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Normalisation : L’impossible économie de la phase !

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«Les normes connectent le monde!”, disait l’autre. En réalité cette proposition, on ne peut plus limpide, fut même le thème d’une précédente manifestation de la Journée Mondiale de la Normalisation. Aujourd’hui, au-delà d’une interopérabilité recherchée et voulue par tous, les normes et standards sont synonymes de qualité de gains de productivité et par conséquent de compétitivité. A quoi bon réinventer la roue, vu qu’une cacophonie de créations disperserait plus d’un?
Les entreprises marocaines sont d’autant plus attentives au concept que quasiment tous les donneurs d’ordre signifient dans leurs carnets de commandes, et autres accréditifs, celles qu’il faut respecter pour une conformité de la production ou du service. Parmi nos interlocuteurs, certains attirent l’attention sur la traçabilité, tandis que d’autres trouvent que produire aux normes fait plus in, plus up to date (à la mode). D’autres encore font allusion à la protection des consommateurs, pour éviter toutes sortes de produits à la conception douteuse.
Mais au fait qu’est ce que la  normalisation?  Ce n’est ni plus ni moins qu’une activité qui vise l’élaboration des normes dans un cadre faisant intervenir toutes les parties concernées.  En plus d’être un outil essentiel pour assurer la qualité des  produits et des services, elle contribue à la compétitivité des entreprises et à la protection des consommateurs.

La NM se fait un nom

Au Maroc, les bases juridiques de la Normalisation au Maroc datent du début des années 1970, par la création des organes chargés de la Normalisation. Tout un ensemble de textes législatifs codifient la Normalisation (Voir en encadré Textes Législatifs), mais c’est incontestablement le dahir  n° 1.70.157 du 30 juillet 1970, relatif à la normalisation industrielle, en vue de la recherche de la qualité et de l’amélioration de la productivité, publié au bulletin officiel n° 3024 du 14.10.1970, qui marque sa date de naissance.
Les organes qui gèrent la Normalisation sont essentiellement le Conseil Supérieur Interministériel de la Qualité et de la Productivité (CSIQP) et le Service de Normalisation Industrielle Marocaine (SNIMA), sous la tutelle du Ministère du Commerce et de l’Industrie. Il revient au CSIQP d’établir les directives  relatives à l’élaboration des programmes d’études techniques des normes marocaines (NM) dans le cadre de la politique économique. Aussi, il donne un avis sur les projets de normes marocaines soumis à l’homologation.
C’est au SNIMA de transmettre aux comités techniques les directives du CSIQP, de centraliser et présenter pour avis au CSIQP des projets des normes (PNM). La codification, en code national et international, des normes marocaines (NM) homologuées, ainsi que leur impression, conformément au modèle international fixé par l’Organisation Internationale de Normalisation (OIN), ou encore leur diffusion auprès des organisations étrangères et internationales de normalisation, sont de son ressort.
A ces organes se greffent les Comités Techniques d’Elaboration des Normes (au nombre de 80), institués auprès des départements ministériels. Ils établissent les projets des programmes d’études techniques des NM, en vue de leur approbation par le ou les Ministères intéressés, lancent des projets de normes en enquêtes publiques, mènent toute étude qui pourrait leur être demandée concernant la normalisation, etc.
Chaque année le SNIMA établit le programme général de normalisation, en concertation avec les différents comités techniques. Ce programme est présenté pour approbation au CSIQP, au courant du mois de janvier de chaque année. M. Abdellah Nejjar, Directeur de la Normalisation et de la Qualité, que nous avons en vain tenté de joindre, nous aurait appris un peu plus sur les efforts de sensibilisation.

Tous les secteurs

Le Ministère du Commerce et de l’Industrie a mis en ligne le catalogue 2005 des Normes Marocaines, consultables sur www.snima.mcinet.gov.ma. Les derniers chiffres, que nous avons reçus, de M. Salah Michmich, Ingénieur d’Etat à la Direction de la Normalisation et de la Promotion de la Qualité, font état de quelque 5.800 normes marocaines. Aujourd’hui dans des divers secteurs (agro-alimentaire, chimie, parachimie, textile et cuir, industrie métallurgiques, mécaniques et électriques, bâtiment et travaux publics) plusieurs normes sont codifiées. Des projets de normes portent sur les papiers et cartons, les matières plastiques, les peintures et vernis, les produits d’hygiène, de nettoyage et de désinfection, les conserves, les laits et dérivés, les conserves, les productions avicoles, les amidons, les méthodes d’analyses et d’échantillonnages des denrées alimentaires, les produits de la mer, les céréales et les légumineuses, l’alimentation infantile, les produits de l’agriculture biologique, les cuirs et dérivés, les cycles et motocycles, les équipements automobiles, les appareils à pression, les tubes et produits tubulaires, la chaudronnerie et menuiserie métallique, les produits de la fonderie, les contrôles non destructifs, les instruments et matériel à usage agricole, les technologies de l’information, les énergies renouvelables, les produits électriques, les câbles, fils et accessoires, la signalisation routière, les liants hydrauliques, les produits en terre cuite, les bétons, mortiers et produits dérivés, la plomberie, les carreaux de revêtement, la robinetterie et le sanitaire, la quincaillerie, les systèmes de management, les instruments de mesure, la sécurité des jouets, les produits parapharmaceutiques et la documentation et l’information.
M. Ali El Alaoui, Secrétaire Général du Centre Marocain de Promotion des Exportations (CMPE) trouve que c’est un passage obligé, même si certaines entreprises qui ont connu certaines pratiques de gestion et de travail ont des difficultés à s’y mettre. Au sein des aviculteurs, M. Chaouki Jerrari, Directeur Général de la Fédération Interprofessionnelle du Secteur Avicole (FISA), affirme que les opérateurs commencent à appliquer les normes. Le texte de loi 49-99 voté le 20 avril 2006, qui exige des normes pour l’installation, l’équipement et le fonctionnement, n’est pas encore entré en application, a-t-il ajouté.  
Les NM 10.1.004 des BTP et NM 08.0.002 sur les exigences du système de management HACCP, maintenant célèbres, font la fierté des décideurs de tout bord. A côté des normes étrangères AFNOR, ISO, CEI, ASTM, DIN…, la NM sur laquelle des efforts importants de sensibilisation sont faites par SNIMA fait son petit  bonhomme de chemin et les certifications se multiplient.

D. MB.


Normalisations au pluriel

On distingue les normes obligatoires des normes facultatives, qui sont, du reste, souvent rendues obligatoires par la force du marché. Parmi ces normes on trouve:
 -  les normes de terminologie, qui précisent les termes et les définitions et servent à la compréhension mutuelle ;
- les normes de spécifications qui fixent  les caractéristiques des produits en fonction des objectifs visés (interchangeabilité, aptitude  à l’emploi, santé et sécurité, protection de l’environnement, etc.) ;
- les normes d’essai et d’échantillonnage, qui fixent la méthode appliquer pour effectuer les mesures et le contrôle des caractéristiques d’un produit ;
- les normes de gestion de la qualité qui permettent à l’entreprise d’estimer et de suivre le niveau de la qualité de ces produits.


Textes Législatifs
  
1-  Dahir  n° 1.70.157 du 30 juillet 1970 relatif à la normalisation industrielle, en vue de la recherche de la qualité et de l’amélioration de la productivité (B.O  n° 3024 du 14.10.1970) ;
 
2- Décret n° 2.70.314 du 8 octobre 1970 fixant la composition et les attributions des organismes  de la normalisation industrielle, en vue de la recherche de la qualité et de la productivité (B.O n° 3042 du 17.02.1971) ;
 
3- Décret n° 2.93.530 du 20 septembre 1993 pris pour l’application du dahir  n°  1.70.157 relatif à la normalisation industrielle, en vue de la recherche de la qualité et de l’amélioration de la productivité



 

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