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Dette supplantée par les IED en 2002, selon la Banque Mondiale Sources de financement des pays en développement

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La tendance, qui était basée jusqu’à présent sur le financement des pays en développement par l’endettement privé, est-elle en cours d’être renversée ? Tout porte à le croire, suivant le dernier rapport de la Banque Mondiale rendu public au début du mois d’avril 2003. En effet, il ressort de ce document que les investissements directs étrangers (IDE) nets, qui sont passés de 179 milliards de $ en 1999 à 143 milliards de $ en 2002, demeurent la principale source de financement extérieur pour les pays en développement. Les flux de portefeuilles nets étaient de 9 milliards de $, soit  un flux total d’actions (IDE et portefeuille) de plus de 152 milliards de $. Ensuite, les transferts de fonds des travailleurs émigrés, qui ont atteint 80 milliards de $, soit une hausse de 20 milliards de $, par rapport à 1998, ont constitué l’autre pilier. Durant presque toute la décennie des années 1990, les envois des travailleurs émigrés ont dépassé le montant de l’aide publique au développement, note-t-on dans ce document. Ainsi, ces deux sources de financement des pays en développement sont arrivées loin devant la dette ou les emprunts privés. La résultante a été pour ces pays un net déficit des flux de la dette privée, car le remboursement de la dette privée a été, une fois de plus, supérieur à celui des nouveaux emprunts. Ce qui est rassurant, c’est que ces deux types de capitaux sont plus stables que l’emprunt et sont anticycliques. Et tout semble indiquer que le cycle actuel de crédit a atteint son plus bas niveau au troisième trimestre 2002 et que la reprise sera sûrement hésitante.

Instaurer un climat favorable à l’investissement

Ce revirement a d’importantes conséquences pour les pays en développement: l’emballement puis l’effondrement des prêts privés, et la faible volatilité de l’IDE. Chronologiquement, d’aucuns ont remarqué que ces phases correspondaient d’abord à la série de crises financières, en 1997-98 en Asie du Sud-Est, puis à celles plus récentes en Amérique Latine, et ensuite à l’émergence d’un environnement plus stable dans les pays en développement. «Le financement de la dette des pays en développement a diminué considérablement et ne reprendra pas de sitôt (...) Les perspectives d’avenir permettent d’espérer, non sans prudence, que les flux de capitaux vers les pays en développement, seront moins volatiles que par le passé. Ce qui favorisera la croissance et profitera aux pauvres», a noté M. Philip Suttle, l’auteur principal de ce rapport.
Le fait que les pays en développement comptent davantage sur les IDE est perçu, par les auteurs du rapport, comme positif. Ceux-ci soutiennent que les investisseurs étrangers ont tendance à s’engager sur le long terme et semblent plus disposés à tolérer une adversité sur le court terme, contrairement aux détenteurs de créances. Pour renforcer cette tendance, dont la durabilité n’est pas définitive, il est nécessaire d’asseoir un climat favorable à l’investissement. En témoigne cette condition relevée dans le rapport signifiant que si les IDE sont moins volatiles que la dette, leur stabilité n’est jamais garantie puisqu’ils exigent un climat d’investissement sain, exempt de toutes lenteurs administratives et de corruption. Ce qui l’est également pour l’utilisation des fonds envoyés par les travailleurs émigrés. Des efforts ont été faits, et expliquent les changements notés. M. Nicholas Stern, l’Économiste en Chef et Premier Vice-Président de la Banque Mondiale, avance à ce titre que «le passage du passif à l’actif souligne l’importance des efforts déployés par les pays en développement pour mettre en place un tel climat». Illustrant ses propos, M. Stern a encore soutenu que «90% de l’investissement dans les pays en développement proviennent de sources domestiques. Or, les investisseurs étrangers comme nationaux ont besoin d’un climat d’investissement positif. Les uns et les autres recherchent des conditions macro-économiques stables, l’accès aux marchés mondiaux, des infrastructures fiables et une bonne gouvernance, y compris la lutte contre le harcèlement bureaucratique et la corruption». A défaut de cela, les capitaux seraient utilisés pour satisfaire des besoins ponctuels. C’est dire donc comment un climat favorable à l’investissement est crucial pour l’utilisation de tous types de capitaux.

Moins d’austérité en 2003

Relativement aux prévisions, la BM souligne que rien ne permet de prévoir que les flux nets de la dette, à destination des pays en développement, enregistreront une hausse en 2003. Quant à la croissance à court terme, on mentionne qu’elle continuera de dépendre fortement des perspectives économiques des pays riches, qui seront à leur tour influencées par les facteurs géopolitiques. De l’avis de M. Uri Dadush, le Directeur du Groupe de Perspectives du Développement, à très court terme (dans les 6 à 8 mois à venir), beaucoup dépendra de facteurs sur lesquels les dirigeants des pays en développement n’ont aucun pouvoir. Toutefois, poursuit-il, dans le moyen terme, les améliorations que les pays en développement introduiront dans leurs politiques et leur climat d’investissement serviront de levier à une croissance et à une réduction plus rapide de la pauvreté. Il va sans dire que quelques perturbations émanant du conflit militaire en Irak ont été envisagées, mais aucune dislocation grave et durable n’est à prévoir. A l’appui de ces hypothèses, la croissance des pays à PIB élevé devrait passer de 1,4% en 2002 à 1,9% en 2003, pour atteindre un taux de court terme de l’ordre de 2,9% en 2004 avant de fléchir à 2,6% en 2005.  Au niveau des pays en développement, la croissance a été de 3,1% en 2002, soit une faible hausse de 0,3 point par rapport aux résultats de 2001. Elle a été contrariée par une reprise timide dans les pays riches et par les incertitudes financières et politiques dans plusieurs grands marchés émergents. On note par ailleurs que les échanges commerciaux mondiaux ont enregistré une croissance médiocre de 3%, tandis que les prix des produits hors hydrocarbures ont augmenté de 5,1%.
Enfin, la BM conclut que les perspectives des conditions financières des pays en développement seront moins austères en 2003, par rapport aux années 2001 et 2002, en cas de règlement rapide du conflit en Irak. Sous cette hypothèse, le Rapport de la BM table aussi sur des flux d’IDE qui vont légèrement reprendre et des flux nets de sources privées  modestement positifs.

M. K.



 

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