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Aide aux projets d’investissement : Aide de l’UE à la compétitivité de l’économie

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L’avenir du partenariat Union Européenne-Maroc est au beau fixe, même si, jusqu’à présent, certaines lignes de financement marchent moins bien que d’autres. Tout le monde s’accorde sur l’importance capitale de l’assistance financière de l’UE. «Pour pouvoir courir, il faut d’abord apprendre à marcher», notait M. Quentin Loontjens, Président de la Chambre de Commerce Belgo-Luxembourgeoise (CCBLM), en préambule des débats, qui ont animé le séminaire, organisé par l’entité qu’il préside, sur «les aides de l’UE pour des projets d’investissement au Maroc». Il signifiait ainsi l’importance de l’accès aux capitaux, assimilé à un accès au bonheur, aux jeunes et aux PME-PMI, nécessitant plus d’investissements, parce que réellement créateurs d’emplois.
Considérée comme «une bonne initiative» par SE Patrick Vercauteren Drubbel, Ambassadeur du Royaume de Belgique au Maroc, et «de la plus haute importance», par le Président de la CCBLM, la rencontre a permis aux décideurs, et autres partenaires de confirmer leurs engagements, de déceler les hiatus dans l’utilisation des fonds, de restituer le partage du risque entre l’État et les banques commerciales, de redéfinir le rôle des entrepreneurs, principaux concernés... mais aussi, de statuer sur ce qui fonctionne bien. En tout cas, on ne pourra pas reprocher à ce séminaire d’avoir tenter de faire le lien entre ceux qui ont des idées et ceux qui ont les moyens, comme l’a si bien souligné SE l’Ambassadeur.
M. Bruno de Thomas, Chef de la Délégation Européenne à Rabat, qui n’a pas manqué de remercier cette Chambre de Commerce, la première à l’avoir invité, a souligné que l’UE et le Maroc ont tissé des accords qui n’ont cessé de s’approfondir. Aussi bien au niveau macro-économique que micro-économique, il a relaté les divers modes d’appui au nouvel environnement, basé sur des réformes ambitieuses, qui se développe.
Au niveau de l’Etat, les soutiens, généralement sous forme d’aides budgétaires (ayant totalisé 219 millions d’euros en 2005) sont dirigés vers des infrastructures lourdes, l’administration publique, l’éradication des bidonvilles (voir Trois Questions). Prochainement, ils devront englober une enveloppe de 6 millions de Dh pour appuyer la réforme fiscale. Sur le plan microéconomique, il a énuméré plusieurs programmes et lignes constitués de plusieurs composantes, copiloté par le secteur privé, au profit des PME-PMI et des Associations Professionnelles locales (Foman, modernisation des entreprises, construction de 5 Centres Techniques pour soutenir la qualité, formation professionnelle, Paigam, FEMIP de la BEI, Programme d’Assistance aux Associations Professionnelles- PAAP...). Il a aussi annoncé les programmes qui démarrent, notamment la seconde phase du PAAP, signé le 20 janvier 2006 avec M. Fath Fathallah Oualalou, ministre des Finances.
Loin de s’arrêter en si bon chemin, l’UE compte accentuer ses engagements. Par la voix de M. de Thomas, nous avons appris qu’un plan d’actions, à mener à bien, pour accentuer le rapprochement avec le Maroc, prévoit la consolidation du cadre macro-économique, la libéralisation du financement, l’harmonisation des Douanes, des produits industriels pour les hisser aux standards internationaux, mais aussi l’assistance dans la mise en place des nouvelles dispositions du code du travail, dans la lutte contre l’abalphabétisme, la politique du transport, etc.

Vers l’Accord de Voisinage

Ces engagements jugés importants nécessite une méthodologie adéquate pour être honorés au mieux. Cela amènerait les deux parties, vers le printemps 2007, à 2008, au plus tard, à l’ouverture d’une négociation pour un Accord de Voisinage, ce statut avancé, souhaité par Sa Majesté Mohammed VI, Roi du Maroc, depuis le début. Le Représentant de l’UE à Rabat a clairement exprimé son ambition de voir le Maroc devenir le premier pays à signer un tel accord.
De son côté, M. René Perez, Représentant local de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) a notamment signifié que les activités de la BEI dans la Méditerranée datent depuis 1978. Le mandat actuel, confiné dans EuroMed II, de plus de 7,5 milliards d’euros, concernent une dizaine de pays riverains. Depuis 2002, avec la création de la Facilité Euro-Méditerranéenne d’Investissement et de Partenariat (FEMIP), qui a revitalisé le Processus de Barcelone, la BEI a accentué le soutien au développement des infrastructures socio-économiques, au secteur privé...
De 2 milliards d’euros en 2003, les financements de la FEMIP sont passés à 2,1 milliards en 2004, puis 2,2 milliards en 2005. En plus de prêts à moyen et long terme à des conditions avantageuses, le capital-risque, l’assistance technique (105 millions d’euros pour 2003-2006), et le fonds fiduciaire (30 millions d’euros, pour 2005-2006) sont financés. L’engagement ne faiblira pas, car les conclusions du Conseil ECOFIN du 26 novembre 2003, envisagent en décembre 2006, la création d’une filiale de la BEI, spécialisée dans les pays méditerranéens, a rappelé  M. Perez. Toutefois, une trop lourde bureaucratie, avec une instruction des projets handicapée par des conditionnalités et les délais (de 3 à 4 mois) trop longs et fastidieux, a été déplorée par certains opérateurs. Mais, c’est incontestablement M. Talal El Bellaj, Directeur du Marché de la PME à Attajariwafa bank, qui a mis le doigt sur les entraves à la sous-utilisation de certaines lignes de financements. La multiplicité des intervenants, la complexité des procédures, des délais d’études et de déblocages trop longs (jusqu’à deux mois),  ont été fustigés.
En outre, les rôles de l’Agence Nationale de la PME (ANPME), de la Caisse Centrale de Garantie (CCG), les types de financements  de PME-PMI par les autres partenaires (BMCE Bank, Attijariwafa bank), ont été réexposés. M. Afrine Mohammed, Chargé d’Affaires à la BMCE Bank, qui vient de signer une nouvelle convention (30 millions d’euros) en septembre 2005 avec la BEI, a exprimé l’exemple même d’une banque qui destine la plupart de telles lignes de financement aux PME-PMI. Les conventions et protocoles d’accord signés avec Proparco, la Hypoverfins Bank, avec la France, l’Espagne, l’Italie, le Portugal..., détaillés sont là pour le concrétiser.  La trop grande fébrilité d’entrepreneurs à aller vers les lignes, excepté pour le Fonds de Dépollution Industrielle, le PAIGAM, le PAAP, et le partage du risque entre les banques commerciales et l’Etat ont été longuement débattus.

D.MB.

BEI, en bref

La Banque Européenne d’Investissement  (BEI), institution financière de l’Union Européenne, prêteur sans but lucratif, plus grand emprunteur supranational, est constituée de 25 actionnaires qui sont les 25 Etats Membres. Créee par le Traité de Rome en 1958, elle finance par des prêts à long terme des projets contribuant à l’intégration européenne et aux objectifs de l’Union, notamment en matière de coopération internationale. Son capital souscrit est de 163,7 milliards d’euros, et le volume de ses opérations en 2005 est composé de prêts à hauteur de 47,7 milliards d’euros dont 42,3 dans l’Union, et d’emprunts pour 52,7 milliards d’euros. 
(Source: BEI) 


Trois questions à M. Bruno de Thomas

La Nouvelle Tribune: Quel est votre appréciation des aides financières de l’UE aux PME-PMI Marocaines?
M. Bruno de Thomas:
Vous savez que je suis là depuis peu de temps... Il faut savoir que nous avons assez considérablement transformé notre aide, et que maintenant on appuie les réformes du gouvernement par des aides budgétaires. Cela s’appelle des facilités d’ajustement structurels et on paie directement le budget de l’État pour des réformes, en vérifiant qu’elles avancent. Vu sous cet angle, on peut dire que tout va bien. En 2005, nous avons payé 219 millions d’euros... Ce montant aurait même pu atteindre 239 millions d’euros s’il y avait eu assez de fonds à Bruxelles, vers la fin de l’année écoulée. Cela dit, dans l’ensemble de ces programmes, il y en a certains programmes qui marchent moins bien que d’autres..., nous nous sommes appesantis sur cela aujourd’hui, avec le FOMAN, le FODEP, les lignes de garantie... Ce qui est important, c’est que lorsque les programmes n’avancent pas, de faire en sorte qu’ils marchent mieux, soit d’opter pour d’autres alternatives.

Si jamais le partage du risque entre l’État marocain et les banques commerciales devient plus approprié, jusqu’où peut aller l’Union Européenne..., alignera-t-on le Maroc sur les pays du PECOS, par exemple?
Il ne faut pas perdre de vue que dans les problèmes des entreprises, l’important pour les entrepreneurs est d’entreprendre. L’UE, comme d’ailleurs les autorités marocaines, sont là pour aider le contexte, pour rendre l’action des entrepreneurs plus efficaces et supprimer les freins, et autres entraves. Nous ne sommes pas là pour entreprendre à la place de l’entrepreneur, qui est maître du jeu. C’est quand même cela la mission de l’UE, Nous avons appuyé la mise à niveau, car lorsque nous avons ouvert les frontières par l’Accord de Libre Échange, il fallait absolument que les entreprises marocaines soient compétitives. Je n’aime pas beaucoup le terme Mise A Niveau, qui sous-entend du rattrapage.
L’important c’est l’avenir, la compétitivité, qui est l’objectif de l’UE, plutôt que de financer toutes les entreprises marocaines. Le but est d’aider, dans les secteurs les plus porteurs, les PME-PMI à être plus compétitives. En cas de réussite, on se dégagera de cela.

Donc optimiste pour l’avenir?
Pour l’avenir, relativement à la politique de voisinage, on va avoir à partir du 1er janvier 2007, un instrument financier de voisinage, qui- je l’espère- sera doté de façon nettement supérieure, à ce qu’était MEDA. Aussi, on continuera d’appuyer le Maroc dans ses réformes avec l’objectif qu’il puisse bénéficier complètement du marché intérieur européen. Là, il faudrait que le pays soit encore plus compétitif, parce que ce marché, de 450 millions de consommateurs, est à la fois formidable, avec un niveau de vie élevé, et très exigeant.

Propos recueillis par
Daouda MBaye



 

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