Se basant sur la réforme des comptes nationaux (base 1998), en phase avec les normes préconisées par les Nations Unies, le Haut Commissariat au Plan (HCP) a rendu public, la semaine dernière, le compte satellite du tourisme des exercices 1998, 2001, et 2003. Il s’inscrit une nette hausse de la valeur ajoutée.
Aujourd’hui, grâce au compte satellite sur le tourisme en 1998, 2001 et 2003, restitué par le HCP, il est aisé d’avoir des indicateurs pertinents, relatifs aussi bien à la consommation qu’à la production touristiques, ainsi qu’à la relation entre l’offre interne et la consommation des services touristiques.
En effet, la consommation intérieure du tourisme (CIT), qui englobe les dépenses de consommation sur le sol national par le tourisme récepteur et le tourisme interne et émetteur, s’est établie en 1998, 2001 et 2003, à respectivement 19,504 milliards de Dh, 44,942 milliards de Dh et 49,102 milliards de Dh. Sur ces exercices, les parts respectives des composantes du CIT ont été de 63,8% et 36,2%, 76% et 24% et 75,1% et 24,9% (voir histogramme). Sur chacun de ces exercices, on constate que le tourisme récepteur constitue de loin la plus grosse part de la CIT. Par rapport au PIB, les parts de ce type de tourisme sont passées de 4,9% en 1998, à 8% en 2001 et 7 ,7% en 2003.
Une contribution non négligeable
Les analystes du HCP précisent que le tourisme interne concerne les touristes-résidents qui séjournent au Maroc, en dehors de leur environnement habituel, tandis que le tourisme récepteur représente les touristes-non résidents étrangers et les MRE (Marocains résidant à l’étranger) en visite au Maroc. Quant au tourisme émetteur, il concerne les résidents au Maroc en voyage à l’étranger.
Le compte satellite du tourisme fourni aussi le PIB du tourisme, qui n’est autre que la valeur ajoutée du tourisme, augmentée du montant global des impôts nets des subventions sur les produits ayant affecté toutes les dépenses de consommation touristique. Il a atteint 18,9 milliards de Dh en 1998, 26,4 milliards de Dh en 2001, et est monté jusqu’à 30 milliards de Dh en 2003 (voir graphe). Par rapport au PIB global, le PIBT a été respectivement de 4,9%, 6,2% et 6,3% sur les années passées en revue.
Les chiffres donnent ainsi des renseignements précis sur la valeur ajoutée du tourisme (VAT), la rémunération des salariés (7,351 milliards de Dh en 2003), naturellement sur la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA, 3,302 milliards de Dh en 2003), sur l’EBE par rapport au revenu mixte brut (10,562 milliards de Dh en 1998, 15,736 milliards de Dh en 2001, et 18,130 milliards de Dh en 2003), et sur les autres impôts et taxes nets des subventions sur les produits et la production.
Cela a permis de ramener la valeur ajoutée globale au niveau national et de faire les comparaisons exercice après exercice, par rapport aux PIB correspondants. On parvient alors à mieux apprécier l’importance de ce poste parmi les agrégats nationaux.
D. MB.