Décidément la langue ne sera jamais une barrière pour des opérateurs, de tous bords, décidés de développer leurs transactions commerciales. Cette certitude a très souvent été évoquée par les invités, présents à la fête d’anniversaire de SM La Reine du Royaume Uni, en milieu de semaine dernière à Casablanca. A en croire ceux-ci, la phase de croissance entamée au Maroc, qui coïncide avec l’arrivée de jeunes quadragénaires, formés dans les plus grandes écoles (anglo-saxonnes aussi), aux rênes du pouvoir, ne peut qu’être un terrain favorable pour le renforcement des liens économiques. Dans la rencontre, Son Excellence Charles Gray, Ambassadeur du Royaume Uni à Rabat, a vu trois aspects importants. D’abord ceux qui sont déjà en contact, vont pouvoir raviver leurs liens. Ensuite, il a trouvé que c’est une opportunité pour sensibiliser les professionnels qui n’ont pas beaucoup de contacts avec les britanniques. Enfin, une telle célébration permet aux Britanniques de savoir que le Consulat et l’Ambassade constituent des points de contacts privilégiés. Son Excellence qui a pris ses fonctions très récemment, a profité d’une de ses premières sorties, pour communiquer sa touche personnelle. Ainsi, il nous a appris que l’Ambassade rejoindra, d’ici trois semaines, son nouveau siège, un nouvel immeuble à l’image de ce pays, sis à Rabat. Aussi, de plus en plus de ministres et d’officiels viennent en visite au Maroc, en témoigne la visite du Vice-Ministre des Affaires Étrangères, prévue courant juillet 2006. Très humble et modeste, il nous a avoué que s’il arrive à persévérer dans cette voie, ce serait déjà très bien.
M. Damian Breen, Directeur Afrique du Nord de British Airways, a indiqué que sa société soutient le développement des liens avec un pays comme le Maroc. Chiffres à l’appui (18 vols par semaine), il a confirmé l’accroissement des vols favorisé par l’open sky, notamment les dessertes point à point sur des villes, telles que Marrakech, Fès, Agadir, et bientôt Tanger. Le patron de British Airways dans la zone, qui trouve que l’arrivée des low cost est importante pour le Royaume du Maroc.
«C’est une manifestation bénéfique pour les deux parties», a avancé, pour sa part, M. Maurice Attias, Doyen des Experts Maritimes assermentés près les tribunaux et Consul Honoraire de la République du Bénin. De son avis, une telle rencontre est une sorte de point de chute pour retrouver à la fois de hauts dignitaires, de hauts cadres, des pairs et amis. Ce qui est positif, c’est que si des contrats ne sont pas conclus dans l’immédiat, dans le long terme, il y a toujours du concret.
Multiplier les rencontres
Mme Khadija Doukkali, Présidente d’entreprises, et Membre active de la CGEM , a vu qu’il y a énormément à faire, vu le très gros potentiel dans le tourisme, et bien d’autres secteurs encore. L’arrivée de nouveaux cadres, formés à l’anglo-saxonne, qui remplacent la vieille garde, les deux pays dépassent allègrement un éventuel handicap de la langue, a-t-elle ajouté. Confirmant cela, M. Farraj, Courtier maritime, précisera que le Maroc est ouvert à d’autres cultures, ce qui est tant mieux pour le business. Université Al Akhawayn l’exemple qu’il s’est plu à citer. Venu rencontrer ses pairs et développer son partenariat avec des britanniques, il croit que les échanges commerciaux vont inéluctablement se développer. Seulement, ce professionnel pense qu’il serait beaucoup plus bénéfique que l’Ambassade et le Consulat organisent des rencontres business thématiques pour faire connaître davantage le marché britannique. Comme pour lui répondre, Mme Bedelia Brett Rooks, Consul Général de Grande Bretagne à Casablanca nous a dévoilé tout un plan pour concrétiser les liens commerciaux avec la Grande Bretagne. Ainsi, elle nous a dévoilé des visites très réussies sur la sécurité, la santé (menée par Mlle Najat Benyahia, Trade and Investment Adviser au Consulat Général de Casablanca), la formation, et la communication. Cette semaine devrait démarrer (à partir d’hier, en principe) la seconde partie d’un dialogue économique spécial entre les deux pays, matérialisée par la visite de M. Fassi Fihri, ministre délégué aux Affaires Etrangères, nous apprend Mme Rooks. Ce programme, établi sous M. Jack Straw, ex-ministre des Affaires Étrangères, effectivement commencé par M. Howellst, ministre délégué aux Affaires Étrangères, est un socle pour le développement des liens économiques. A l’image de la kyrielle d’opérateurs, qui ont marqué de leur présence cette anniversaire, parmi lesquels on peut citer MM. Abed El Mustapha (Imprimeur), Abdelmajid Bouzirane, Enseignant Département Anglais à la Fac Ben M’Sik, Benkilou Karim (DG Sipromed)..., le champ de la coopération reste fertile!
Un événement heureux en appelant un autre, nous avons rencontré le Révérend Gooch, Pasteur de l’église anglicane à Casablanca, en compagnie de son épouse. Dans cette terre d’oecuménie, il nous a longuement parlé du centenaire de l’église anglicane qu’il dirige. Pour la petite histoire, cette église est l’un des plus anciens bâtiments de Casablanca. Ce fut un terrain, situé en dehors de la ville et acheté en 1864 par le Consul Britannique d’alors après le décès d’un de ses enfants, pour l’y enterrer. L’Église Anglicane St John, qui y fut érigée en 1906, a fêté son centenaire, récemment à Casablanca. Excepté les événements de 1907, lorsque des tribus chaouis en guerre envahirent Casablanca, les adeptes de cette maison ont toujours vécu dans la quiétude avec les musulmans. Le Pasteur actuel a tenu à témoigner cette coexistence pacifique, baignée dans un ésotérisme qui dépasse de loin l’exotérisme, de l’une ou l’autre des deux religions. Loin d’être isolée de la scène sociale l’église, qui est fréquentée par une vingtaine de nationalités, participe activement à des actions sociales, notamment la cérémonie oecuménique, après le 11 septembre à Rabat, qu’elle a sponsorisée- rappelons-le- même si ce fut la cathédrale de Rabat qui l’abrita, parce que plus spacieuse, le soutien aux populations sinistrés d’Al Hoceima...
Un bel exemple de tolérance qui mérite d’être imité, sous d’autres cieux
D. MB.