L’histoire de Bouchaïb Chakir est celle de tout MRE désirant investir dans son pays d’origine. C’est l’histoire aussi de tout investisseur marocain confronté à la réalité d’un marché local qui soulève bien des questions pertinentes et inquiétantes. Un marché où il y a un peu de tout: concurrence, le plus souvent déloyale, l’informel, la contrebande, la contrefaçon... Bref, un marché livré à lui même et où les mauvaises habitudes et conduites sont confortablement installées. L’affaire de la marque «Golden Interstar» de Bouchaïb Chakir en dit long. Crée par ce dernier en 1994 en Allemagne sous l’appellation «Chakir Télécommunication», cette société a choisi comme créneau de son développement et de son épanouissement le monde des satellites et communications. Après avoir réalisé les objectifs escomptés en Europe, Bouchaïb Chakir a décidé de faire bénéficier son pays natal de l’expertise et du savoir-faire de son entreprise qui lui ont permis de s’imposer et de se positionner correctement dans les marchés mondiaux. Sans trop tarder, il a implanté Golden Interstar à Casablanca en créant en même temps une unité industrielle à Tanger. C’est avec cet esprit entrepreunarial et patriote que notre interlocuteur a décidé d’investir au Maroc. Jusque là tout parait normal. Seulement du coup un ensemble de récepteurs en imitation à sa marque originale, à savoir Golden Interstar, sont apparus sur les différents marchés du Maroc provoquant un manque à gagner d’un million de Dhs, soit une perte de 30% de part de marché. Cela a concerné aussi bien la marque commerciale «Golden Interstar» que les composantes du récepteur original de la société ou encore de son emballage. Devant cette nouvelle problématique, Bouchaib Chakir a prôné la voie légale pour défendre sa marque pour qui il a consacré toute sa vie. Déçu par l’ampleur du phénomène de la contrefaçon qui ne fait que nuire à l’ensemble de l’activité économique nationale, il ne veut pas perdre espoir. Il estime qu’il est grand temps que l’Etat intervienne en imposant des mesures fermes et rigoureuses dans le but de mettre un terme à la contrefaçon qui est une violation flagrante du droit de la propriété intellectuelle. Par la même occasion, il s’interroge sur les motifs du silence des chambres de commerce et autres coopératives industrielles et commerciales. « Nous avons vécu le même problème en Russie. Mais l’intervention de la fédération des commerçants russes a pu résoudre la problématique et minimiser les dégâts», nous a dit Bouchaib Chakir qui déplore la lenteur de la justice marocaine qui ne fait que sanctionner au jour le jour les victimes de la contrefaçon. Une inquiétude légitime que beaucoup saisiront certainement. Malgré tout, il ne manque pas d’afficher sa confiance en la justice marocaine. En témoigne sa volonté de finaliser le complexe industriel qu’il construit dans la zone franche de Tanger. Ce projet qui sera opérationnel à partir d’août prochain a nécessité un coût d’investissement d’environ 55 millions de Dhs.
H.Z.