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La grève des transporteurs a plombé le panier de la ménagère

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Le mouvement de grève mené, au cours de la semaine dernière, par les chauffeurs de camions et d’autocars syndiqués, même s’il n’a duré que 48 heures, a eu un impact défavorable sur plusieurs secteurs d’activité. Hydrocarbures, bâtiment, aviculture, transport en commun, …ont tous pâti de cette grève, ce qui n’a pas manqué de plomber le panier de la ménagère.
Les ruptures de stocks, et les difficultés de s’approvisionner ont engendré une hausse de prix considérable pendant les deux jours de grève. En effet, les opérateurs des produits à la consommation ont eu du mal à faire circuler leur marchandise pour approvisionner les commerces. Le mouvement de grève a amplifié la situation d’un pouvoir d’achat déjà affaibli, à cause de contraintes structurelles et conjoncturelles, ayant engendrés des hausses de prix successives. La grève des conducteurs de camions a entraîné des pertes notables pour les opérateurs qui n’ont pas hésité à la répercuter sur leurs tarifs. Donc, in fine, c’est le consommateur final qui en pâti le plus. Parce qu’il n’a pas d’autres choix que de s’approvisionner. Selon la fédération interprofessionnelle du secteur Avicole, toutes les usines de fabrication d’aliments composés et tous les élevages de volailles ont connu de graves perturbations au point que le cheptel fut sérieusement menacé. Certains éleveurs ont même signalé qu’une partie de leur cheptel était décimé. Résultat, le prix est de 16 Dhs à 19 Dhs/Kg pour le poulet blanc, le prix du poulet beldi a atteint 36 Dhs/Kg, au moment ou les coquelets sont vendus à 15 Dhs et les œufs à 1Dh/unité. Ce qui relève du score.

Hausse vertigineuse

Le prix des fruits et légumes s’en est également ressenti. Une croissance de 5 à 10 % minimum a été constatée, suite à cette grève. Pour les grossistes, la grève a réellement compromis l’approvisionnement normal du marché. « Il est donc tout à fait normal que les prix partent à la hausse »
A titre d’indication, le kilogramme de la pomme de terre a atteint 7 Dhs. De même que la tomate alors qu’elle est d’une piètre qualité. La salade verte (roquette, frisée, batavia, blonde,…) s’est vendue à 5 Dhs/unité est encore il fallait la trouver. Alors que les haricots verts, la courgette et l’oignon se sont vendus à 7 Dhs/Kg. Le kilogramme de piments verts est quant à lui vendu à 4 Dhs/Kg Le prix du chou blanc n’a pas subi d’augmentation, il est resté à 2.50 Dhs/kg. Le prix du citron, qui avait baissé, est reparti à la hausse suite à cette grève pour arriver à 6.50 Dhs/Kg.
Les fruits déjà assez onéreux, ont connu des augmentations de prix notables. A titre d’exemple, le prix du kilogramme de pomme Golden se situe autour de 22Dhs/Kg, celui des raisins blancs autour de 40 Dhs, les oranges sont restées à 5Dhs/Kg. Le prix de la banane et de la fraise est passé de 8 Dhs à 10 Dhs/Kg.
Côté poisson, les prix ont réellement flambé. La pénurie constatée depuis plusieurs mois, s’est amplifiée pendant la période de grève. Le kilogramme de merlan se situe autour de 55 Dhs/Kg, celui de la sole à 60 Dhs, la crevette grise à 250 Dhs. La sardine, à priori à la portée de toutes les bourses, est passée de 12 Dhs à 16 Dhs/Kg, en deux jours.  
Si aujourd’hui, la situation est débloquée, il n’en demeure pas moins que les prix demeurent très élevés. Et pour cause, la spirale des hausses des prix ne s’arrête pas. Avec un indice de coût de vie avoisinant les 3%, les bourses des ménages sont sérieusement mises à rude épreuve. Certains observateurs tablent sur la poursuite de la tendance à la hausse. D’où la marche contre la hausse des prix, qui sera organisée à Casablanca le samedi 25 mars à Casablanca (voir encadré).

L.O.

Une marche contre la hausse des prix le 25 mars
Le comité de suivi des coordinations de dénonciation de la hausse des prix, dont l'AMDH est membre, a décidé de poursuivre son mouvement de protestation et de dénonciation de la cherté de la vie. Ainsi, une deuxième marche nationale sera organisée le 25 mars à Casablanca sous le slogan "Non à la destruction du pouvoir d'achat et des services".
Cette marche, préparée depuis plusieurs semaines, prendra le départ à 10 h du matin de la place Annasr, en passant par Boulevard Lalla Yacout pour arriver au rond-point «la Rotonde».
Les manifestants revendiquent l'augmentation des salaires, la diminution des prix des produits de première nécessité, l’allégement du fardeau des impôts, l’emploi pour les chômeurs et l’amélioration des services publics.

Témoignage
Selon Mme B. propriétaire d’une station d’essence à Casablanca au quartier Derb Soltane, la grève a eu un impact considérable sur son chiffre d’affaires. “D’abord, les camions représentent la grande partie de nos revenus, nous avons été à juste titre pénalisés. De plus, nous avons eu une pénurie d’essence, les automobilistes ne pouvaient plus s’approvisionner.  Je pense que nous étions les premières victimes de cette grève. Nous n’avons évidemment reçu aucune indemnité de compensation. Il devrait être interdit de paralyser un pays de la sorte. Le travail minimum en temps de grève devrait être assuré”.



 

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