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Intelligence économique : Faire de la veille un état d’esprit !

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Dans le monde, aujourd’hui globalisé, une nouvelle révolution est en train de prendre forme. M. Alain Juillet, Responsable en charge de l’Intelligence Économique auprès du Premier Ministre Français, qui a animé la première partie de la conférence, a confirmé cette situation. Il souligne que nous sommes devant quelque chose de nouveau, que les cadres n’ont pas étudié dans leurs écoles, qui nécessitent la mobilisation de tous. Ce «quelque chose», Intelligence Économique, pour ne pas le nommer, est définie de plusieurs façons. Néanmoins, rassure-t-il, on retrouve dans toutes les définitions le même fond, notamment que l’Intelligence Économique (IE) ou Intelligence Concurrentielle ou encore Intelligence des Affaires- quels que soient les vocables employés- est la maîtrise de l’information stratégique utile et sa protection par tous les décideurs économiques. Explicitant la définition, il trouve qu’il faut la protéger, parce qu’elle est, en permanence, menacée dans la mesure où nous évoluons dans un environnement international, où il faut saisir les opportunités tout en faisant face aux menaces de ce vaste marché, qu’est devenu le monde.
Répondant à une série d’interrogations, relatives à ce que l’IE rapporte à l’entreprise, au manque à gagner pour ceux qui ne s’y intéressent pas, à son caractère de plus en plus stratégique... M. Juillet a indiqué qu’une véritable révolution est en train de s’opérer, et que probablement, tout indique que les techniques de l’IE seront pour le 21ème siècle, ce que fut le Marketing de Kotler- aujourd’hui, entré dans les moeurs- au 20ème siècle. C’est d’autant plus juste que le nouveau marché, dans lequel on évolue, est celui de la connaissance. Relatant les atouts de l’IE, véritable levier de performance pour l’entreprise, il a avancé qu’ils permet de réduire les incertitudes dans les prises de décisions, en ce sens qu’elle permet de rechercher l’information pertinente, là où elle se trouve et de l’exploiter à bon escient. M. IE de Matignon a tenu à préciser qu’il ne s’agissait surtout pas de renseignements, ni de guerre économique, termes qu’il récuse. De son avis, il s’agit plutôt d’informations, beaucoup plus vastes, et de concurrence. Les Nations, qui l’ont compris, investissent énormément dans ce sens. A travers le monde, le tableau que dépeint M. Alain Juillet, permet de situer les évolutions des uns et des autres. Les USA de Bush s’inscrivent dans cette logique, les budgets y afférents ont été décuplés. C’est le cas des Japonais, malgré des difficultés économiques, mais aussi de la Suède, de l’Inde et de la Chine, qui s’y mettent carrément. Les pays du pourtour méditerranéen, qui ont d’abord abrité les navigateurs vénitiens, véritables pionniers, en la matière, pour avoir recueilli les premières informations sur les itinéraires commerçants, et tissé un réseau d’échanges, fort utile pour les expéditions suivantes, reviennent en force. Les Britanniques, depuis le temps de la Grande Élisabeth, qui ne faisaient confier leurs bateaux qu’à des capitaines de l’Amirauté, et les Japonais, anéantis après la seconde guerre mondiale, mais qui ont reçu jusqu’à 100.000 télex par jour, de partout, à travers le monde, ont mobilisé leurs énergies pour reconstruire leurs connaissances, jour après jour, et ne se sont jamais départis de l’IE.

L’État accompagnateur

Développant son point de vue, le conférencier a déterminé le caractère stratégique de l’IE, le rôle de l’État et l’interaction des systèmes d’informations. Aujourd’hui, nous sommes entrés dans un nouveau monde, où tous les pays, quelle que soit leur taille, ont envie d’avoir une part du gâteau, dira-t-il. La montée de tous ces pays a entraîné celle, très forte, de la concurrence, avec pour corollaire, une stratégie-prix et une stratégie de différenciation sur les techniques, les services ... Ces stratégies ont des conséquences importantes sur l’économie mondiale. On est ainsi face à trois cas de figure, ceux qui développent l’une ou l’autre de ces stratégies, et ceux dits pays intermédiaires, qui doivent faire des choix.
Sur cette voie, la mobilisation de tous est nécessaire. Une véritable synergie autour d’un solide partenariat public privé est d’ailleurs appelée, par ce professionnel. Pour qu’une stratégie soit gagnante, il est nécessaire qu’elle soit appuyée par une autre stratégie pour être plus influente. Par rapport à ce qui se faisait avant, il est important de pouvoir faire face aux attaques. Il poursuit, soutenant qu’en France, il ne se passe pas une semaine sans que des entreprises soient victimes de campagnes de désinformations, avec des conséquences sur l’image, le cours en Bourse ou sur les investissements. L’exemple, rapporté de l’Hexagone est édifiant, pour amener les PME, qui manquent de moyens, à s’organiser, à se mettre sur la voie et acquérir plus de compétitivité, l’Etat doit se mobiliser. Selon une véritable méthodologie Juillet, cet expert trouve qu’il revient aux États de tout faire afin que les entreprises se battent à armes égales à l’extérieur comme à l’intérieur.

Renforcer les NTIC

Vu que dans la compétition mondiale, où l’innovation et la recherche sont importantissimes, il est impératif de protéger les secteurs stratégiques, veiller à ce qu’il y ait égalité de traitement et mettre des règles du jeu. Pour ce faire, il faut développer des programmes de formation, mettre en place des systèmes légaux de protection, pousser tous les organismes qui travaillent avec l’entreprise à s’approprier la démarche. Pour ne pas se faire distancer, les développements sont à trouver au niveau des sociétés, qui vont faire évoluer la chaîne de l’information. Il apparaît alors que le domaine à encourager, en priorité, demeure celui des NTIC. Il est évident que l’IE repose pour beaucoup sur la recherche. La démarche est capitale à ce niveau. En faisant de la prospective pour déterminer le cadre de la recherche, avant de la définir, pour ensuite analyser les données, et faire, enfin, la synthèse, qui va fournir les outils d’aide à la décision, on peut accéder à une réelle compétitivité. 
Le nombre élevé de données et la fiabilité des outils, sont déterminants, puisqu’il faut des traitements automatiques, et faire confiance aux outils des autres. Sur un moteur de recherche neutre et commun l’information peut être orientée!
En tout cas, une IE réussie nécessite la mobilisation de tous. Au sein des entreprises, il est important de mettre en place des structures de l’IE, devant être rattachées à la Direction, et qui travaillent avec des experts.
En définitive, conclura M. Juillet, au-delà de la nécessité de l’Etat de coiffer l’IE,  et de mener des démarches de veille mutualisée, c’est un état d’esprit, dont on doit s’imprégner.
Pour concrétiser toute cette démarche, M. Jean Bertrand Pinatel, Président de Datops Consulting, a présenté des cas concrets sur les bénéfices de l’utilisation de logiciels répondant à la veille stratégique et à la veille opérationnelle. Ces logiciels, qui travaillent sur la partie amont, assurent quatre fonctions. Il s’agit de l’Extract Transfert Loading (ETL) pour recueillir les informations, qui sont ramenées sur un serveur (warehouse cache) pour ne pas être vues par les concurrents, un Mining pour poser des questions intelligentes, et enfin un système de reporting.  Les analystes ou veilleurs, dont le rôle est de donner de la valeur ajoutée aux informations, vont jusqu’à l’établissement de scénarios prospectifs, dépassant la simple détection d’un fait déterminant.

D. MB.



 

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