Les quatre ateliers qui ont marqué les travaux du premier Forum de partenariat maroco-français ont montré, si besoin est, que le Maroc reste le premier partenaire de la France en raison de la thématique abordée pour donner une nouvelle impulsion à la traditionnelle amitié qui lie les deux pays. Une réalité que Mme Brigitte Girardin, ministre déléguée à la Coopération, au développement et à la francophonie, dans son discours de clôture du Forum. «Cette donnée objective, je me réjouis de pouvoir la réaffirmer haut et fort devant vous tous aujourd’hui, au moment de clôturer ce premier Forum du partenariat civil entre nos deux pays.
Si nous constatons aujourd’hui que la vitalité de notre coopération tient pour une large part aux actions et aux projets intergouvernementaux, nous savons que demain ce sont les organisations de la société civile - collectivités locales, entreprises, universités, organismes consulaires et associatifs - qui constitueront les forces vives de notre partenariat.» n’a-t-elle cessé de rappeler. Il ne pouvait en être autrement car il incombe aux deux parties, pour réussir ce nouveau modèle d’encourager et soutenir cette nouvelle forme de relation entre les deux États. Et le résultat de cette démarche a montré qu’au cours de ce premier Forum de partenariats, les différentes contributions ont fait émerger de nouvelles pistes de réflexion et d’action. La signature de trois nouveaux protocoles de partenariat en est la parfaite illustration. Il s’agit de la convention entre les régions “ Marrakech – Tensift – Al Haouz ” et “ Midi-Pyrénées ” dans le domaine de l’environnement avec la régénération du thuya, puis de la région de “Fès– Boulemane” et le pôle de Sophia-Antipolis pour le développement économique et l’incubation d’entreprises. Enfin de Casablanca et Bordeaux qui renforcent leur jumelage en matière de mobilité urbaine pour la mise en place d’un tramway. Pour Mme Girardin, «ces projets et perspectives démontrent que le Forum a atteint ses objectifs : permettre à de nombreux acteurs d’une coopération diversifiée de se rencontrer, de s’informer mutuellement sur leurs projets et d’ouvrir de nouvelles perspectives. Il complète ainsi la coopération de nos États tout en renforçant la cohérence de l’ensemble des partenariats.» Pour donner plus de force aux dires de l’interlocutrice, il convient de rappeler que divers outils financiers ont déjà été mis en œuvre par le ministère français des Affaires étrangères pour notamment le Programme concerté “ Maroc ”, mais aussi un Fonds social de développement, qui ont permis d’apporter une première réponse aux objectifs généraux arrêtés.
Tout ceci complété, d’une part, par le lancement de la deuxième phase du programme concerté Maroc, et d’autre part la reconduction, à l’issue d’une phase d’évaluation, du Fonds social de développement. Ainsi le Fonds de soutien aux coopérations décentralisées, doté d’une enveloppe significative de plus de 2,5 millions d’euros, s’affirme comme l’un des piliers de ce dispositif. «A l’issue d’une évaluation intermédiaire, et à la lumière des débats, des adaptations seront introduites afin de renforcer le caractère opérationnel de ce dispositif, pour en améliorer la lisibilité et accroître les partenariats entre collectivités territoriales», comme l’a souligné Mme Girardin. Sans oublier que ce Forum aura, en outre, fait ressortir la nécessité de mettre en place des dispositifs de formation adaptés afin d’améliorer l’adéquation entre compétences humaines et exigences du développement économique. Une nécessité à laquelle les deux parties sont appelées d’obéir pour réaliser les objectifs assignés. Et le prochain forum Maroc-France, qui se tiendra l’an prochain à Marseille, promet fort, d’autant plus que le thème de travail retenu s’articule autour de l’investissement et les pôles de compétitivité.
M.S.
La thématique des ateliers
Le premier Forum s’est penché sur toutes les questions pouvant renforcer les relations entre le Maroc et la France. Dans cette optique, l’atelier 1, sous l’impulsion en particulier de l’assemblée des chambres françaises de commerce et d’industrie, propose le transfert et le déploiement au Maroc du dispositif “ PLATO ” d’accompagnement des PME/PMI marocaines par de grandes entreprises françaises, en partenariat avec les collectivités locales marocaines. Tandis que l’atelier 2 a préconisé le lancement de la deuxième phase du programme concerté Maroc (PCM) en accentuant l’action de partenariat des ONG françaises au niveau décentralisé, en particulier en direction de la jeunesse, et en favorisant la concertation entre les pouvoirs publics et les ONG. De son côté, l’atelier 3 a confirmé l’accompagnement des régions marocaines par la partie française pour la mise en place de schémas régionaux d’aménagement du territoire. Par ailleurs, les régions de l’Oriental et de Tanger-Tétouan réfléchiront de concert avec leurs partenaires françaises, Champagne-Ardennes et PACA, au développement de parcs naturels régionaux à vocation éco-touristique. Enfin, l’atelier 4 a permis l’échange d’expériences et de bonnes pratiques dans le domaine de la coopération décentralisée. Trois champs de coopération émergent : plan de déplacement urbain entre Oujda et Aix-en-Provence ; gestion du patrimoine historique entre Tarroudant et Romans sur Isère; gestion de l’eau entre Figuig et le conseil général de Seine St-Denis.