Les industriels de la conserve de poisson, qui revendiquent un outil de production parmi les plus performants du monde, dénoncent avec vigueur les incohérences dans la gestion des ressources halieutiques. Ce secteur, qui emploie près de 100.000 personnes et contribue à hauteur de 1% du PNB national (3 milliards de Dh de chiffre d’affaires dont 80% à l’export), n’a pas accès direct à la ressource, qui est exportée à l’état brut. Ne sollicitant aucune subvention, les industriels, par la voix de M. El Jamali, membre du Bureau de l’UNICOP, plaident pour la mise en place d’une politique intelligente afin de valoriser la ressource pélagique.
Pour répondre à la question, nous vous proposons de vous faire part de la réflexion menée par notre industrie. La maîtrise et la régulation des approvisionnements et l’acquisition d’une flotte dotée de systèmes RSW, permettant de cibler les prises et des traitements en phase avec les standards internationaux, résument en gros leurs exigences. En d’autres termes, ils aspirent à optimiser l’exploitation, à un environnement favorable à la compétitivité.
La réglementation du marché local n’est pas occultée. En effet, les opérateurs soutiennent que: «Nous partons du principe que nous ne pourrions être performants à l’exportation que si nous pouvons nous appuyer sur un marché domestique, à consommation régulière, qui assurerait à notre industrie des bases solides pour être bien armée à l’exportation et donc être compétitif et agressif».
Valoriser la matière première
Affichant une parfaite maîtrise de leur domaine, ces industriels qui valorisent la matière première en faisant du congelé, des conserves, de la farine et des huiles de poisson, ont initié une étude de positionnement stratégique. Cette étude a été financée grâce au Fonds européen MEDA II dans le cadre du programme d’assistance aux associations professionnelles PAAP géré par la CGEM. Il en est ressorti la détermination de trois principaux concurrents potentiels, que sont la Thaïlande, le Chili et le Pérou, en termes de disponibilité en «poissons pélagiques», et pas nécessairement dans l’immédiat, en fabricants-exportateurs de conserves de sardines. Les voies et moyens de leur damer le pion consistent à disposer régulièrement de capacités supplémentaires en approvisionnement en matières premières. Cela doit se traduire par une maîtrise, par l’industrie, de son approvisionnement, même partiel, en poisson de qualité organoleptique et toxicologique répondant aux normes internationales, notamment sanitaires, permettant l’accès à ces marchés. Le rendez-vous de ce jour, jeudi 20 octobre, avec le ministre de tutelle, permettra certainement d’avancer sur ce dossier du poisson pélagique.
D. MB.