La Nouvelle Tribune: Marrakech a connu un grand engouement pendant la saison estivale. A combien se chiffre le nombre d’arrivées enregistrées dans la ville ocre et qu’est-ce qui explique cette évolution qui semble durer dans le temps, alors que d’aucuns évoquaient, il y a quelques mois, un déclin inéluctable de la destination, en raison d’une éventuelle saturation ?
M. Kamal Bensouda : L’été a été bénéfique pour Marrakech et constitue une vraie rupture par rapport au passé et malgré la canicule, la destination est commercialisée par les TO avec succès mais avec des budgets de 30% inférieurs au tarif d’hiver.
Le mois de juillet a affiché une croissance des arrivées de 32% et des nuitées de 37%, le mois d’août est dans la même tendance ce qui lisse la saisonnalité de la ville. Outre le marché français qui affiche plus de 37% de croissance, le retour des marches anglais, espagnol, belge et italien permet d’améliorer le mix client de la destination sur ce mois.
La durée moyenne de séjour, en été, a augmenté d’un point passant de 3 à 4 nuits par touriste, un élément fondamental pour le remplissage des hôtels qui a enregistré un bond de 11 points passant de 56% en 2004 a 67% en 2005 pour le mois de juillet. Le cumul janvier-juillet est dans la même tendance avec une croissance de 27% des arrivées et de 34% des nuitées illustrant parfaitement le bon positionnement de Marrakech sur les marchés étrangers.
Peut-on affirmer qu’aujourd’hui, la thèse de saturation est écartée, et que peut-on dire des perspectives susceptibles de maintenir une telle performance?
Marrakech s’inscrit dans une tendance vertueuse car son succès est au fur et à mesure alimenté par des programmations supplémentaires des TO qui injectent des capacités aériennes et des forfaits compétitifs , l’ensemble soutenu par des campagnes commerciales puissantes. Le succès pousse les TO à prendre plus de risques sur la destination, lui donnant ainsi une visibilité plus grande au fur et à mesure de l’élargissement du cercle commercial.
je pense que la ville de Marrakech est entrée dans le cercle des grandes destinations, du moins pour le marché français, mais nous devons tous militer et travailler pour dupliquer ce modèle sur les autres marchés émetteurs européens afin d’installer la pérennité de notre croissance sur les moyen et long termes.
Pour alimenter ce succès, il faudra sans doute maintenir la pression sur les capacités aériennes car sans leur augmentation de 10 à 15% par an, nous risquerions d’étouffer la croissance que connaît la ville. Nous devons également veiller à maintenir et améliorer la qualité de service pour assumer la promesse de belles vacances faites par les TO, et la ville, de son coté, devra veiller à maintenir sa propreté ,sa sécurité et son exotisme afin que nos visiteurs puissent trouver un cadre de séjour unique. Le travail est collectif et la responsabilité commune mais je pense que Mr le Wali de Marrakech, a déjà saisi tous les enjeux et a pris son bâton de pèlerin pour maintenir la ville ocre dans ce cercle vertueux en compagnie des élus et des professionnels.
Nous devons rester une destination qualitative et l’enjeu pour les prochaines années est là.
Le marché français demeure le premier émetteur de touristes vers le Maroc. Est-ce à dire qu’on ne sait pas intéresser les autres marchés et que nos destinations ne sont pas adaptées aux diverses demandes et cibles…?
Le marche français reste certes un marché de référence mais l’ONMT avait pris les engagements nécessaires lors des dernières assises du tourisme à Ouarzazate pour lancer un développement similaire pour la période 2005/2008 sur les marchés anglais, italiens et espagnols .
Pour Marrakech , du moins , les premières retombées sont palpables et les scores de janvier à juillet 2005 pour ces trois marchés sont honorables avec respectivement des croissances de nuitées de 43%,33% et 45%. Bien entendu, les chiffres en valeur absolue restent encore bas mais si nous maintenons ce rythme, je suis certain que nous arriverons à bien équilibrer le marché français qui reste prolifique, car d’une année sur l’autre, il continue à générer de la croissance, que ce soit en hiver et, depuis deux ans, en été également.
Propos recueillis par
L.Ouazry et M. Sidibé