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Une offre pléthorique face à une demande timorée Fonds de garantie et capital-risque

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Sur plusieurs milliards de Dhs de Fonds de garantie disponibles -nous disons bien milliards de Dhs- il n'y a à peine que 400 millions qui sont utilisés par an ! Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c'est le constat actuel que M. La Cognata, Chargé de mission à l'Agence Française de Développement (AFD)- Proparco et Chef de Projet Fonds de garantie français en faveur du Maroc, a dressé de la situation. Ceci résume parfaitement l'état de l'utilisation de cette modalité de financement que sont les fonds de garantie et le capital-risque au Maroc.  Pourtant, les moyens de soutien au financement des entreprises existent réellement sur le marché financier. Les banques sont gestionnaires de lignes internationales de crédit importantes de financement d'investissement, et des institutions telles que la Caisse Centrale de Garantie (CCG), Dar Ad Damane, et les spécialistes du capital-risque (au nombre de 17 fonds avec quelque 2 milliards de Dhs à prendre), dont le pionnier Al Moussahama, offrent aux entreprises des possibilités de garantir leur financement au moindre coût. Sans compter le Programme d'Appui aux Institutions Marocaines de Garantie de la Commission Européenne (PAIGAM)... Pour faire entrer ces modalités de financement dans les moeurs des entrepreneurs marocains, la FENELEC a organisé un séminaire à Casablanca le 10 avril dernier. Il est important de noter que si pour les fonds de garantie il est exigé un autofinancement minimum, représentant entre 20% et 35% des apports ou de l'investissement, par contre le capital-risque intervient dans le haut du bilan, en position minoritaire (30 à 33% du capital) pour contrôler l'entreprise et vient atténuer le souci de fonds de financement.

De sacrés coups de pouce

M. Mohamed Azziz, Vice-Président de la Fédération, a d'ailleurs tenu à souligner qu'il entre dans cette démarche de renforcement de la capacité financière des entreprises. Quant à M. Debarrh, Chef de Projet Qualité et Certification à la FENELEC, il a noté l'existence d'une batterie de mesures mises en place par le Gouvernement pour accroître la compétitivité de l'entreprise marocaine. L'exemple le plus patent est le Fonds de garantie des prêts prévu par la loi n°53-00 formant charte de la PME et créé par l'État auprès de la CCG qui en assure la gestion par convention du 04 novembre 2002.
Les autres intervenants qui représentent chacun une institution qui octroie des fonds de garantie ou qui a une activité dans le capital-risque ont relaté les différentes lignes à la disposition des entreprises. Les conditions d'éligibilité, les caractéristiques des prêts garantis, ainsi que les procédures à suivre ont été clairement explicitées. Ainsi M. La Cognata, chef de Projet du Fonds de Garantie de l'AFD-Proparco, a révélé que cette institution est en partenariat avec l'ONE, un agent privilégié du Programme d'Électrification Rurale Généralisée (PERG) et de l'interconnexion électrique avec l'Espagne. En quelques chiffres, l'AFD, à qui la Mise à Niveau (MAN) tient à coeur, a injecté au Maroc pas moins de 10 milliards de Dhs de Fonds de garantie. Selon M. La Cognata, plusieurs actions sont menées par cette institution, à savoir des actions propres (MAN) ou promotionnelles (cinq centres de formation professionnelles) couplées à des instruments gérés par l'État, telles que la Ligne PME-PMI initialement sous la férule de la SGMB et aujourd'hui ouverte à toutes les banques avec un taux d'intérêt de 5%. Il y a aussi d'autres interventions, notamment sur des prêts à LT (OCP-Emaphos), sur le Parc Éolien Al Koudia, sur Managem, sur des prêts directs (Club Med de Marrakech), et des participations dans du capital-risque (Moussahama, Capital Invest, Maroc Invest, UpLines Technologies...). "Ce qui surprend c'est que seulement 6% du potentiel du fonds de garantie en faveur du Maroc a été débloqué. Il existe donc une offre importante qui est sous-utilisée à cause de la rareté des projets", a-t-il ajouté. Devant un tel état de fait, des réflexions sont menées pour à la fois augmenter la qualité de la garantie, dynamiser la consommation de ces disponibilités, mettre en place un compartiment du Fonds français pour financer la Très Petite Entreprise(TPE) (moins de 10 personnes)...
Ensuite MM. Guyen, Chef Adjoint du Projet Paigam (Fonds de garantie Meda I), Boujandar, Directeur Adjoint de Dar Ad Damane, Glileh, Chef de Service de la Prévention des risques de la CCG, Rafi , Directeur Général de Moussahama (Capital-risque), ont énuméré tour à tour les nombreux et différents accompagnements de financements à la disposition des opérateurs.  
En France, plus de 90% des crédits de financement sont "Sofarisés" (de la SOFARIS, l'équivalent français de la CCG et de Dar Damane) mais au Maroc on en est qu'à 5% à peine, a noté M. La Cognata. Il a toutefois souligné qu'il a fallu certes 10 ans avant que cela prenne, là-bas. Avec la dynamique enclenchée ici, il y a de quoi être tout de même optimiste.

Daouda MBaye

 

Ils ont dit

M. Mohamed Azziz, Vice-Président de l'association des Fabricants à la FENELEC: "Les banques doivent constituer des relais pour la diffusion de l'utilisation des fonds de garantie, dans la mesure où elles constituent un passage obligé. Elles ont un rôle important à jouer. Mais vu que ces moyens de financement ne leur garantissent pas une marge suffisante, elles ne sont pas très partantes pour encourager ce type de dossier. Au niveau des pouvoirs publics et des fonds de garantie, il faudrait réfléchir à la façon dont on pourrait les  intéresser davantage. Dans l'avenir, je suis très optimiste. Il n'y a pas de raisons qu'un tel système, qui a marché ailleurs, en Égypte, ou en Tunisie, ne marche pas ici au Maroc. Il faudra un peu de temps avant que cela prenne, mais avec la pression des entreprises et la bonne volonté des autres intervenants, ces instruments seront plus utilisés.

M. Philippe La Cognata, chef de projet Fonds de garantie français (Agence Française de développement - Proparco) en faveur du Maroc: "Il y a effectivement des efforts à faire en matière de communication plus large, en organisant des séminaires de ce type par la FENELEC. C'est l'exemple à suivre sur les efforts de communication devant être faits sur la présentation de ces instruments de financements.
Progressivement et en les intensifiant on peut arriver à des résultats probants. Il faut noter que des exposés ont déjà été faits à la Chambre Française de Commerce et d'Industrie de Casablanca (CFCIM), et à la Chambre Française de Commerce de Tanger. Il existe un réel déficit sur ce plan de la communication, mais avec des campagnes régionales, on pourrait remédier à cela. Quant à l'avenir, je suis optimiste. Il y a certes des évolutions à faire, mais la garantie prend progressivement. Il faut juste habituer les banques à l'utiliser en minorant leurs risques. Aussi, il faut faire en sorte que les entreprises en demandent et que systématiquement dans les dossiers d'investissement à moyen et long terme des garanties externes soient prévues pour compléter les schémas de garantie existants, ou pour diminuer les garanties qui sont demandées par les établissements de crédit, notamment les cautions personnelles, les hypothèques sur des bâtiments...

M. Glileh, Chef de Service de la Prévention des risques à la Caisse Centrale de Garantie (CCG): "La communication coûte chère, mais malgré tout nous n'arrêtons pas de sensibiliser les opérateurs. Un séminaire est d'ailleurs organisé en même temps que celui-ci à Tanger sur l'intervention de la CCG sur les instruments de soutien. D'autres ont été animés à Marrakech (le 27 avril), à Agadir, etc. Donc la communication existe bel et bien.  Cependant il faudrait insister davantage sur ce volet. Nous nous appuyons sur les banques qui disposent d'un réseau d'agences qui couvrent tout le pays. Notre formule d'accès direct doit être perçu comme une ouverture de nos portes plus qu'autre chose.

M. Mohamed Azz-El Arab Debbarh, Chef de Projet Qualité et Certification à la FENELEC: "Nous avons organisé ce séminaire en parfaite collaboration avec le Programme d'Appui et d'Assistance aux Associations Professionnelles (PAAP). Il a pour objectif essentiel de sensibiliser les opérateurs économiques quant à ces deux modes de financement, dans la mesure où ils ne sont pas encore totalement entrés dans les mœurs. Nous tentons donc par une telle rencontre d'amener la majorité de PME-PMI à s'y mettre et à en bénéficier afin de pouvoir du coup surmonter le handicap du financement.



 

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