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Le Partenariat Public Privé veut triompher des entraves au commerce Dossier

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Publier le : December 1, 2005

La libéralisation des échanges internationaux, de manière significative, n’a pas empêché l’érection de résistances dans nombre de pays pour protéger leurs producteurs. Plus le champ de négociation des secteurs à libéraliser s’élargit, notamment ceux relatifs aux produits agricoles et des services, plus ces soutiens dits maquillés se diversifient. Heureusement qu’il existe des mesures de sauvegarde, des mécanismes de Droit International pour régler les différends, et surtout des stratégies pour s’en sortir.
 Au Maroc, il est ressorti du forum organisé, la semaine dernière à Casablanca, par le Groupe X Maroc sur  “ Mondialisation et barrières non tarifaires: protection des consommateur ou protection des marchés? ”, qu’il faut compter sur ses propres moyens. L’espoir est d’atteindre 2012 avec une situation d’équilibre, après la phase actuelle d’instabilité (à surmonter), pour reprendre les propos de M. Ahmed Rahhou, Président Directeur Général de Lesieur Cristal. Il a préconisé qu’être aussi bon sur les marchés internes que ceux externes, combattre l’inflation, faire de la réglementation de change un facteur de compétition, investir à l’étranger, travailler main dans la main, un Conseil de la Concurrence accessible…, aboutissent indéniablement à une concurrence traitée de manière loyale et des ventes à l’étranger plus importantes.
L’intervention de M. Mustapha Mechahouri, ministre du Commerce Extérieur, sur la politique nationale de développement des exportations, est allée dans ce sens. Il a rappelé que la déclaration politique générale du gouvernement a retenu parmi ses priorités le développement de la compétitivité des exportations pour faciliter l’insertion de l’économie marocaine dans celle du monde. Outre les instruments de cette politique (libéralisation, diverses incitations, simplification des procédures, promotion commerciale), le ministre du Commerce Extérieur a annoncé la mise en route d’une nouvelle stratégie de promotion des exportations, basée sur plus d’ouverture, la diversification et le développement de l’offre exportable et la dynamisation de la promotion commerciale. Sur ce volet, il est tout à fait en phase avec M. Mustapha Nabli, Economiste en Chef de la région MENA à la Banque Mondiale, qui s’est longuement attardé sur l’effet compétitivité. Que le champ de compétition soit celui du Maroc ou celui de l’international, l’essentiel est de mettre l’accent sur la compétitivité. Prenant l’Inde et la Chine comme exemples, qui ont su appliquer des réformes aboutissant à des taux de croissance respectifs de 6 à 7%, et 9 à 10%. Il a ainsi rapporté que l’Inde, qui s’est difficilement départie de cette étiquette de taux de croissance hindoue ne dépassant guère 3 à 4%, a vu ses exportations croître de manière exponentielle. Il a fait comprendre qu’il s’agissait de produits à haute valeur ajoutée. Idem pour la Chine, le Mexique au sein de l’ALENA et les pays d’Europe de l’Est (PECO), ce qui a pu lui permettre d’avancer que les ventes à l’étranger et les capacités technologiques sont corrélées. La principale leçon, qu’il en a tirée, est qu’il faut une approche globale, vu que les réductions des BNT, à elles seules, ne suffisent pas. Des tarifs douaniers élevés, des IED provenant uniquement des privatisations, une absence de diversification de débouchés, des coûts de logistiques élevés, taux de change figés…, ne sont pas pour favoriser l’intégration profonde devant créer la dynamique similaire à celle dans des pays à croissance forte. Cependant, M. Mohamed Chafiki, Directeur des Etudes et des Prévisions Financières au ministère des Finances et de la Privatisation, qui a soulevé que l’heure est aux mutations sachant que depuis le néolithique, il n’y a jamais eu de transformations aussi profondes, a trouvé que l’évolution du taux de change est réelle. Il adhère totalement à l’accroissement de la compétitivité et rattraper les gaps importants, relatifs au faible contenu technologique des exportations.

S’adapter coûte que coûte

L’expérience d’Attijariwafa bank en tant qu’opérateur national de taille dans la région (Sénégal, Tunisie), rapportée par M. Khalid Oudghiri, Président Directeur Général de cet établissement, a édifié l’assistance sur le récent processus de libéralisation (train de réformes depuis 1991) opéré dans le secteur financier aussi exposé aux mêmes contraintes que les autres pans de l’économie. Il s’est réjoui que l’ouverture ait impacté positivement le système financier, créant plus d’émulations, donc de compétitivité. L’une des principales constations qu’il fait c’est que la montée des participations a aussi permis le transfert de meilleures pratiques (process et risk management), seulement à l’opposé, elle a favorisé le contournement de la contrainte exigée, en termes de fonds propres minima par le recours à la contre-garantie de la maison-mère, la concurrence inégale face aux filiales de multinationales…, donc en dépit d’avancées significatives amenées par l’ouverture, qui englobent une réglementation internationale et les contraintes de Bâle II, les opérateurs nationaux font face à des risques de fragilisation. C’est ce qui l’a amené à soutenir que les banques marocaines doivent s’adapter, il y va de leur survie, et recréer une dimension citoyenne.
Pour sa part M. Mourad Chérif, Président du Groupe OCP et du Conseil National du Commerce Extérieur (CNCE), a penché pour plus de réactivité. Il a précisé que : “ Si nous n’allons pas très vite, nos acquis risquent d’être érodés par les BNT ”. L’approche doit être globale et combattre un Maroc à deux vitesses, a-t-il martelé. Aussi bien sur l’export que sur les marchés locaux, la démarche de mise à niveau de la normalisation doit être la règle, a-t-il poursuivi. En définitive, il a soutenu qu’une veille stratégique est nécessaire pour ne pas se faire distancer. Les interventions suivantes ainsi que les débats riches et animés sont venus confirmer cette démarche. MM. Jamal Eddine El Jamali, Directeur de la Production Industrielle, a explicité la stratégie industrielle, dénommée Émergence, qui cible une croissance forte et le développement de huit moteurs de croissance. Quant à M. Abdellatif Zaghnoun, Directeur Général de l’Administration des Douanes et Impôts Indirects, il nous a appris que, grâce aux réformes en cours, son entité va désormais travailler autrement, et pouvoir intervenir à l’intérieur du pays et lutter efficacement contre la contrebande.

Daouda MBaye



 

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