Veolia Water étend ses activités à la formation. C’est dans ce cadre que la convention de partenariat signée le 26 septembre à Rabat, entre le Campus Veolia Environnement Maroc et trois Universités Marocaines: Cadi Ayyad-Marrakech, Abdelmalek Essaâdi-Tanger/Tétouan, Hassan Il-Mohammedia, sous la présidence de M. Habib El Malki, ministre de l‘Education Nationale. Objectif de la convention: la création de la Licence Professionnelle “ Gestion de l’Assainissement en Milieu Urbain ”. Ainsi, à partir de cette rentrée, ces trois Universités étoffent leur offre de formation en lançant la licence “ Gestion de l’Assainissement en Milieu Urbain ”. Proposée en partenariat avec le Campus Veolia Environnement Maroc, cette licence a pour vocation de former des professionnels des métiers de l’environnement. Accessible aux titulaires d’un DEUG scientifique, technique, ou d’un diplôme équivalent, ce cursus de deux semestres formera des spécialistes des systèmes d’assainissement, d’épuration des eaux usées et de gestion des déchets. S’appuyant à la fois sur des connaissances techniques, scientifiques, juridiques et managériales, cette licence permettra aux lauréats d’être opérationnels sur les problématiques essentielles de l’environnement urbain. Les trois Universités, qui appartiennent au Pôle de Compétences Eau et Environnement PC2E, ont toujours été conscientes de la nécessité de proposer des formations pointues aux métiers de l’environnement. Leur partenariat avec l’Université de Limoges, qui justifie d’une longue expérience dans ce domaine, va aussi dans ce sens. En nouant ce partenariat avec le Campus Veolia Environnement Maroc, les Universités Cadi Ayyad, Abdelmalek Essaâdi et Hassan Il s’appuient aujourd’hui sur le savoir-faire d’un leader du secteur. Structure spécialement dédiée à la formation des collaborateurs du Veolia Water Maroc, le Campus Veolia Environnement Maroc met ses infrastructures (plateaux d’entraînement en assainissement, salles plénières, ses ateliers) à la disposition des étudiants. Les experts du Groupe Veolia Water Maroc ont participé à l’élaboration du programme et interviendront tout au long du cursus de la formation pour la licence. Des possibilités de recrutement seront par ailleurs offertes aux lauréats au sein des filiales du Groupe en fonction des besoins, notamment REDAL, AMENDIS et ONYX Maroc. Il s’agit là d’un bel exemple de partenariat entre entreprise et université, réunies autour d’un même objectif: former de vrais professionnels de l’environnement.
Trois questions à Mme Houria TAZI SADEQ, Présidente de l’Alliance Maghreb Machrek pour l’eau
La Nouvelle tribune : Qu’en est-il de la problématique aujourd’hui de l’eau dans les pays du Maghreb et du Machrek ?
Mme Houria TAZI SADEQ : La région Maghreb -Machrek regroupe tous les problèmes de l’eau. C’est un microcosme représentatif des problèmes liés à l’eau et à l’assainissement. Nous avons des régions où il y a le plus grand taux de rareté de l’eau notamment en Tunisie et dans des pays du Machrek, en Mauritanie ainsi que dans le sud du Maroc. Également, nous sommes confrontés dans ces régions à l’inégalité de la présence de l’eau. Tout comme à l’intérieur de ces pays, il existe des inégalités en matière de l’eau. C’est le cas du Maroc où l’essentiel de l’eau se retrouve dans le Gharb. L’autre aspect du problème est que la qualité de l’eau constitue le parent pauvre des politiques mises en place. Dans ces mêmes régions, il y a également le problème du partage de l’eau dont le plus connu se situe autour du Jourdain entre Israël et les pays arabes. Idem pour ce qui est de l’amont et l’aval comme la Turquie qui a son projet de grand barrage. C’est ce qui fait dire que la région du Maghreb et du Machrek représente tous les problèmes liés à l’eau notamment la population qui n’est pas prise comme une dimension intégrée par les autorités pour ce qui est de ce problème. Toutefois, les choses commencent à bouger puisque nous sommes entrés dans une phase de mutation où le problème de l’eau est pris réellement en considération avec des changements dans les politiques et dans les stratégies. Aujourd’hui, on est en train d’intégrer, dans l’ensemble de ces pays, les paradigmes par rapport à l’eau et où l’on prend en considération l’accès et la généralisation de l’eau, la qualité de l’eau mais aussi avec un nouveau mode de gouvernance en y introduisant la notion de participation. Certes, beaucoup de choses restent à faire mais je pense que le processus est enclenché avec la volonté politique pour l’accompagner.
Dans quelle mesure doit-on parler de la gratuité de l’eau dans le milieu rural par rapport au milieu urbain ?
Certes, on parle de gratuité mais on ne définit pas à quel stade ou à quel niveau de la chaîne l’eau pourrait être gratuite et pour qui. En fait, la communauté internationale a mentionné dans la déclaration de Dublin que l’eau est un bien économique et que par conséquent tout bien économique a un coût. A partir de là, il faut se poser la question de savoir qui peut payer ? Mais nous sommes tous d’accord que tous les citoyens ont doit à l’eau et que nous savons aussi qu’une grande frange de la population n’est pas en mesure de payer la facture de l’eau parce que cette facture est accompagnée par d’autres. La réflexion aujourd’hui est de savoir qui prendra en charge cette frange et comment le faire pour que ces populations soient soulagées à ce propos. À ce niveau, nous n’avons pas encore de solution officielle. Au Maroc, on parle de solidarité et de péréquation, il y a également une taxe de solidarité nationale pour l’eau. On continue de généraliser l’eau dans le milieu rural. Dans ce sens, une réflexion est engagée par l’ONEP sur les modalités de facturation dans le milieu rural. Je pense que nous sommes en train d’avancer.
Partant de ce constat, comment le Maroc se situe-t-il pour ce qui est de la gestion de cette denrée ?
Je pense que par rapport à il y a dix ans, nous sommes passés d’une politique de maîtrise, c’est à dire la construction du barrage, à une politique de consolidation de ces acquis mais qui, en même temps, pose la problématique de l’eau qui, selon une nouvelle approche, a été officiellement consacrée par le discours de Sa Majesté à la Session du Conseil Supérieur de l’Eau et du Climat, tenue à Agadir en 2001 et où on est passé à la question de la gestion des demandes. Une gestion qui implique la connaissance des demandes, l’établissement des priorités et la participation des populations. Il a été également introduit l’approche intégrée, c’est à dire que l’eau devient un élément structurant du développement et de l’aménagement du territoire. Aujourd’hui, nous sommes en train de décliner ces orientations en actions concrètes. Ce qui fait qu’il y a des politiques liées à l’économie de l’eau. Également, notre organisation est en train de lancer au Maroc un programme d’assainissement et de généralisation de l’accès à l’eau potable dans le milieu rural sans oublier les bidonvilles. Dans cette dynamique, il y a eu des restructurations institutionnelles. Cependant, pour ce qui est de la protection de l’écosystème dans le milieu aquatique ainsi que la collecte et la circulation de l’information, tout comme l’éducation de la population, il y a des efforts qui restent encore à faire.
Propos recueillis
par Mamady Sidibé