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Investissement : Après l’entrée en vigueur de l’ALE Maroc- USA, un investisseur ouvre le bal

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La Nouvelle Tribune: Vous êtes sur le point de réaliser un important projet industriel à Agadir. En quoi consiste-t-il ?
M. Jamal Belcaid :
Il s’agit d’un projet de packaging, c’est-à-dire l’emballage métallique de produits émanant de l’agro-industrie (fruits et légumes) et de la pêche. J’ai déjà présenté ce projet à la Conférence de Philadelphia aux Etats-Unis d’Amérique sur l’Afrique, en présence de plusieurs Chefs d’État Africains, à la Conférence Maghrébine sur l'Investissement et le Développement, en novembre 2000, à Washington en coopération avec le Département d'Etat et le Département du Commerce, au Symposium organisé par le Corporate Council on Africa à la 3ème biennale US AfricaBusiness Summit. Puis, au cours d’un second symposium sur le Financement du Futur de l’Afrique, en juin 2002, à Cape Town en Afrique du Sud, je l’ai exposé aux participants de la finance dont Exim Bank, l’organisateur. L’idée était de savoir comment trouver les moyens pour aider à investir en Afrique. Le projet rentre dans ce cadre. Nous avons signé avec le Gouvernement marocain, représenté par les ministres des Finances et du Commerce, le 3 mai 2002. C’est un projet-plilote, qui peut être implémenté partout ailleurs sur le continent, et qui, de surcroît, est soutenu par le Département du Commerce des Etats-Unis. Nous essaierons donc à terme d’aider le développement des conserveries dans la région, sachant que nous travaillons beaucoup avec des institutions financières, telles que OPIC, BAD, BID, Exim Bank.... 

Quels sont les paramètres d’un tel investissement, en termes de planning de construction, d’enveloppe financière, de création d’emplois…?
Nous sommes en négociation avec des partenaires, et pensons démarrer les travaux de construction, si tout va bien dans trois à quatre mois, à Agadir, pour une livraison dans 16 mois (NDLR: d’ici septembre 2007). L’investissement est de 40 millions de $ et permettra une création d’environ 200 emplois directs et compte tenu du fait qu’il y aura tout un tas d’activités annexes (transport, manutention portuaire, assurances, restauration…) gravitant autour de cette industrie, il faudrait multiplier ce chiffres par 10 ou plus pour avoir le nombre d’emplois indirects créés.  

Quels marchés visez- vous?
Essentiellement le marché nord africain et ouest africain, mais pour les industriels-exportateurs. Notre investissement est justifié par la demande qui existe au niveau du Maroc. Les industriels marocains ont moins de 5%, environ 4,5% de l’export, dans les conserves, aux Etats-Unis. Dans l’avenir, sur les cinq prochaines années, nous voulons l’accroître et le hisser à 20 à 25%.
Aussi, nous comptons arroser le marché ouest africain pour le même type de clients exportateurs. Cela leur permettra d’avoir des débouchés sur le marché américain.

Doit-on y voir une certaine stratégie?
Effectivement, puisque la stratégie de ce projet américain est d’aider les producteurs marocains et d’Afrique subsaharienne à mieux pénétrer le marché américain. Vous savez que c’est un  vaste marché qui a ses exigences, ses normes, et ses standards, que tout exportateur se doit de respecter. Aussi, dans une plus large mesure, nous vendrons aux industriels un  processing food, pour qu’ils aient une possibilité d’avoir une ouverture sur tous les marchés, aussi bien américains, interafricains que de l’Union Européenne.

Qu’est ce qui va vous distinguer de vos concurrents?
D’abord, notre compétitivité sur le marché local, qui sera basée sur deux éléments déterminants, à savoir la qualité et le prix, fera que nous serons parmi les meilleurs. Nous connaissons nos concurrents et n’avons aucun doute de leurs compétences. Notre projet vient pour apporter un plus. Une production locale est fortement bénéfique dans la mesure où elle permet de réduire les coûts et les délais d'importations européennes.
L'autre bénéfice et non des moindres, qu'apporte un tel projet, réside dans l'application classique de la théorie des linkages d'Albert Hirschman, via la nouvelle facilité de l'ALE.

L’accord de Libre-Échange entre le Maroc et les Etats-Unis stipule "Trade not Aid". Peut-on vous considérer comme un modèle pour enclencher un volume d’échanges important ?
Tout à fait, puisque nous sommes des opérateurs privés, dont le projet rentre dans cette stratégie, et qui comptons nous baser sur le savoir-faire des Marocains, en matière de conserveries, pour développer la coopération Sud- Sud, avec une ouverture sur les Etats-Unis. Il est amené à optimiser le savoir faire des Marocains en matière de conserveries. D'ailleurs les grandes associations professionnelles, en matières des conserveries ont également supporté cet important projet industriel. Notre groupe, qui est transnational, accompagne et aide les pays, selon leurs spécificités, dans ce sens. La croissance et la prospérité de ce secteur peut s'améliorer de manière significative et entraîner une expansion rapide des process dans les branches de l'agroindustrie et de la pêche. 
Malgré qu’il soit privé, ce projet demande beaucoup d’attentions au niveau des pouvoirs publics. Aux Etats-Unis, où il a été présenté au Congrès, ils ont mis tous les moyens pour qu’il soit un succès. Ce projet a été choisi comme un modèle pour le Libre Echange entre les deux paysNous espérons ici que l’envergure de nos desseins soit saisie, notamment le flux d’investissements, le trade (NDLR : les transactions commerciales), la création d’emplois…, bien entendu, nous n’occultons pas les efforts et le soutien importants de la Direction des Investissements à Rabat et du Centre Régional d’Investissement d’Agadir (CRI).
En définitive, c'est une démonstration concrète des bénéfices à tirer pour les deux pays.

Propos recueillis par
Daouda MBaye



 

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