A partir du 13 mars 2007, la Fondation Ardi pour le micro-crédit du Crédit Agricole du Maroc (CAM), à but non lucratif, dévoile une nouvelle identité, synonyme de nouvelles ambitions de leadership dans le monde rural. « ARDI » pour signifier « Ma Terre », elle se substitue à la Fondation Crédit Agricole pour le Micro Crédit. Désormais, l’activité sera pilotée par des indicateurs de suivi par l’amélioration de l’existant et l’acquisition d’un logiciel dédié au métier de la microfinance (3 pistes sont à l’étude).
De l’avis de M. Tariq Sijilmassi, Président du Directoire du CAM et Président de la Fondation, le changement de logo traduit une volonté de faire plus et mieux. Il a laissé entendre, qu’il ne fallait plus laisser un seul agriculteur sur la touche. Entre les 660.000 exploitations agricoles sur 1,5 million pas bancables et les 300.000 terres « mëlk » qui le sont (hypothèque possible sur la terre), mais dont seules quelque 108.000 sont immatriculées, il y a 7.800.000 agriculteurs qui ont besoin de notre créativité, a-t-il ajouté. A y voir de plus près, le CAM effectue son retour en force dans le monde rural. Aujourd’hui, la banque, qui a retrouvé sa santé financière, plus rentable que jamais, apporte effectivement plus de créativité et d’outils plus adaptés à ces populations. Pour en arriver là, une réflexion a été menée de concert avec les pouvoirs publics, pour asseoir une sorte de mini-crédit, sous forme de package de financement qui, à la fois, protège la banque - il ne s’agit pas de faire des subventions- et permet de contribuer au financement du monde rural, nous a-t-on précisé. Pour servir de manière optimale cette population, en lui permettant d’accéder au micro-crédit, le CAM qui est l’un des établissements le mieux placé, a donné naissance à la Fondation Ardi.
Pour donner plus d’envergure à son action, la MAMDA-MCMA, membre du Conseil d’Administration de la Fondation, s’associe et apporte 200 millions de Dh, sur 3 ans. Une convention de partenariat a d’ailleurs été signée à l’issue de la présentation de la nouvelle identité. Avec cet apport, Ardi devient l’acteur principal du micro-crédit dans le monde rural, a lancé son Président avec un brin de satisfaction.
Un soutien consistant
M. Abed Yacoubi Soussan, Président de MAMDA-MCMA, est allé dans le même sens. Après avoir exprimé sa satisfaction des excellents résultats du CAM depuis qu’il est passé dans le privé, avec des dépôts dépassant 36 milliards de Dh en 2006, il a appelé à une dynamisation de l’agriculture, qui n’a besoin que de capitaux pour se développer. Très emballé par cette action, la MAMDA-MCMA est prête à aller au-delà, et serait heureuse que cette somme soit utilisée, a indiqué le Président. Loin de s’arrêter là, cette institution met en place une micro-assurance pour couvrir les bénéficiaires en cas de décès (ADI), et envisage une couverture médicale dès 2008. « Ce n’est qu’un début, nous sommes à vos côtés pour soutenir l’innovation, et nous engageons à réinjectés tous les profits dans la Fondation, … », ont été quelques slogans forts lancés par le Président de la MAMDA.
Vers la microfinance
Il est revenu à M. Jamal Eddine El Jamali, Secrétaire Général CAM d’expliciter les différentes raisons, nées de trois constats, qui ont porté la nouvelle démarche renforçant le Pôle Vert. Face aux offensives chinoises, en train de saper les exportations marocaines, une stratégie pertinente s’impose. D’abord, il est nécessaire de mener des actions ciblées sur le monde rural suivant le couple régions- produits (par exemple : Larache- fruits rouges) et proposer des packages. Ensuite, il est important de conjuguer au financement du processus de modernisation des entités d’accompagnement, telles que Dar Fallah (une dizaine d’ici 2008), une sorte de Mokawallati rural et aller sur des projets structurants. Enfin, il est question de servir toute la population des exclus du système bancaire classique. L’objectif est de multiplier par 10 le portefeuille encours. D’ici deux ans, le nombre d’agences du CAM dépassera les 500, les antennes de la fondation avoisineront les 300 en 2009-2010, ce qui au total fera quelque 800 points de contacts avec le monde rural. A terme, c’est un bon positionnement d’Ardi dans le pôle vert de la banque, qui est visé. Les valeurs fondatrices (éthique, professionnalisme, qualité de services, solidarité) qui la sous-tendent, et ses atouts non négligeables (adossement au CAM, acteur local du rural, déblocage rapide des prêts…) faciliteront sa mutation prochaine vers la microfinance, ont estimé les responsables.
D. MB.
La Fondation Ardi, en bref
La Fondation ARDI est une association d’intérêt économique et social à but non lucratif, régie par le dahir du 15 novembre 1958 et la loi 18/97 relative à l’exercice de l’activité micro-crédit. Elle a été agréée par l’arrêté ministériel du 5 septembre 2001. Elle accorde des prêts (entre 1.000 Dh et 50.000 Dh), à travers ses 73 antennes ouvertes (141 à fin 2007), à des groupes solidaires d’une moyenne de 5 personnes ou à des porteurs de projets individuels. Elle intervient essentiellement en milieu rural sur des populations exclues du crédit bancaire classique et qui souhaitent créer ou développer une activité génératrice de revenus.
En chiffres :
Clients servis : 37.288
Décaissements : 147,5 millions de Dh
Produits : 7 millions de Dh
Taux de remboursement : 99%
Part des femmes : 48% en 2006, soit 17.898