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Pour une péréquation énergétique adaptée

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Le débat national sur l’énergie, tenu le 30 octobre au Centre International de Conférence Mohammed VI de Skhirat, a tenu toutes ses promesses tant sur le plan organisationnel qu’au niveau de la participation. Il ne pouvait en être autrement quand on sait que l’énergie est à la base de toutes nos activités mais aussi et surtout elle est indispensable à notre vie. Les chiffres sont éloquents d'autant plus que le secteur de l'énergie au Maroc a représenté près de 7 % du produit intérieur brut (PIB) en 2005, pour un investissement global de 10 milliards de dirhams avec une facture énergétique estimée à 37,7 milliards de dirhams, dont 33,43 milliards pour le seul pétrole. Le rappel des principales réformes et actions, qui ont tranformé le paysage énergétique national, donne à penser que l'on est dans la logique de la continuité pour une meilleure maîtrise de ce secteur. Et le thème choisi, en l’occurrence “Enjeux, défis et orientations de la politique nationale énergétique au Maroc”, pour abriter cette rencontre, première du genre, en dit long sur l’opportunité et l’importance du débat national sur un produit qui préoccupe le monde entier. La moindre remontée du cours du baril est ressentie sur le marché avec ses effets conjugués sur le consommateur. Dans ce contexte, la rencontre de Skhirat a permis de jeter un regard sur l'avenir proche et lointain mais aussi en faisant un état des lieux pour lesquels consommateurs et producteurs sont interpellés. Avec les grands chantiers sociaux tel le programme d'électrification rurale global, une tarification et une fiscalité adaptées, il est clair que le gouvernement affiche désormais sa volonté de faire du secteur énergétique son cheval de bataille. D'ailleurs, le Premier ministre, dans son allocution, n'a pas manqué de mettre en exergue la volonté dans ce domaine dominé par cinq points principaux. Il s'agit, entre autres, de l'approvisionnement continu et régulier du pays en produits énergétiques, la diversification des sources d'énergie, la généralisation de l'accès à l'énergie à des coûts compétitifs. Ces choix sont complétés par d'autres actions portant sur la sécurité et le contrôle énergétique et la préservation de l'environnement, sans oublier la maîtrise de la consommation concernant ce produit. Une démarche responsable quand on prend en considération l'enveloppe budgétaire consacrée à cette ressource.

Préoccupation nationale

D'ailleurs, des chiffres rendus publics lors du débat national sur l'énergie a généré des recettes fiscales de l'ordre de 12,5 milliards de dirhams et emploie quelque 30.000 personnes. D’où il est plus qu’impératif de repenser la politique nationale en matière d'énergie notamment en ce qui concerne l'ouverture de ce secteur à d'autres nationaux et étrangers. À ce sujet, un des participants n'a pas manqué de souligner que "le débat national sur l’énergie aura au moins le mérite de montrer la concordance de vue des acteurs politiques et économiques sur la question de la libéralisation. Et le Premier ministre de rappeler cette exigence devant près d’un millier de personnes appartenant à des organismes divers dont l’ONE (Office national de l’électricité), l’ONHYM, et le secteur privé. Une déclaration qui a mis du baume au coeur du président de la Fédération de l’énergie, M. Abdallah Alaoui. Lui qui n'a pas cessé de rappeler tout au long de son intervention, la nécessité de libérer l'énergie axée sur l’adoption d’une politique de vérité des prix des produits pétroliers et gaziers. Un succès qui passe nécessairement par la remise à plat de "la compensation et des subsides alloués en vue de faire jouer pleinement une concurrence loyale entre toutes les ressources d’énergie». Pour les opérateurs, après une première étape de libéralisation du marché national, le Maroc doit privilégier l’interconnexion avec les marchés voisins. Ainsi la réforme devra à terme aboutir sur la mise en place de la vérité des prix. L’Etat doit se départir de la tendance à considérer l’approvisionnement en énergie comme un service social dont le prix ne reflète pas le coût.

Des mesures incitatives

Un appel qui n'a pas laissé insensibles les autorités gouvervenementales puisque le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Boutaleb, a simplement rappelé aux opérateurs du secteur la baisse de la TVA de 20 à 7% au titre de la loi de Finances 2007. Ainsi donc, le premier thème, celui de la sécurité de l’approvisionnement, a permis aux participants de se pencher sur la question de l’approvisionnement en produits pétroliers, sur fond de fluctuations continues du prix du baril à l’échelle internationale. Pour ce qui du deuxième sujet, se rapportant aux perspectives de la recherche pétrolière au Maroc, l'occasion était propice pour aborder les conventions signées dans ce sens, à travers les organismes attitrés. Un domaine qui a connu un tournant décisif après l’adoption d’un nouveau code des hydrocarbures en 2000 et la création de l’ONHYM en 2003. Cette nouvelle loi a permis de booster les investissements en matière de recherche pétrolière. Ces derniers se sont élevés entre 2002 et 2005 à 1874 millions de dh dont 1657 MDH à mettre à l’actif des partenaires de l’ONHYM. Concernant le secteur gazier, il a soulevé l'importance de l'assistance au lendemain de la création de la première centrale de Tahaddart dotée d’une consommation annuelle de 500 millions de m3. De même, suite à une convention signée entre l’ONE, la SAMIR et le groupe AKWA, une étude de faisabilité a été lancée en vue de la mise en place d’infrastructures nécessaires à l’utilisation du gaz naturel. Sur ce chapitre, il est important de rappeler que les volumes de gaz naturel et de condensat commercialisés par l’ONHYM au cours de l’année 2005 ont enregistré, par rapport à l’année 2004, une baisse de 26% pour le gaz naturel et de 24% pour le condensat. Quant à leurs chiffres d’affaires respectifs, ils n’ont régressé que de 18% et 10% grâce à l’augmentation de 38% du prix du gaz naturel de Meskala (augmentation du prix du fuel lourd n° 2 sur lequel le gaz est indexé) et du prix du condensat qui a augmenté également de 53% en raison de la flambée du prix du pétrole. Par conséquent, les recettes globales provenant des ventes d’hydrocarbures ont connu une baisse de 13% par rapport à l’année 2004. Enfin, pour ce qui est des hydrocarbures, toujours au niveau de l'ONHYM, et en comparaison avec l’année 2004, cette production a régressé pour le champ de Meskala de 22% pour le gaz naturel et le condensat, à cause du net repli de la consommation des unités de calcination et du retard pris par le projet de laverie pour les unités de séchage. Quant aux champs du Gharb, la production de gaz naturel a baissé de 37% en raison de l’arrêt des exploitations des puits LTO-2 et ZHA-3. C'est dire que l'espoir est permis.

M.S.

Quelques chiffres
Selon le rapport publié par le ministère de l'Énergie et des Mines, la consommation de l'énergie du Maroc s'élève à quelque 12,3 millions de TEP (tonne équivalent pétrole), dont 7,58 millions de tonnes en produits pétroliers 61,6 %. Il ressort des mêmes chiffres que le Maroc, qui a une capacité de raffinage annuelle de 7,75 millions de tonnes, compte 15 sociétés de distribution et 2.125 stations-service pour les produits pétroliers, ainsi que 34 centres emplisseurs et 16 sociétés de distribution pour le gaz de pétrole liquéfié. Concernant l'électricité et les énergies renouvelables, les mêmes statistiques font état d'une puissance installée de 5.252 MW, pour une énergie nette appelée de 19.518 GWH. La consommation électrique a enregistré une hausse de 8,8 pc et le nombre de douars électrifiés à fin 2005 s'élève à 22.632, soit un taux d'électrification rurale de 81 %. D'où l'importance de ce débat. En outre, souligne le rapport, le Maroc dispose d'un potentiel solaire estimé à 5 kwh/m2/jour et un potentiel éolien de quelque 6.000 MW.



 

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