources d’investissements conséquents et de transfert de savoir-faire et de technologie.
Si «le secteur a connu une période de croissance et de consolidation en raison de l’implantation de filiales de multinationales, du développement de la sous-traitance électronique et du début de la spécialisation en matière électronique de spécialité et de petites et moyennes séries», fait remarquer M. Bramim El Kadiri, du Département des Etudes et de la Documentation de BMCE Bank, et auteur de l’étude sectoriel, il n’en demeure pas moins que sa contribution à la richesse nationale demeure encore faible avec à peine 5,5 % au PIB industriel. Outre la faiblesse relative de la production, cette faible contribution s’explique aussi et surtout par la faible valeur ajoutée des produits locaux. Par ailleurs, le secteur fait face à un certain nombre d’écueils dont le coût élevé de l’énergie, le manque de structures d’approvisionnement en matières premières, la faiblesse de la croissance des investissements et l’absence d’investissements dans les centres de Recherche & Développement. Dans ce cadre, et pour contourner les obstacles au développement de la filière, «les stratégies gagnantes de demain dans le domaine de l’électronique seront la coopétition, les partenariats et la sous-traitance électronique dans le but de minimiser les coûts», avance M. Kadiri. Autrement dit, si le Royaume veut continuer à jouer un rôle dans ce domaine, il doit mettre l’accent sur l’innovation.

Innovation
Ainsi, pour M. Mamoun Tahri Joutei, responsable du Département des Etudes et de la Communication, «le Maroc est appelé à monter en gamme pour faire face à l’arrivée de nouveaux concurrents sur le marché et dans ce cadre, poursuit-il, la stratégie de l’innovation reste un atout essentiel pour le développement de ce type d’industrie». Et pour y parvenir, il n’y a pas de secrets, «il faut agir sur la formation et créer un rapprochement entre les centres de recherche académiques et les laboratoires de recherche de grandes sociétés», fait comprendre M. Tahri Joutei. Et ce d’autant que les opportunités ne manquent pas. Outre les perspectives d’augmentation de la consommation des produits électriques et électroniques liées au PERG et au développement d’autres secteurs tels les télécommunications, l’informatique et l’automobile, le secteur peut  aussi tirer profit du développement d’une plate-forme d’exportation, de la conquête de nouveaux marchés (américains et africains), du développement de cluster (source d’externalités positives), etc. Autant d’opportunités qu’une fois exploitées permettront d’atténuer les impacts des menaces qui pèsent sur le secteur dont les plus significatives sont: l’existence d’économie souterraine, l’étroitesse du marché, la concurrence rude des pays asiatiques, les fluctuations des cours des matières premières (cuivre, aluminium, zinc, etc.), etc.
Enfin, notons que les entreprises du secteur dégagent des résultats globalement positifs. Hormis le leader, Delphi Automobile Systems Maroc qui connaît quelques difficultés, tous les autres acteurs majeurs (STMicroelectronics, Nexans Maroc, Siemens Maroc et Ingelec) affichent de bons résultats.

MD



 

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