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Investir et entreprendre, la raison d’être de MOTEX Entretien avec M. Azzedine Lahrichi, Président Directeur général de MOTEX

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La Nouvelle Tribune : La société Motex est une entreprise industrielle qui fait preuve d’un beau dynamisme. Quelles sont les bases de votre croissance et de vos investissements ?
M. Azzedine Lahrichi :
Lorsqu’on adore investir et entreprendre, comme c’est le cas de Motex, il ne se passe pas d’année sans que l’on se consacre au développement de l’entreprise. Or, nous avons des compétences techniques et des ressources humaines pour créer des produits à forte valeur ajoutée, notamment dans les domaines de la sécurité et de la maintenance.
À Motex, nous investissons tous les ans dans les trois volets de notre activité industrielle, c’est-à-dire la moquette, le tapis mécanique et le géotextile.
Si dans le futur, il apparaissait un autre produit que nous pourrions intégrer en cohérence avec notre métier , nous n’hésiterions pas à y investir.

Vous venez récemment de vous lancer dans un troisième pôle d’activités ?
En effet, aujourd’hui, nous insistons sur le géotextile, un produit extrêmement technique et qui est utilisé dans le génie civil, c’est-à-dire dans les grands ouvrages d’art, de Travaux Publics et d’infrastructures. C’est un produit enterré, qui a plusieurs fonctions, notamment la séparation des sols, leur renforcement, leur protection, la facilité du drainage et de la filtration des eaux. En un mot, il protège les ouvrages. Au niveau des routes, il est utilisé soit pour séparer les différents sols, soit pour renforcer le tout venant. Il est aussi utilisé dans les accotements car il sert à faciliter le drainage des profils en long notamment sur les bas-côtés.  Il joue le rôle de filtre en laissant passer l’eau vers les drains tout en préservant les matériaux en présence ; ce qui implique une meilleure durabilité et une pérennité de la route.

Pourquoi un tel intérêt pour ce produit ?
Il s’agit en réalité d’une diversification de l’activité de Motex. Nous sommes toujours dans notre métier de base, qui est celui des non -tissés. Sachant que nous sommes un complexe industriel disposant d’un département recherche & développement, cette nouvelle activité issue des non tissés reste une orientation cohérente. Nous avons opté pour cette diversification à partir de l’idée d’utiliser des matériaux hautement techniques sous forme de nappes résistantes, perméables, non tissées, pour l’amélioration des sols dans diverses utilisations de la géotechnique appliquée au Génie Civil (drainage, filtration, etc).
À ce sujet, il faut avoir à l’esprit qu’une large proportion des accidents de la circulation, allant de 50 % à 60 %, est due au mauvais état des routes. En plus de la fonction de séparation, le géotextile permet d’encaisser les efforts liés au trafic mécanique et empêche l’effritement des matériaux qui supportent la chaussée tout en laissant passer l’eau.
Le géotextile est un produit de base absolument nécessaire pour tout ce qui concerne la voirie et les routes.
Il est bon marché et son utilisation empêche la formation des nids-de-poule, des crevasses ou bosses et autres redondances sur les chaussées.

Le géotextile que vous venez de lancer a-t-il nécessité des investissements importants ?
En effet, il nous a coûté au bas mot quelque 30 millions de Dhs qui ont été investis en autofinancement. Mais ce qui est réconfortant, c’est qu’il nous a procuré une notoriété sur le marché national. Et à travers les sociétés de génie civil, nos nouveaux clients en fait, nous avons obtenu des références significatives. A titre d’exemple, on peut citer la société Dumez, pour l’extension du Quai à containers du port de Casablanca, la société EMT dans le renforcement des digues de protection pour l’assainissement de la ville de Mohammédia et de la Samir après les inondations de novembre 2002 ainsi que d’autres sociétés telles que STAM, SOMAGEC, EMACI etc…. Nous sommes aussi intervenus sur le chantier du gazoduc qui a traversé tout le pays d’est en ouest à partir de la frontière algéro-marocaine jusqu’au Détroit de Gibraltar. Comme vous le voyez donc, c’est un produit qui est de plus en plus utilisé au Maroc.

En avez-vous l’exclusivité de la production ?
Au Maroc, nous sommes les seuls producteurs d’un tel produit. Cela s’explique par le fait que non seulement il est innovant, mais il est aussi et surtout très technique et exige certaines normes de qualité qui sont strictes.  Pour chaque utilisation, notre département recherche & développement développe un produit spécifique, voire des sous-produits. De plus, c’est un produit prescrit par les bureaux d’études et contrôlé en amont, en cours et en aval par des laboratoires spécialisés tels que le LPEE.

Comment procédez-vous avant de lancer ce type de produit, faites-vous des études de marché ?
Nous faisons effectivement des études de marché. Il faut savoir que le géotextile est communément utilisé en Europe en tant  que produit de base. Par contre, au Maroc, il n’est pas encore assez vulgarisé. Pourtant, nos actions pour une utilisation plus importante ne manquent pas. Déjà en 1995, nous avions organisé un colloque réunissant tous les intervenants récepteurs du secteur du Bâtiment et des grands travaux de génie civil. Avaient participé à ce séminaire des officiels des Ministères de l’Equipement Marocain et Français, mais aussi le LPEE.
De même nous prévoyons incessamment l’organisation d’un colloque National sur les géotextile probablement en partenariat avec le Ministère de l’Equipement, de la Fédération Nationale du Bâtiments et des Travaux Public (FNBTP) et  le LPEE

Le géotextile est-il la conséquence de la dynamique du lancement de grands travaux par le Gouvernement ?
Non, ce sont des idées émanant d’une expérience et qui ont été ainsi concrétisées. Disons que c’est une heureuse coïncidence. Mais comme Motex a toujours été innovante...
Pourtant, ce que nous déplorons aujourd’hui, c’est que nous rencontrons dans les Cahiers de Prescriptions Spéciales (CPS) lors du lancement des Appels d’Offres, qui définissent les exigences de l’ouvrage et déterminent les matériaux à y utiliser, le nom de la marque qui est cité au lieu de celui du produit. Cela crée une concurrence déloyale. Nous croyons sincèrement que cela n’est pas fait sciemment par les prescripteurs. Au lieu d’indiquer dans l’appel d’offres l’intitulé “ Géotextiles “ avec telle ou telle spécification technique, on cite la marque de producteur étranger alors que nos produits répondent aux exigences des CPS et n’ont rien à envier aux produits d’importation aussi bien au niveau de la qualité que du prix ; je suppose dans ce cas qu’il faut acheter Marocain. Nous voulons donc combattre absolument cette lacune. Et nous proposons que le nom générique «Géotextile»  et ses spécifications techniques soient désormais employés dans les CPS pour une concurrence loyale et que le meilleur gagne.
Nous comptons d’ailleurs demander aux services du Ministère de l’Equipement d’éviter que des noms, de quelque marque que ce soit, soient utilisés.

Entretien réalisé par
 Afifa Dassouli



 

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