On est peut-être loin de l’époque où l’on avançait que quand le bâtiment va, tout va! Le BTP s’est favorablement comporté, profitant de l’exécution de grands projets d’infrastructures de base et d’habitat social, pourtant l’économie nationale a évolué, au cours du 1er semestre 2005, ignorant cela, mais a été surtout marquée par une flambée des prix du pétrole, un fléchissement de la production agricole et un creusement sensible du déficit commercial, soulignent les analystes du HCP dans une note datée du 14 novembre 2005. Ces derniers produisent, d’ailleurs, un round up assez exhaustif de l’économie nationale que nous paraphrasons.
La valeur ajoutée agricole a enregistré une baisse d’environ 15,8%, en comparaison avec la même période de l’année précédente, attribuable à une chute de la production végétale, notamment celle des céréales et des légumineuses. Néanmoins, les autres activités marchandes ont affiché une croissance de 4,9%, au cours de la même période. A l’origine, de cette évolution, on relève une bonne orientation de la plupart des secteurs productifs, à l’exception de l’industrie manufacturière qui a, quelque peu, pâti de la contraction des activités du textile et de la quasi-stagnation de l’agroalimentaire. C’est ainsi que la production minière a été soutenue par des activités phosphatières et un bon comportement des minerais métalliques, avec l’affermissement de la demande étrangère et l’embellie des cours sur les marchés internationaux. L’amélioration du secteur énergétique a bénéficié d’une accélération du rythme de croissance des activités de raffinage et d’un renforcement des capacités de production électrique. La branche transport et communication a été stimulée par le raffermissement des trafics aérien et ferroviaire, et par la croissance marquée des télécommunications.
De bons points, mais...
L’évolution favorable des activités marchandes hors agriculture s’est accompagnée d’une amélioration de la demande intérieure, favorisée par une hausse modérée des prix de détail. Au cours des 9 premiers mois de l’année, l’indice du coût de la vie n’a crû que de 0,8%, en glissement annuel, contre 1,9% une année auparavant.
La consommation publique a été dopée par l’augmentation des dépenses de fonctionnement, celle des ménages résidant a pâti d’un fléchissement de l’offre primaire et d’un repli des revenus en milieu rural. Par contre, la demande des non résidents a été renforcée par le bon comportement des entrées touristiques.
Les échanges extérieurs ont été marqués, au cours des 9 premiers mois de l’année 2005, par le creusement du déficit commercial et le recul du taux de couverture, qui a atteint 6,3 points.
Les importations ont augmenté, en valeur de 12,9%, en variation annuelle, pâtissant en particulier, du renchérissement de la facture pétrolière de 6,3%. Dans le même temps, les exportations semblent s’essouffler, grimpant à peine de 0,1%. Les causes proviennent principalement d’un fléchissement des ventes de produits de la confection et de la bonneterie. Ce sont, les expéditions de phosphates et dérivés, soutenues par une demande externe plus forte, qui ont permis d’en éviter une plus grande dégradation.
Le marché du travail s’est caractérisé, au cours du troisième trimestre 2005, par une légère hausse du taux de chômage, atteignant ainsi 10,9%. Les créations nettes d’emploi n’ont pas dépassé, au niveau national, 36.000 postes.
Sur le plan des finances publiques, le budget de l’Etat a dégagé un excédent de 7,3 milliards de Dh, au terme des sept premiers mois de l’année. Les recettes se sont améliorées de 21,6%, tandis que les charges globales n’ont augmenté que de 8,7%, en glissement annuel. Cette situation demeure toutefois provisoire du moment que le budget reste soumis à deux contraintes majeures, à savoir la hausse persistante des cours du pétrole et les charges supplémentaires de l’opération «départ volontaire à la retraite».
La capitalisation du marché en hausse
Concernant le financement de l’économie, l’offre de monnaie a affiché, au deuxième trimestre, une progression soutenue des moyens de paiements. La masse monétaire s’est accrue de 12% en variation annuelle, suite à un rebond des concours à l’économie de 12,5%. La vigueur de cette hausse a été accompagnée d’une légère reprise des taux interbancaires et d’une baisse des taux des adjudications des bons du Trésor, notamment ceux à court et moyen termes. Le cours du Dirham s’est déprécié, en un trimestre de 6% par rapport au dollar et s’est apprécié de 1,4% vis-à-vis de l’Euro.
Pour sa part, la Bourse des Valeurs de Casablanca a affiché une performance de 13% à fin septembre 2005. La capitalisation du marché a réalisé une hausse de même ampleur, s’inscrivant à un niveau de 234,8 milliards de Dh, soit 52,9% du PIB. Le volume des transactions s’est sensiblement accru, suite à un début de retour des capitaux étrangers sur le marché boursier national.
La mise à jour des estimations des agrégats du PIB, à prix constants, pour 2005, conclut au maintien de la prévision antérieure d’un taux de croissance de 1,2%, précédemment avancé. L’investissement global poursuivrait son dynamisme, soutenu par la poursuite des programmes de l’habitat, l’extension et la modernisation des infrastructures de base et le lancement des programmes inscrits dans le cadre de l’Initiative National pour le Développement Humain (INDH). La construction de logements continuerait à être favorisée par les facilités de crédits accordés au secteur immobilier et par la détente qui caractérise les taux d’intérêt pratiqués par le système bancaire. Globalement, la croissance annuelle de la Formation Brute du Capital Fixe (FBCF) pourrait, en valeur, s’établir à 7,2%, et la consommation finale intérieure évoluerait d’environ 5,4%.