Sceptique au début au sujet du projet Logan au Maroc? Le patron de Renault dit non. Néanmoins, pour lui, tant qu’un projet n’est pas encore sur le terrain et qu’il n’a pas reçu le feed-back des clients, le scepticisme serait permis. Après tout ce qu’il a pu entendre ou lire sur ce projet, sa curiosité de visiter l’usine d’assemblage et de montage de la Somaca a été vive. Au Maroc, l’homme qui a redonné vie à Nissan n’a pas caché sa satisfaction. «Je suis satisfait. Le portefeuille de Logan est bien rempli. Mais un patron ne vous affichera jamais sa satisfaction. Autrement, il passera son tablier à quelqu’un d’autre», a-t-il dit avec humour en présence d’un panel de professionnels de l’automobile. Au Maroc ou ailleurs, M.Carlos Ghosn a cette ambition de voir la Logan de Renault grignoter des parts de marché. Au Maroc, il veut faire de la Somaca une plate-forme industrielle régionale dans la production et l’assemblage de la Logan. Autrement dit, une plate-forme à l’exportation vers des pays comme l’Egypte, le Soudan, la Libye et vers bien d’autres pays arabes. Là, une première tentative orientée vers l’Egypte n’a pas, semble-t-il, donné ses fruits. Dans tous les cas, les pourparlers avec les responsables marocains et égyptiens se poursuivent, a-t-il affirmé. Pour ce qui est de l’exportation de la Logan vers l’Europe à partir du Maroc, Ghosn est sans équivoque: « l’exportation vers l’Europe est possible, mais elle n’est pas garantie». En bon pédagogue, il estime qu’il faut développer l’export sur un marché où le Maroc est représentatif. Pour cette raison, dit-il, la vision du Groupe qu’il dirige est axée dans un premier lieu sur le monde arabe. « Le Maroc est dans une position privilégiée pour vendre la Logan dans les marchés des pays arabes». Chose qui nécessitera sans aucun doute d’importants investissements à la Somaca et que Ghosn a promis d’assurer le moment venu.
H.Z.