Il est possible d’asseoir un nouvel Espace Maghreb en 2030, basé sur une intégration régionale. Les grands ensembles ne sont-ils pas ceux qui réalisent les meilleurs résultats ? Pendant deux jours, au début de cette semaine, des responsables politiques et institutionnels, mais aussi d’éminents experts venant du Maghreb, d’Europe et d’Amérique Latine, se sont réunis à Skhirate pour déterminer les contours de la géostratégique régionale du Maroc et du Maghreb à l’horizon 2030. Au cours de six sessions plénières, suivies de tables rondes, ont été traités, tour à tour, les opportunités et défis du projet maghrébin, largement en panne aujourd’hui, les meilleures options pour optimiser le positionnement du leadership de la région dans un monde multipolaire, les dimensions africaine et transatlantique du Maroc dans son environnement maghrébin, le rôle du Maroc et du Maghreb dans la globalisation, le co-développement comme option de l’économie politique. In fine, d’utiles recommandations pour asseoir une nouvelle géographie économique pour le Maghreb ont été prodiguées. Le nouveau pari proactif est de miser plus sur de nouveaux types de partenariats et d’interventions (avec les opérateurs privés) que sur les échanges commerciaux d’antan.
D’aucuns trouvent qu’une telle rencontre arrive à point nommé pour renforcer les orientations du Plan Emergence, à échéance sur le moyen terme. C’est d’autant plus juste qu’un large consensus est acquis sur l’importance d’une ouverture maîtrisée, capable de garantir un développement humain durable. Aussi, la société marocaine ne cesse de donner les signes d’une société décidée à ne pas se laisser dépasser par ses inerties. La législature 2008-2012, qui s’annonce, et le choix d’opérer un chemin critique (via des débats nationaux au cours de cette année), à la lumière des nouvelles théories des biens publics et des externalités, ainsi qu’à celle d’un développement endogène et de la nouvelle géographie, s’y ajoutent.
Un acte de foi, une leçon d’optimisme
Les options unilatérales ne favorisent guère les rapprochements régionaux, ont martelé les participants. On ne peut mieux dire dans un processus maghrébin bien mal en point, actuellement. M. Ahmed Lahlimi Alami, Haut Commissaire au Plan, a souligné au cours de son allocution d’ouverture que la réflexion prospective, relative au contexte géostratégique dans laquelle s’insèrent les scénarios de Maroc 2030, révèle deux éléments stratégiques essentiels, à savoir l’importance d’une forte insertion dans l’espace euro-méditerranéen, et le caractère vital d’une posture d’ouverture sur l’environnement régional naturel. S’il est unanime que le Maroc se situe dans un itinéraire de croissance de nature à maximiser l’exploitation de son patrimoine endogène, il ne peut rester indifférent à la revitalisation du projet d’édification du Maghreb, a-t-il ajouté. En témoigne, la proposition de l’heure sur l’autonomie du Sahara pour dépasser les scléroses actuelles. Dans cet exercice de prospective, qui transcende les aléas et les contingences, et qui est un acte de foi, une volonté affichée, une intégration économique régionale future est bien possible, a-t-il enfin fait entendre. La chance, qui s’offre à la région, provient aussi du fait que les nouvelles générations maghrébines moins marquées par les idéologies des années 60.
Nul doute que les recommandations d’un tel forum permettront aux partenaires des différents pays qui composent l’ensemble maghrébin de voir poindre un espace à plus forte ajoutée, capable de recevoir et porter des investissements conséquents.
D. MB.
Prospective Maroc 2030
Maroc 2030 a permis l’étude approfondie de quelques secteurs, jugés stratégiques. Il s’agit
d’identifier des scénarios dans les chaînes de valeur globale que sont la Démographie, l’Agriculture, l’Energie, le Tourisme, mais aussi l’eau, l’économie de la connaissance, etc. Ils tournent autour des 3 cas suivants : d’une ouverture subie du pays qui n’est contré que par des politiques réactives, des politiques ultralibérales s’appuyant sur des réformes macro-économiques, et une ouverture maîtrisée, basée sur un Pacte National de Progrès, une recherche concertée de nouvelles formes de compétitivité, un privé déterminant et un secteur public stratège et régulateur. Le 3ème , le plus exigeant, paraît répondre le mieux aux multiples défis posés au Maroc, soulignent les responsables.
Même si c’est les conclusions, tirées de ces exercices, décrivent des scénarios stratégiques optimaux qui peuvent aussi contribuer de façon décisive à la croissance et au développement humain durable.
L’essentiel est d’établir des vecteurs prioritaires de transmissions de paramètres fondamentaux des nouvelles visions de l’espace, de la géographie économique, et de la croissance endogène, qui doivent occuper une place privilégiée dans la vision d’un Espace Maghreb.
(Source : HCP)