| | Articles » Lire, Voir, Entendre | | 5ème édition du FIFM : Et le tapis rouge se déroula ... |
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Le Festival s’est ouvert sous de bons augures! C’était le soir du vendredi 11 novembre à la veille des premières averses bénéfiques qui ont émerveillé les Marocains pour avoir arrosé le sol desséché de notre chère patrie. C’était un tapis rouge orné aux couleurs nationales. Le Festival a réussi de nouveau à transformer la magique cité ocre, Marrakech, en une capitale mondiale du cinéma. Tous étaient au rendez-vous: nos grands artistes; ancienne et nouvelle génération et certains des grands artistes internationaux qui continuent de séduire notre regard et qui, par leurs oeuvres cinématographiques, caressent délicatement notre esprit et nous invitent au voyage souvent rimbaldien, qui nous éloigne ne serait-ce que pour un moment de la dure réalité du monde d’aujourd’hui. Fiers, nous l’avons été, ce soir du vendredi 11 novembre, d’avoir accédé au rang des pays où la tradition des festivals de cinéma est ancrée depuis plus d’un demi siècle. Le Festival de Cinéma de Marrakech n’a que cinq printemps, mais c’est déjà l’enfant chéri du pays qui fait parler de lui, bien au delà des frontières. Et c’est parce que l’art cinématographique est un outil de rencontre, de rapprochement entre les hommes, qu’il est un instrument de communication, qu’il est un langage universel, que les organisateurs de ce festival, déploient tous leurs efforts pour que chaque édition soit meilleure que la précédente. La cérémonie d’ouverture a offert aux spectateurs un moment authentique, plein d’émotions en rendant hommage à deux grands artistes qui ont marqué leur époque et continuent de marquer celle de leurs dauphins: le premier servi, Hamidou Benmassoud, l’enfant du pays et Martin Scorsese, le sicilien d’origine. Les larmes aux yeux, sous les applaudissements cadencés des spectateurs, Hamidou, a reçu avec beaucoup de bonheur et de reconnaissance le trophée du festival. Que d’émotions au moment où Hamidou reçoit la récompense et la reconnaissance des mains de sa fille. «C’est un grand moment auquel j’aurais voulu que tu sois présent. Tu as toujours voulu voir le fruit de mes longues années d’expérience dans le monde du 7ème art. Et voilà, ton souhait s’est réalisé. Mais comme j’aurais été heureux de partager cette grande joie, aujourd’hui, avec toi», a déclaré très ému Hamidou, parlant de son fils qu’il a perdu très jeune. Et ce fut au tour de Scorsese de monter sur scène pour recevoir son trophée et conter avec beaucoup d’humour son aventure dans le monde du cinéma: «Je viens du quartier Est de New York, un quartier très chaud. Je viens d’une famille d’émigrés siciliens. Mon cinéma est imbibé de la réalité de la rue, la vérité crue et immédiate. Mon regard s’est ouvert au monde en fréquentant les salles de cinéma. Le monde du 7ème art nous ouvre de multiples horizons», déclare Scorsese qui, modestement, lors de la conférence de presse tenue à la Salle Royale au Palais des Congrès, dimanche 13 novembre et en réponse à une question concernant l’atelier qu’il est chargé d’animer tout au long de la durée du festival, a déclaré: «Je suis heureux d’animer cet atelier. J’apprends beaucoup avec ces jeunes marocains. Tout ce que je souhaite, c’est de pouvoir inspirer ces artistes». Les organisateurs n’ont pas oublié de rendre un dernier hommage au grand Mostapha Al Akkad disparu pendant les attentats de Amman. Ce qui a un peu froissé et terni l’attrait de la cérémonie d’ouverture, c’était malheureusement, le fait que les invités aient quitté la salle juste au moment où l’on annonçait la projection du film d’ouverture, du réalisateur anglais Stephen Frears «Mrs. Henderson presents». Parmi les moments forts des premières journées du Festival, la projection du film Syrien «Bab Al Makam» que l’on a voulu traduire par «Passion», signé Mohamed Malas, un véritable coup de maître! «C’est le premier film syrien réalisé sans l’aide de l’Etat. Je remercie Le FIFM de m’avoir donné l’occasion de montrer mon film au Maroc. En Syrie, je ne peux pas encore le projeter car les sujets que j’aborde relèvent toujours de nos tabous», affirme Malas. Le film est un sanglot et une révolte retenue. Le cri de la victime s’est perdu au milieu de la cohue. C’est l’histoire d’Imane (le choix du nom donné au personnage est très révélateur), une jeune femme éperdument amoureuse du chant d’Oum Keltoum. Elle n’arrêtent pas de fredonner les chansons de cette dernière. Une grande passion qui poussera son oncle ainsi que son frère, personnages fanatiques et extrémistes dans le film, a l’assassiner. Un film baigné dans une atmosphère de profonde tristesse rendue par des lumières grisâtres. Un autre moment fort du festival, le long métrage signé Florian Gallenberger, «Schatten Der Zeit» (Shadows of time), une réalisation qui sort des sentiers battus du cinéma hindou. Le film met en scène l’exploitation d’enfants dans une fabrique de tapis près de Calcuta. Il dénonce l’exploitation sexuelle de gamins... Pour les trois journées restantes, le festival poursuit son aventure en offrant au public marrakchi des voyages fictionnels à travers des oeuvres cinématographiques qui marquent notre siècle. Ilham Khalifi
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