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Le PAIGAM, un point d’appui financier Fonds de garantie

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Pour se mettre à niveau, la balle est dans le camp des PME-PMI. Cela ne fait pas de doute que les fonds de garantie facilitent l’accès au crédit et le sécurisent. A travers le PAIGAM, la Commission Européenne (CE) apporte son soutien financier aux Institutions Marocaines de Garantie (IMG) l’une publique, la Caisse Centrale de Garantie (CCG) et l’autre privée  Dar Ad-Damane, pour permettre la réalisation des investissements dans le cadre de la Mise A Niveau  des PME-PMI. M. Sylvain Dauban, Chef du PAIGAM, a rappelé que ce système se situe dans les perspectives des Accords de Barcelone instituant une Zone de libre-échange (ZLE) vers 2010, pour soutenir les entreprises marocaines qui vont se trouver en situation de concurrence. Devant ce besoin de Mise A Niveau, la Commission Européenne et le Maroc ont pris alors un certain nombre de dispositions. Parmi celles-ci, le programme Euro-Maroc-Entreprise (EME), qui a pour vocation la mise à niveau techniques des Entreprises, et qui intervient en production, marketing et ressources humaines. Mais ce programme ne dispose pas de ressources. C’est donc pour pallier ce défaut du volet financier que le PAIGAM a été institué. Pourtant, devant l’abondance de liquidités sur le marché financier marocain, un tel programme pourrait paraître superflu. En réalité, il n’en est rien. Car les crédits  distribués doivent être accessibles et la problématique de la garantie d’entreprises familiales à la gestion empreinte souvent d’une opacité assez dense (le Maroc n’étant pas une exception) n’est pas facile à surmonter. «Vu qu’il existe sur place des systèmes qui fonctionnent tels que Dar Ad-Damane et la CCG, nous avons proposé, parmi plusieurs scénarios, un fonds de contre garantie, une espèce d’assurance, d’où le PAIGAM», a encore précisé M. Dauban. Cela se comprend aisément car sur la chaîne de prise de risques, le PAIGAM est en bout après les banques et les IMG. En plus clair, il permet de faciliter l’accès au crédit des PME-PMI via un schéma de garantie fiable pour assurer leur mise à niveau. Les moyens logistiques et financiers mis en action concernent des prêts pour un investissement d’au moins 1.000.000 Dhs environ, soit environ 100.000 Euros. Les critères sont très souples. L’autofinancement est d’au moins 20% de l’investissement, les prêts sont à M ou L T et d’une durée maximum de 10 ans dont un différé d’amortissement de 3 ans au plus tard. Pour y accéder, l’entreprise doit suivre une procédure simple mais bien déterminée. Celle-ci va de l’entreprise à l’Institution de Garantie de la CE en passant par la Banque, l’Institution de Garantie Marocaine. Pour être éligibles les PME-PMI doivent être solvables, avoir au moins deux ans d’existence (avec deux bilans dont l’un est certifié ou visé par le fisc), un total bilan ne dépassant pas 50 millions de Dhs, avant investissement, opérer dans tous les secteurs d’activité excepté l’exploitation agricole, l’armement et la pêche.
A ce jour le PAIGAM a à son actif 143 millions de Dhs d’investissements, dont le montant de crédits distribués atteint 84 millions de Dhs, soit 37,5 millions de Dhs de crédits couverts, car faut-il le rappeler, la garantie du PAIGAM se limite à 4 millions de Dhs par dossier.
Déjà, des adaptations et améliorations sont apportées au projet: la certification des comptes a été remplacée par un visa du fisc, l’apport en fonds propres qui était de 30% est à 20%, la durée de l’accord passé de 6 mois à un an... Dans l’avenir (d’ici 2 à 3 ans), la prochaine garantie va se pencher sur la création. Il y aura une sorte de fonds d’amorçage, tant utile au start-up. Un alter ego de Sindibad, en perspective ?

Daouda MBaye

Trois questions à M. Sylvain Dauban, Chef du PAIGAM de la Commission Européenne

La Nouvelle Tribune: A partir de quelle date le Paigam et a-t-il été fonctionnel?


M. Sylvain Dauban: Le PAIGAM a été mis en place depuis le mois de juin 2002. Mais il n’a été opérationnel qu’à partir du mois de novembre dernier. C’est à cette date que les premiers dossiers ont été traités. Nous avons dû insérer un second communiqué afin d’accélérer les contacts avec les banques les plus importantes et les institutions marocaines de garantie (NDLR: IMG). Donc nous n’en sommes qu’à la phase de démarrage et le lancement s’effectue en ce moment même.

Le fonds est capitalisé à hauteur de 25,5 millions d’Euros, est-ce à bon escient?
Le montant du projet s’élève en réalité à 30 millions d’Euros, car en plus des 25,5 millions d’Euros, de fonds de contre garantie, il faut ajouter 4,5 millions d’Euros pour la mise en œuvre et le suivi du programme et pour les actions d’appui aux IMG. A terme, compte tenu de l’effet multiplicateur, le PAIGAM se trouvera en mesure de soutenir, pendant toute sa durée, la réalisation d’environ 9 milliards de Dhs d’investissement. Si l’on considère les intérêts et l’effet revolving, vu que la durée du projet est supérieure à la durée moyenne des prêts, on pourra se retrouver avec 400 millions de Dhs de garantie nouvelles par an.

Les délais pour accorder les prêts encouragent-ils les investisseurs?
Après l’accord des IMG, les délais sont extrêmement courts. Cela s’explique par le fait que nous participons aux Comités avec nos partenaires IMG.

Propos recueillis par
D.MB.



 

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