Depuis très longtemps, des liens solides existent entre le Royaume du Maroc et la République Française, maintenant il est question de creuser un sillon fort pour engendrer des liens économiques tous azimuts, jusqu’au niveau des différentes régions. C’est, en effet, une délégation de très haut niveau du MEDEF (Patronat français), conduite par MM. Jean Burelle et Jacques Lefèvre, respectivement Président du MEDEF International et Co-Président du Comité Mixte MEDEF-CGEM, qui est venu constater, de visu, les réformes importantes réalisées et en cours, mais aussi pour tâter le pouls économique du Maroc.
«Nous sommes là pour recueillir des informations sur ce qui se passe dans le pays, puisqu’il a été constaté» qu’il s’y réalise des avancées notables», notait M. Jean Burelle, au cours du point de presse, organisé en marge des travaux, le 2 février à Casablanca. Cela augure d’un regain de transactions entre les entreprises des deux pays. Le Chef de la délégation française a justement précisé que: «Nous sommes des hommes d’entreprises, pratiques, prêts pour acheter, sous-traiter, ou à s’installer au Maroc». L’avenir semble tout tracé, si l’on tient compte des bonnes impressions des patrons de l’Hexagone, menés par des membres du MEDEF, qui se considèrent en véritables facilitateurs.
Développement par la PME-PMI aussi
M. Lefèvre a mentionné leur confiance sur les promesses portées par le Plan Émergence, dans la mesure où les Centres Régionaux d’Investissement (CRI) sont aujourd’hui effectifs, un nouveau Code du Travail est appliqué ainsi que des réformes fiscales. Cette rencontre, la 15ème du genre, malgré qu’elle soit traditionnelle, a tout de même eu un cachet particulier, dans le sens où le thème central a été axé sur «Les nouvelles orientations stratégiques du Maroc: modernisation, compétitivité, opportunités». Pour M. Hassan Chami, Président de la CGEM, ce fut une occasion de rapprochement régional et sectoriel des PME-PMI, pour passer d’une coopération traditionnelle à une autre plus active. La délégation, qui comprenait une cinquantaine de personnalités, dont une quarantaine de chefs d’entreprises, tous secteurs confondus, a clairement exprimé que le développement passe aussi par les PME. Il est vrai que le CAC 40 est bien présenté dans le pays, mais les patrons d’entreprises françaises sont conscients qu’il est important d’aider les PME à se développer. Les fortes potentialités de ce pays de 30 millions d’habitants, où les compétences ne manquent pas, ont surtout été relevées par les patrons français, notamment par M. Jean Burelle. La présence des MEDEF territoriaux, avec des entreprises qui représentent toutes les régions de France, a été la plus forte expression pour signifier que la collaboration ne doit pas se limiter uniquement entre Casablanca et la région Parisienne. Ce serait occulter toutes les potentialités nécessaires que d’ignorer l’arrière-pays.
Tout n’est cependant pas rose, puisque la concrétisation du Maghreb, comme une vaste région donnant des ouvertures sur les autres pays, comme dans les pays de l’ASEAN ou du MERCOSUR, le coût élevé de l’énergie, une certaine carence de cadres de haut niveau..., constituent des points faibles à améliorer, ont noté les patrons des deux côtés.
Daouda MBaye