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Mohammedia a mal à sa Zone Industrielle !

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Dans l’objectif d’encourager la création de PME à même d’impulser une croissance économique créatrice de valeurs et d’emplois, la politique des zones industrielles est venue pour répondre à un réel besoin en termes d’investissements. Une enquête réalisée sur près de 200 entreprises a révélé que 50% des décideurs souhaitent disposer de terrains ou locaux industriels pour développer leurs activités ou pour créer de nouvelles unités.
Il est vrai que les zones industrielles, instrument de développement économique indéniable, génèrent de nombreuses activités industrielles, artisanales…, elles sont de ce fait sources de création de richesses et de valeurs.  C’est dans cette optique que la zone industrielle de Mohammedia, située dans la partie sud-ouet de la ville a été lancée en 1990.
L’Erac/Centre, en concertation avec l’Agence Urbaine de Casablanca, la Préfecture et la Municipalité de Mohammedia a entrepris l’équipement de cette zone, qui devait être effectuée en deux tranches. En 1998, une convention fut signée entre l’Erac/Centre et la SNEC (Al Omrane Holding). Cette dernière devant assurer l’assistance technique et financière de la première tranche. Mais ce n’est qu’en 2000 que la commercialisation effective allait démarrer, grâce à la contribution du Fonds Hassan II, sous forme d’une subvention de 40 millions de Dhs, permettant ainsi de baisser les prix de 40%. Ce qui a entraîné un engouement notable des investisseurs pour cette zone. Son support foncier de 60 ha, sa proximité de l’aéroport Med V et de Casablanca, mais aussi le fait qu’elle soit desservie par les réseaux ferroviaires, autoroutiers  et routiers, tous ces facteurs ont attiré de nombreux investisseurs. On tablait alors sur la création de quelque 3000 emplois et une dynamique de croissance soutenue dans la ville.
Mais force est de constater qu’après tant d’années d’existence, cette zone demeure à moitié inoccupée, alors que l’ensemble des lots est vendu et que le nombre d’emplois créés ne dépasse guère quelques centaines. Des questions se posent dès lors: la politique de lutte contre la spéculation dans les zones industrielles s’avère-t-elle inefficace? Pourquoi cette zone demeure à moitié vide alors que des investisseurs ont besoin de terrains pour monter leurs projets et qu’en est-il des 8 ha que le conseil de la ville détient depuis 1997, pourquoi s’entête-t-il à ne pas les céder aux intéressés ?

Point de logique

A l’Erac/ Centre, on nous assure qu’il n’y a aucun problème dans cette zone. “ la première tranche est pratiquement bouclée. L’opération est commercialisée à 100%, le taux de valorisation par les industriels est de l’ordre de 60%, les travaux d’achèvement d’équipement est de 100%, et 1500 emplois ont été créés à ce jour. Le lancement de la deuxième phase se fera incessamment. ” Même son de cloche à la délégation du Commerce et d’industrie où on parle également d’un taux de valorisation de 75%.
Mais si on suit la logique et si le système de lutte contre la spéculation est rigoureux, la totalité des lots de cette zone devrait  être à ce jour construite ou du moins en chantier. Or aujourd’hui, nombreux sont les terrains qui ne sont ni en chantier, ni construits. Ces terrains devraient en principe faire l’objet d’une reprise pour être cédés à d’autres investisseurs qui en ont besoin et qui sont prêts à  investir illico dans des projets porteurs. Si on se conforme aux clauses du cahier des charges, tout terrain dont la construction n’est pas entamée au bout de six mois après la conclusion de vente doit faire l’objet d’une reprise éventuelle. Au même titre qu’un projet qui n’est pas monté et finalisé au bout de 24 mois. 
Donc, il y a quelque chose qui ne va pas, les délais sont clairs, ils sont courts. Si on fait une simple opération de calcul, on se rend compte que si les termes dudit cahier des charges étaient respectés, tous les terrains seraient construits ou en cours de construction.

Pas de transparence

Une commission d’attribution de lots composée du gouverneur, des représentants de l’Erac, du Ministère de l’industrie et du Commerce, de l’Énergie et des Mines, de la municipalité de Mohammedia et de la SNEC, veille à l’application des termes du cahier des charges et à la lutte contre la spéculation. Elle a pour mission de reprendre les lots qui posent problème.
Au jour d’aujourd’hui, très peu de terrains ont été repris. Selon M. Azroul, représentant du Ministère du Commerce et de l’Industrie à Mohammedia, sept attributions ont été effectuées. “ C’est un exploit au niveau du Maroc ”
Ce que nous avons pu constater sur le terrain, c’est que trois entreprises ont pu bénéficier de lots.  Deux entreprises sont déjà opérationnelles et la troisième est bien avancée sur les travaux de construction. Alors qu’en est-il des autres terrains. Trois, sept ou dix même, c’est trop peu par rapport au nombre de terrains qui posent problème et par rapport au nombre de demandes déposées auprès de la commission d’attribution des lots. 130 demandes ont été déposées dans ce sens. Si sur les 280 lots qui composent cette zone, 50 unités sont  opérationnelles alors que 62 sont en cours de construction, il reste quelque 168 lots, dont 40 en possession du conseil municipal. Alors s’il y a des terrains, pourquoi faire languir les investisseurs ?
On se demande pourquoi ne pas faire activer les clauses des pénalités pour permettre à d’autres investisseurs de travailler, puisque l’intérêt pour tous est la promotion de l’emploi.
M Azroul, n’entend pas les choses de la même manière. “Nous effectuons une tournée hebdomadaire et nous réagissons à chaque fois que cela s’impose. La preuve en est qu’on a attribué plusieurs lots alors qu’ils étaient préalablement vendus”.
Quant aux nombreuses demandes pour l’octroi d’un terrain, M. Azroul affirme qu’il y a une grille de notation qui permet d’attribuer ou pas aux entreprises les lots repris. “On agit en amont, on choisit les entreprises en fonction des bons projets pour minimiser les risques éventuels. Pour cela nous avons des clauses de valorisation qui permettent de sélectionner une entreprise et pas une autre.”
Des propos que certains investisseurs contestent. “Cela fait un an et demi que j’ai déposé mon dossier. J’ai un projet de transport qui s’inscrit  parfaitement dans le cadre de l’investissement dit vert, et à ce jour je n’ai eu aucune réponse, négative ou positive. C’est loin d’être une manière d’encourager l’investissement.”, déclare M. B.N. Même frustration chez un  jeune entrepreneur dont on a égaré le dossier.
Selon le cahier des charges, la Commission d’attribution des lots statue sur les demandes d’attribution dans un délai maximum de 10 jours à compter de la date de la demande accompagnée des documents requis. “ Passé ce délai, les attributions des lots se feront conformément aux modalités prévues par la convention de partenariat établie entre la
SNEC/Erac Centre et le Fonds Hassan II ”

Main mise du Conseil municipal
Par ailleurs, ce qui déplaît à la majorité des investisseurs que nous avons questionnés, c’est le fait qu’on dise qu’il n y a plus de terrains alors que le Conseil municipal détient 40 lots (près de 8ha), dont aucun n’est cédé à ce jour. Pour rappel,  une convention de partenariat a été visée entre l’Erac/Centre et la commune urbaine de Mohammedia en 1997. Cette convention lui a permis d’acquérir  40 lots à la zone industrielle 1ere tranche, en contre partie du financement des travaux d’électrification de cette zone à hauteur de 34 MDHS.
Mais à ce jour, la commune n’a octroyé aucun terrain au moment de nombreux investisseurs attendent souhaiterait avoir un terrain. Il est insensé que la commune qui a pour mission de participer au développement à la gestion locale de la cité, conformément à la nouvelle charte communale, garde la main mise sur ces terrains au lieu de permettre aux gens de travailler.
Le conseil de la ville, préfère spéculer à sa manière.
Au lieu de faciliter la tâche aux investisseurs, et par conséquent assurer une croissance économique dans la ville, le conseil municipal ferme toutes les portes aux porteurs de projets.
Ce n’est certainement pas ainsi qu’on pourra encourager les investissements, créer des emplois et promouvoir l’esprit d’entreprenariat.
Contacté à plusieurs reprises par La Nouvelle Tribune, M. Atouani Mohamed, président du conseil municipal, à qui nous aurions souhaité poser la question serait en réunion de façon ininterrompue. De son côté, le secrétaire général, M. Drouich, nous a systématiquement  “raccroché au nez” chaque fois que nous avons tenté de le joindre par téléphone.
L.O.

Que prévoit le cahier des charges ?
Le cahier des charges stipule que l’acquéreur est tenu de déposer, après avoir conclu l’acte définitif de vente, une demande d’autorisation de bâtir dans un délai de trois mois. Les travaux devront être entamés dans les trois mois qui suivent. Le programme d’investissement doit être achevé  dans un délai maximum de 24 mois à partir de la date  de l’autorisation de construire. Il est expressément signifié dans les clauses du cahier des charges que “ si pour une raison quelconque, l’Acquéreur ne se serait pas entièrement libéré des obligations de valorisation mise à sa charge dans les conditions et délais prévus et qu’aucune construction n’a été entamée dans un délai de 12 mois, à partir de la date d’octroi de l’autorisation, il devra, dans un premier temps, supporter une pénalité de retard à hauteur de 3% du montant du prix de vente, par mois de retard pendant trois mois.”
Si au terme de ce délai, l’acquéreur ne s’est pas acquitté des engagements prévus dans le contrat de vente, cette dernière est tout simplement annulée et le terrain pourra faire l’objet d’une autre attribution.  “ Il sera procédé à la reprise de possession du lot vendu et le prix sera restitué à l’acquéreur défaillant après déduction de 5%, à titre de pénalité, en plus des autres pénalités sus-citées. ”


Trois questions à M. Azroul

La Nouvelle Tribune :La zone industrielle de Mohammedia a plus d’une décennie, et elle n’est pas encore achevée. Où se situe donc le problème ?
M. Azroul :
Le taux de valorisation est assez intéressant. Nous sommes à près de 60% sans les lots du Conseil. Si on compte ces lots, on arrive à 75%. Il faut replacer les choses, dans leur contexte. Avant 2000, les prix étaient relativement chers et la zone ne trouvait pas grand intérêt auprès des investisseurs, ce n’est qu’en 2000, après l’intervention du Fonds Hassan, pour le développement social et économique, que la zone a suscité un intérêt.  On est passé de 11% en 2001 à 60% actuellement, alors que la moyenne nationale ne dépasse pas 40%
Des investisseurs ont du mal à trouver des terrains alors que de nombreux lots dans cette zone ne sont ni construits ni en chantier, ce qui veut dire que les acquéreurs n’ont pas respecté les clauses du cahier des charges. Comment se fait-il alors qu’ils les gardent ?
Pour nous, il n’ y a pas de dépassement, pas de complaisance, au contraire nous avons bousculé les gens dans la transparence la plus totale. Nous effectuons une tournée hebdomadaire et nous réagissons à chaque fois que cela s’impose. Dans un premier temps, on envoie une  lettre de mise en demeure, ensuite on se réunit  avec les acquéreurs qui n’ont pas respecté les délais; si rien n’est entrepris par l’acquéreur, on n’hésite pas à attribuer le terrain à un autre investisseur. Maintenant même si vous voyez des terrains nus cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas d’autorisation de construire.

Pourquoi ne pas donner aux investisseurs les terrains qui appartiennent au Conseil  municipal et qui ne sont pas attribués ?
Ces terrains sont enregistrés à la conservation foncière au nom de la commune et toutes les formalités sont remplies. Je pense que le conseil ne va pas tarder à procéder à leur attribution.

Propos recueillis par
Leïla Ouazry

 

Une grille de prix attrayante
Lots de 293m2 à 360m2  : 
à partir de 900 Dhs
Lots de 361m2 à 400m2  :  
à partir de 870 Dhs
Lots de 401m2 à 500m2  : 
à partir 850
Lots de 706m2 à 1148 m2  :
à partir de 470 Dhs
Lots de 1195m2 à 1219m2  :
à partir de 460 Dhs
Lots de 1260m2 à 1903m2  :
à partir de 450 Dhs
Lots de 1272m2 à 2495m2 :
à partir de 440 Dhs
Lots de 3174m_ à 3503m_ : à partir de 350 Dhs



 

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