M. Chakib Benmoussa, Président de l’Association Marocaine des Anciens Élèves de l’École Polytechnique Française (Groupe X Maroc) :
Cette réunion n’a pas pour ambition de préparer les négociations de Hong Kong, c’est plutôt un forum de débats pour sensibiliser les décideurs sur les mécanismes de l’OMC, qui régissent le commerce international, ou sur ceux en vigueur ici ou là, dans les différents pays, en matière d’obstacles non tarifaires. A partir de cette sensibilisation, notre souhait est que cela peut aider à identifier quelques pistes d’amélioration ou de renforcement des relations Public/Privé, et donc des dispositifs de contournement ou de recours par rapport à tous les obstacles qui peuvent être érigés.
Il est question d’avoir une règle de jeu, par rapport à nos exportations, qui soit une liberté d’échanges tout à fait agréée et s’insérer, et inversement, de veiller à ce que les produits, qui arrivent sur le marché marocain, respectent les mêmes règles du jeu. C’est juste pour avoir une concurrence loyale.
M. Mustapha Mechahouri, ministre du Commerce Extérieur :
Ce colloque a l’avantage de poser une problématique, relative à la mondialisation, le commerce international et les barrières non tarifaires. C’est beaucoup plus une réunion de vulgarisations et d’explications qu’une conférence où l’on sort avec des recommandations. Toutefois, elle permet à la fois aux lauréats des grandes écoles mais également aux opérateurs ici présents de mieux saisir cette équivoque qui entoure les barrières non tarifaires.
Le Maroc est un bon élève, quant à l’application des règles internationales, puisque la plupart de nos barrières non tarifaires, nous les avons transformées en équivalents tarifaires, sauf avec les pays arabes, notamment dans le cadre de la zone de libre-échange, avec ces pays dans lequel nous demandons une franchise douanière dans le cadre de la réciprocité. Notre Royaume est considéré tel que, par l’organisation Mondiale du Commerce, en témoigne ma présentation de l’examen de la politique commerciale du Maroc. Malheureusement, les autres pays appliquent des mesures non tarifaires, ce qui porte préjudice à nos exportations. Maintenant, sur le Cycle de Doha, et la réunion de Hong Kong en décembre prochain, a priori suivant les informations qui nous parviennent de Genève, mais également de la réunion de différents groupes, essentiellement celui des 15, des 20, des 30, des 90…, il semblerait que les propositions, qui sont faites sur le point sensible, qui porte sur le dossier agricole, par la partie américaine et celle de l’UE, dans le cadre de la PAC, font qu’on s’achemine, probablement, à Hong Kong à un dénouement, basé sur une réunion ministérielle d’étude à mi-parcours, et non pas sur une réunion ministérielle où nous allons trancher.
M. Mourad Chérif, PDG du Groupe OCP et Président du Conseil National du Commerce Extérieur :
Aujourd’hui, pour s’insérer dans le commerce mondial, il est impératif de se mettre à niveau dans tous les domaines et de produire des articles qui soient aux standards internationaux. Ce n’est pas suffisant, puisque pour se développer et exporter, il faut identifier des marchés, et se battre pour les conquérir. Pour ce faire, on ne peut faire l’économie d’un tissu d’entreprises qui ont une démarche de qualité, aboutissant à une production de qualité, un environnement réglementaire, qui impose de telles conditions, et une normalisation au diapason de l’international. C’est ce qui permettra à nos entreprises, non seulement d’exporter, mais surtout d’éviter des importations de produits de mauvaise qualité, et enfin, de permettre demain aux entreprises marocaines de vendre localement, parce qu’elles seront concurrencées par le démantèlement tarifaire, par des sociétés internationales.
Sur le plan de la normalisation, le Maroc fait déjà beaucoup, néanmoins, il faut poursuivre le travail. Aujourd’hui, il y a peut-être quelque 5.200 normes qui sont en place. A titre d’exemple, en France, il y a 20.000 normes en vigueur… Ici, nous avons un programme pour arriver à la fin de la décennie à 10.000 normes. Vu qu’au fur et à mesure que le démantèlement tarifaire baisse, les importations augmentent, nous proposons que les normes en question, aux standards internationaux, soient établies. Il faut donc mettre en place une veille, anticiper et ne pas être toujours sur la défensive.
M. Mohamed Ait Kadi, Président du Conseil Général du Développement Agricole :
Le Royaume du Maroc, compte tenu de toutes ses potentialités, a intérêt a s’investir dans des productions à forte valeur ajoutée et de qualité, qui soient génératrices de revenus et d’emplois. C’est un pays qui a des avantages comparatifs avérés, que ce soit dans les produits horticoles frais, ou dans l’agro-industrie.
M. Benchakroune, Directeur Général de EACCE :
L’une des conditions sine qua non pour accéder à ces marchés, c’est d’assurer une qualité de produits et une parfaite adaptation aux exigences sanitaires et phytosanitaires.
Sur les conditions de la présence de productions européennes, il va falloir se battre dans l’intérêt mutuel des deux parties. On ne peut pas perturber des marchés, vu qu’il existe des règles précises. Nous les respectons et voudrions que l’on reconnût notre parfaite conformité avec ces normes établies.
J’ignore ce qui va sortir de Hong Kong. Il se peut qu’il y ait des surprises, mais nous espérons que non. Quoi qu’il en soit, la visibilité est là et nous devons nous adapter en tant que pays exportateur… l’agroalimentaire est un levier important que nous devons maintenir à un niveau élevé de compétitivité, d’adaptation aux nouvelles normes et exigences. Si nous y arrivons, une part de la problématique de la globalisation sera résolue pour nous.
Propos recueillis par
Daouda MBaye