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CGEM - Université : Vaincre l’inadéquation formation - emploi

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L’inadéquation entre la formation et le marché de l’emploi a trop duré. Les exigences de la mondialisation, la pénurie de certains profils, notamment les nouveaux métiers recommandés par le Programme Émergence, ont rendu urgente une réforme de l’enseignement, axée sur le développement de l’esprit entrepreunarial dans les universités. Les universitaires, rejoints par les opérateurs économiques, s’y attellent avec énergie. La Convention Cadre Université Entreprise, signée le 15 décembre 2005 à Casablanca, pour réussir la Réforme de l’Enseignement, en constitue l’exemple frappant. Il est désormais question d’encourager et de développer, en commun (Universités et Entreprises) des programmes de formation initiale, continue et complémentaire, adaptés aux besoins du marché de l’emploi. Il s’agit, aussi, d’anticiper et d’évaluer les résultats de ces programmes. Pour ce faire, les deux parties veilleront à la mise en place de dynamiques interfaces Université-Entreprise, la création d’une commission mixte avec le MESFCRS, pour identifier respectivement  les besoins universitaires en stages, engendrer des filières demandées, créer des Juniors-Entreprises, développer des incubateurs et pépinières d’entreprises, la formation en alternance (plutôt qu’uniquement des stages d’été...), et réfléchir autour de la Réforme de l’Enseignement Supérieur.
Pour M. Jaouad Cheikh Lahlou, Président de la Commission Valorisation des Ressources Humaines de la CGEM, il faut être créatif et assurer des formations complémentaires, dans les filières classiques de biologie, de géologie, d’histoire- géographie... Pour faire le switch, il y a un nécessaire effort d’adaptation à faire que dictent les nombreux besoins du Plan Émergence, ajoutera-t-il.

La reconversion et les filières

Versant dans le même sens, M. Tayeb Chkili, Président de l’Université Mohamed V, a soutenu que, plus que de s’adapter, il faudrait anticiper. Ceux qui joueront le jeu, qui accepteront une reconversion, s’en sortiront. Il a cité l’exemple éloquent de ceux qui ont suivi des programmes de reconversion à l’ENA et qui dirigent aujourd’hui l’Université. Par contre, ceux qui refusent la reconversion seront laissés de côté et il n’y aura aucune issue pour eux. De toutes les façons, ils ne sont pas légion, puisque les étudiants sont extrêmement soucieux de leur avenir, et comprennent qu’ils n’ont de salut que sur la voie de l’Entreprise ou de la Création d’Entreprises. Pour preuve, un récent séminaire sur la création d’entreprises a réuni, au bas mot, quelque 500 étudiants. Le site de Université, ainsi dédié, reçoit une centaine de visites par jour.

Une nouvelle voie

De toutes les façons, cette réorientation ne détournera pas l’Université de sa faculté première, qui est de former à l’acquisition du savoir et de se focaliser sur la recherche. 
Pour en arriver à asseoir une telle synergie, le patronat a avoué, pour sa part, être parti de ce constat, rapporté par M. Ayouch du Bureau de la CGEM: «que les mondes de l’Entreprise et de l’Université s’ignoraient. Pour l’Université, l’Entreprise était considérée comme une entité fermée, qui ne se souciait que de son profit..., tandis que pour l’Entreprise, l’Université était vue comme une entité recroquevillée sur elle-même, et qui ne formait que des chômeurs». Aujourd’hui, ces idées préconçues et stéréotypées, sont dépassées et reléguées au second plan.
«Nous sommes sur la bonne voie», a indiqué, sans optimisme béat, à plusieurs reprises, M. Chkili. L’Université est en train de sortir des filières pratiquement figées par décrets, telles que Maths- Physique, Géologie, Biologie, Histoire..., pour entrer dans un nouveau système basé sur la filière. Cette dernière est conditionnée par une accréditation reposant sur des normes pédagogiques. Aujourd’hui, sur 59 dossiers déposés, il y a eu 39 accréditations, qui signifient 39 exemples de participation. 
L’engagement du patronat pour réussir la réforme est exprimé par l’octroi de stages réguliers durant les cursus, la participation et l’intervention de chefs d’entreprises au cours de séminaires et de conférences, et en la production d’études. Considérée, comme le second grand chantier du pays après l’unité nationale, la réforme a été soutenue par le Partenariat conclu entre l’Université et l’Entreprise. Conclu, sur une Convention-Cadre (voir Extraits en encadré), ce partenariat compte ériger en priorité les formations aux nouveaux métiers recommandés par Émergence, la formation entrepreunariale, et une plus grande implication du corps enseignant et de l’ensemble des étudiants dans cette vision.
Les expériences, vécues de partenariats entre les Universités Ibnou Zohr (Agadir), Ibn Toufail (Kénitra), Cadi Ayad (Marrakech), Abdelmalek Essaâdi (Tétouan), de Fès…, et des entreprises, et qui sont en train de valoriser l’avantage compétitif du pays, constitué par les énormes potentialités humaines et professionnelles, ont été citées par les uns et les autres. La voie est donc déjà tracée. 

D. MB.

Extraits de la Convention Cadre

Article Premier : Objet de la Convention
La Convention a pour objet, d’une manière générale, la promotion des liens de coopération entre le MENESFCRS et la CGEM, et, d’une manière particulière, le développement du partenariat entre, d’une part, les Universités et les Établissements d’enseignement supérieur ne relevant pas des Universités, et d’autre part, les Entreprises à travers des actions communes visant :
- l’encouragement et le développement de programmes de formation initiale, continue, et complémentaire, adaptée aux besoins du marché de l’emploi, leur anticipation ainsi que l’évaluation des résultats de ces programmes ;
- l’encouragement de la valorisation de la recherche appliquée liée à l’industrie et à l’innovation technique ;
- le développement de l’esprit entrepreunarial dans les Universités;
- la circulation de l’information scientifique et technique entre l’Université et l’Entreprise.
Pour la mise en œuvre de ces actions, les deux parties veilleront à la mise en place d’interfaces universités- entreprises et à leur dynamisation, en vue, notamment de: 
-l’identification et la mise en place des formations en adéquation avec les besoins de l’entreprise et des universités en stages, visites et accueil d’enseignants dans l’entreprise ;
- le développement de la formation en alternance ;
- la participation d’intervenants professionnels dans l’encadrement de modules spécifiques de formation ;
- la création de Juniors- entreprises au sein des Universités ;
- le développement d’incubateurs et de pépinières d’entreprises;
- Etc.
Article II : Développement de Programmes de formation adaptés aux besoins du marché de l’emploi
Article III : Encouragement et valorisation de la Recherche Scientifique appliquée à l’industrie et à l’Innovation Technologique
Article IV : Circulation de l’information scientifique et technique



 

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