Organisée, sous le haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, la 33ème session de la Conférence arabe du travail, dont les travaux ont débuté samedi et se poursuivront jusqu’au 3 mars, se tient dans un contexte particulier au Maroc où une nouvelle de création d’emploi lentement mais sûrement. Une situation qui a sans nul doute marqué les débats de cette session, à laquelle 21 délégation tripartites arabes (gouvernements, employeurs et salariés) ont pris part. Un rendez-vous important dont la séance d’ouverture de cette réunion, a été marquée par l’intervention du Premier ministre, M. Driss Jettou, du ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, M. Mustapha Mansouri, du représentant de la Ligue arabe, M. Mohamed Kheir El Kadi, de la ministre égyptienne des Forces ouvrières et de l’Immigration, Mme Aicha Abdelhadi, au nom du président du conseil d’administration de l’Organisation arabe du travail (OAT) et du directeur général de l’OAT, M. Ibrahim Kouider. D’ailleurs, l’ordre du jour de cette 33 ème session est dominé notamment par les discussion sur le rapport du directeur général de l’OAT sur le dialogue social au titre de l’année 2006, le rapport sur le suivi de la stratégie arabe de développement des forces ouvrières et de l’emploi ainsi que l’application des conventions et recommandations de l’organisation. Et le ton a été donné par le Premier ministre en rappelant, bien à propos, que “ cette rencontre se tient dans une conjoncture internationale marquée par la mondialisation et le libre échange, expliquant que ces nouvelles donnes exigent la mobilisation pour relever les défis et faire face aux éventuelles répercussions sur les secteurs de production et sur les relations sociales et professionnelles. Cette situation exige des gouvernements, des organisations internationales et régionales spécialisées et des partenaires sociaux de conjuguer leurs efforts en vue de mettre à niveau l’espace sociétal et créer un environnement susceptible de favoriser le développement économique. ”
Conjuguer des efforts communs
Il n’est donc pas étonnant que les séminaristes soulignent avec force que cette conférence, qui se veut un espace ouvert de dialogue démocratique entre Etats, entrepreneurs et ouvriers, vise à consolider les programmes de développement, réaliser la stabilité et la paix sociale et à formuler une vision arabe commune concernant les défis et les mutations que connaît le monde à l’heure actuelle. C’est aussi une opportunité pour les pays participants de réfléchir sur les mécanismes de renforcer le dialogue social, considéré comme composante essentielle du développement. Il a été question du dialogue social, au cours du rendez-vous de Rabat, d’autant plus qu’en la matière le Maroc est aujourd’hui suffisamment outillé pour avoir élaboré une législation sur le travail acceptée par le patronat, les partis politiques et les syndicats.
Une réalité qui n’a pas échappé au Directeur Général de l’Organisation Arabe du Travail, M. Ibrahim Kouider, lequel a relevé que le Maroc a réussi à créer des mécanismes de dialogue social, précisant que seules la liberté d’expression, l’ouverture de canaux d’échange transparent des informations et la présence de partenaires sociaux forts et indépendants peuvent permettre d’instaurer un dialogue social efficient. Placée sous le thème « le dialogue social «, la 33 ème session devra permettre aux participants de se doter de moyens pour faire face aux nouvelles donnes exigeant la mobilisation en vue de relever les défis de la mondialisation et faire face ainsi aux éventuelles répercussions sur les secteurs de production et sur les relations sociales et professionnelles. C’est pour cela que M. Jettou a, à ce propos, appelé les gouvernements, les organisations internationales et régionales spécialisées et les partenaires sociaux à conjuguer leurs efforts en vue de mettre à niveau l’espace sociétal et créer un environnement susceptible de favoriser le développement économique, soulignant, par la même occasion, la nécessité de déployer davantage d’efforts en vue de consolider les bases de la démocratie sociale et du dialogue social. En effet, la lutte contre le chômage et la pauvreté, en général, est l’une des préoccupations majeures des Etats arabes. Il est donc pressant et nécessaire d’élaborer un cadre arabe global visant à faire face au chômage, notamment, à travers l’adoption d’une politique volontariste et de mesures pratiques à même d’assurer le lien entre le développement et l’emploi. Les efforts déployés par le Maroc, dans ce cadre, sont éloquents pour promouvoir les relations dans le travail, notamment à travers la modernisation des lois en vigueur en la matière, l’adoption du dialogue et la concertation. Des acquis qui ont été appréciés par les conférenciers. In fine, soulignons que les débats devraient ouvrir de nouvelles perspectives pour les jeunes en quête d’emploi.
M.S.
Les participants et le dialogue social
Pour mettre l’accent sur le thème de la conférence, les commentaires allaient bon train. Un facteur considéré par les participants comme l’élément clé de la réussite de toute politique gouvernementale d’emploi et de consolidation des entreprises. D’où pour le ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, M. Mustapha Mansouri, le dialogue social constitue le cadre approprié pour conclure des contrats sociaux et à asseoir des bases solides susceptibles de favoriser un climat adéquat pour promouvoir la production et permettre aux entreprises de faire face aux exigences économiques de la mondialisation et de la compétitivité, améliorer les conditions de travail et pour instaurer la paix sociale. Selon lui, le dialogue social occupe une place de choix au Maroc, compte tenu de son rôle important dans les relations professionnelles. Sachant que la concertation est essentielle pour le traitement des différents problèmes sociaux. A cet égard, a- t-il rappelé, l’élaboration du nouveau code du travail qui regroupe des mécanismes de négociation aussi bien au niveau des entreprises que sur le plan national et régional. Pour sa part, le directeur général de l’Organisation arabe du Travail (OAT), M. Ibrahim Kouider, a indiqué que le dialogue social est un moyen efficace à même de consolider et préserver la cohésion sociale. Les conditions d’un dialogue social efficace exigent la levée des entraves constitutionnelles et législatives, a-t-il ajouté. Le représentant de la Ligue arabe, M. Mohamed Kheir El Kadi et la ministre égyptienne de la main d’oeuvre et de l’immigration, Mme Aicha Abdelhadi, au nom du président du conseil d’administration de l’OAT, ont de leur côté exprimé leur espoir de voir les travaux de cette conférence aboutir à des recommandations « constructives « et « applicables « susceptibles de consolider l’action arabe commune et de consacrer la culture de concertation et de dialogue entre les différents partenaires de la production en vue de permettre à l’OAT de mener à bien l’action et de réaliser les objectifs fixés