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Aide Européenne aux PME : Quand Bruxelles se veut offensif

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L’appui de l’Union Européenne (UE) pour moderniser l’économie marocaine, dans la perspective de la Zone de Libre Echange avec le Royaume en 2012, se concrétise par différents programmes et actions, toutefois l’engouement des PME tarde encore à se manifester! C’est du moins, ce qui est ressorti du discours de M. DeThomas, Chef de la Délégation Européenne au Maroc, invité principal de la dernière Table Ronde de la chambre de Commerce Britannique à Casablanca, axée sur l’Aide Européenne aux PME Marocaines. La Mise A Niveau (MAN) de l’économie marocaine sur celle des pays européens, ou sa modernisation compétitive, pour faire «actuel», impérative en vue d’une association équilibrée dans une ZLE avec l’UE, ne peut se réaliser sans appuis extérieurs. Partenaire de premier plan du Maroc, l’UE a pris ses responsabilités et mis sur la table d’importants moyens. Différents Programmes d’Appuis aux Entreprises (FOMAN, FOGAM, FODEP, etc.), de Soutien à la Formation Professionnelle (Contrats Spéciaux de Formation, Groupement Interprofessionnel d’Aide au Conseil, Euro Maroc Entreprise…), d’Assistance aux Institutions de Garantie (PAIGAM), ou encore d’Appuis aux Associations Professionnelles (PAAP) et de lignes de crédit, prévus dans le cadre des Programme MEDA I et II, flexibles (pour avoir été plusieurs fois réajustés) fixant des conditions d’éligibilités claires, et calés sur une volonté réelle de hisser le tissu économique vers des standards internationaux ont été mis en place. Après quelques années de flottement, la MAN a pris du poil de la bête et d’aucuns avançaient que l’engrenage était réellement enclenché. Seulement, cette euphorie s’est vite estompée. L’utilisation des fonds n’a pas encore atteint les cadences attendues! Le Chef de la Délégation Européenne au Maroc déplore que le FOMAN (Fonds National de Mise A Niveau) destiné à soutenir les entreprises pour leur investissement matériel, de 400 millions de Dh, n’a pas encore été vraiment utilisé!
Doit-on voir les entraves dans les mécanismes de financement conjoint (FOMAN- Banques commerciales) ou dans la raréfaction des fonds pour le financement du haut du bilan, sous forme de capital-risque? Ce genre d’interrogations n’ont pas tardé à fuser d’un auditoire captivé. Un membre de la Chambre Française de Commerce et d’Industrie au Maroc (CFCIM) : «Pourquoi pas confier les fonds à une banque du style Banque National de Développement Economique?». Ce qui laisse augurer qu’on se dirige vers une nécessaire refonte d’un dispositif à simplifier davantage, et à rendre encore plus accessible.

Proactivité et ouverture

Le relatif fiasco de la consommation des fonds de MAN n’a pas découragé, loin s’en faut, les différents partenaires. A titre d’exemple, l’UE compte remettre près de 50 millions d’euros dans des programmes de soutien à la formation professionnelle, notamment dans les secteurs du textile, du tourisme et des NTIC, le PAIGAM, prévu sur huit ans et qui entame sa quatrième année, concerne tous les secteurs d’activité, a révélé M. DETHOMAS. Mieux encore, il a annoncé l’établissement, courant 2007, d’un Institut de Financement et de Partenariat devant se substituer au Programme Meda. Les autorités marocaines, qui n’ont pas attendu l’UE pour financer la MAN, la récente mise en route du Fonds de Restructuration Financière, l’érection de l’Agence Nationale de la PME (ANPME) et des Centres de Promotion de la Mise A Niveau en partenariat avec les professionnels, n’ont pas été en reste. Maintenant, retient-on, les maîtres-mots reposent sur les anticipations, côté marocain, et sur l’ouverture des marchés par le biais d’une intégration des Euro Info Centres pour des européens plus présents.
Rebondissant sur ces propos, Mme Latifa Echihabi, Directeur Général de l’ANPME, a soutenu que le débat interpelle aussi l’institution qu’elle dirige. C’est, a-t-elle ajouté, un nouveau pilier, incontournable, dans la nouvelle stratégie (Emergence) du Maroc, dont le premier est le développement des métiers mondiaux du pays. De son avis, ce socle, qui concerne l’accélération de la modernisation compétitive du Maroc, est importantissime. Elle a salué l’appui de l’UE et insiste sur son orientation vers un rôle structurant. Une segmentation et un ciblage pragmatiques, la refonte de l’arsenal existant, la mise en place d’un mode opératoire ion line avec des délais de réponse plus courts (à la semaine), les actions de proximité sur toutes les villes du Royaume, les mesures d’appels prévues pour début février 2007 pour donner des diagnostics flash…, sont autant de mesures entreprises par l’ANPME, pour rendre effective la MAN. Elle n’a toutefois pas occulté de s’intéresser à l’engagement du principal concerné. Sur ce volet, son point de vue a été partagé par M. Adelali Fahim, Vice-Président du Centre des Jeunes Dirigeants. Ils ont, en effet, considéré que tous les secteurs peuvent être porteurs de croissance, à condition que les acteurs s’y engagent, d’une part, et d’autre part que la MAN est d’abord l’affaire de l’entreprise. 

Un dispositif à revoir

Les suggestions de MM. M’Hamed Kassal, Président de la Fédération PME-PMI, de M. Hamid Ben Elafdil, Directeur Général du Centre Régional d’Investissement de Casablanca, respectivement sur l’impact réel du crédit Chamal (financé par la BEI) et de l’opération EME, pour comparer les objectifs et les réalisations, et sur la prise en compte du manager de l’entreprise, relativement oublié dans cette procédure de MAN, ont trouvé des échos auprès des responsables. Se prononçant sur la manière de rendre plus efficace l’aide, MM. DETHOMAS et Castrataro Ex Directeur EME ont précisé que les comptes sont audités par la Cour des Comptes, que tout se déroule selon les règles de l’art, et présenté des résultats sur l’accompagnement, les études sectorielles, l’appui aux PME, les diagnostic stratégiques, différentes études de repositionnement stratégique, de réhabilitation industrielle… (Voir www.lanouvelletribune.com).
Sur ce même registre des recommandations, l’idée émise par M. Fahim, relative à la formation des interlocuteurs (directeurs d’agences bancaires, chargés de clientèle, etc.) devant porter les outils de MAN, va certainement être prise en considération, pour donner plus de punch à la compétitivité. Puisque le temps presse, sous l’ère de la mondialisation, concluera M Belkasmi, et que l’UE risque de revoir le dispositif, si d’ici la fin de l’année l’utilisation des fonds n’est pas importante, a affirmé M. DETHOMAS, toutes ces améliorations doivent être prises en considération.

D. MB.



 

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