Après plus d’une décennie à la tête de la CGEM, en tant que Vice-Président, puis comme Président, M. Hassan Chami, tire sa révérence pour laisser la place au duo Moulay Hafid Elalamy (Président) et Mohamed Chaibi (Vice- Président). Ni l’euphorie qui entoure la Coupe du Monde 2006 en Allemagne, ni la chaleur d’un été qui s’annonce caniculaire, n’ont empêché les patrons et dirigeants de sociétés ou d’entreprises de répondre en masse à l’AGO élective de la CGEM de vendredi dernier. Pour désigner le nouveau Président et son colistier, candidature unique, seulement 8 des 2.204 adhérents enregistrés au cours de l’année n’ont pas pu exprimer leur scrutin. En effet, les 2196 votants ont voté «Pour» à hauteur de 2.158 voix, soit 98,27%, contre 34 bulletins non exprimés (vides) et 4 nuls.
Un changement dans la continuité
A l’image de la forte affluence à la salle de conférence du Club Nadi de la Banque Populaire, où les retardataires ont eu du mal à trouver une place assise, pour assister aux présentations des différents rapports moral, financier et celui du Commissaire aux Comptes, on peut aisément constater qu’une certaine rupture est en train de s’enclencher au sein de la corporation patronale. Après avoir approuvé les comptes de l’exercice précédent, et que quitus ait été donné au Président Chami et au Bureau, les opérateurs ont montré qu’ils se souciaient de la nouvelle orientation que va prendre la CGEM. Il est vrai que le nouveau siège n’est pas encore livré, que le solde des cotisations non réglées s’élève à 32.987.000 Dh, sur lesquels une provision pour dépréciation de 18.269.025 Dh a été constituée pour les cotisations en souffrance de 1997 à 2004, que l’adhésion de 85 nouveaux membres a coïncidé avec la radiation de 109 membres, qui a entraîné une perte de 2.069. 500 Dh, que des créances ont été annulées (55.000 Dh, une avance accordée à l’Union des entreprises des Pays Islamiques, 3.134.150,57 Dh, une dette des Unions Régionales, ...), que des problèmes d’organisation persistent au niveau des régions, en termes de statut juridique, de personnalité morale...
M. Elalamy, qui est revenu sur le round up effectué avec son équipe à travers toutes les régions du pays, a constaté un engagement fort des opérateurs. Il s’est dit émerveillé par les réalisations, mais aussi les idées de leurs interlocuteurs. Aussi, il a soutenu que: «Nous allons nous atteler sans tarder à résoudre tous les problèmes prioritaires soulevés par ceux-ci». Pour ce faire, le nouveau patron des patrons, qui n’a pas occulté le travail colossal effectué par son prédécesseur, compte capitaliser dessus, car citant André Malraux, il trouve que: «les idées ne sont pas faites pour être pensées, mais pour être vécues!». Des fédérations crédibles, avec des adhérents engagés à s’acquitter de leurs cotisations, seront au centre de son plan d’actions.
Les moyens seront injectés par de nouvelles cotisations des grands groupes, et par l’accroissement d’adhérents. Au volet de l’éthique et de la responsabilité, le Président s’est dit heureux de voir les adhérents développer le Label CGEM, la fibre citoyenne avec l’Amith. Dans tous les cas, il s’engage pour une CGEM plus efficace.
Sa méthodologie sera plus rigoureuse, et s’alignera sur ce qui est en vigueur dans les entreprises des uns et des autres, en un mot conforme aux best practices. Ce sont des approches plus efficientes, qu’il compte appliquer pour rendre les dossiers plus solides, plus défendables.
Il ne faudra pas s’attendre à des réunions et des débats stériles, par contre le nouveau patron de la CGEM vise à apporter de l’enthousiasme, de la solidarité, mais surtout plus de confidentialité (communication post-résultats concrets), dans une confédération plus agissante, s’inspirant de la mondialisation sans en subir les effets, porte-parole des régions, et luttant pour un environnement plus propice au développement des entreprises. Sur ce dernier point, la nouvelle équipe entend mettre l’accent sur un travail de longue haleine, à réaliser avec détermination pour une fiscalité qui promeut l’emploi, l’innovation... un juridique qui s’inspire de success stories, telles que celle du Groupement Professionnel des Banques Marocaines (GPBM), et un code du travail sevré de ses lacunes.
Plus d’actions
Le planning de la nouvelle équipe comprend également un travail d’accompagnement et de pédagogie à mener en direction du secteur informel, la détermination du rôle des grandes entreprises dans l’accompagnement des PME, par le parrainage, la mise en relation de celles-ci sur le local et à l’international, et un engagement ferme sur les grands chantiers de l’heure tels que l’INDH.
Rendez-vous est pris dans moins de trois mois, en septembre prochain, une fois les organes de travail mis en place pour agir.
Daouda MBaye