Ils étaient environ 350 personnes à avoir répondu à l’appel d’un collectif en charge de l’organisation et (AMDH, Attac Maroc, …) et du bon déroulement de la manifestation qui se voulait populaire, particulièrement marquée par une présence policière importante. En effet, un cordon de sécurité discret (mais efficace) avait pris ses quartiers, place Mohammed V, bien avant la venue des organisateurs. Autorisés à manifester, les participants n’ont ménagé ni leur cordes vocales ni leur enthousiasme durant qui leur a été imparti (de 21 heures à 23 heures). «Si nous sommes réunis aujourd’hui, c’est pour dénoncer une hausse des prix injuste et inéquitable, ainsi que pour interpeller l’Etat, le gouvernement et toutes les autorités compétentes en la matière, pour mettre un coup d’arrêt à cette flambée des prix. Le citoyen souffre en silence, cela ne peut pas durer» indique Youssef Mezzi, d’Attac Maroc.
Au rayon des absents, les acteurs politiques (seuls des militants du PSU ont daigné être présents). Dans les rangs des contestataires, de nombreuses voix s’élevaient. «Ils doivent être trop occupés par la distribution des portefeuilles ministériels et autres récompenses, pour être à nos côtés». «Arrête de rêver ! Les élections sont passées et ils se moquent éperdument de ce qui peut être exprimé ici et là dans la rue. Pour l’heure, ils s’attachent à verrouiller pour les cinq années à venir. Pour le reste, point de salut», lance Hicham, 34 ans, sans emploi fixe.
Une position largement partagée par la masse de personnes qui déclaraient «la guerre à la vie chère». «Il est hors de question de lâcher prise. Nous maintiendrons la pression tant que cela sera nécessaire. Notre combat pour le respect des droits humains, sociaux et économiques est sans faille et sans limite. Il est hors de question de se satisfaire d’une légère baisse du prix de la baguette de pain. Tous les produits de consommation de base ont augmenté sensiblement, atteignant parfois jusqu’à 35% d’augmentation. C’est inadmissible !» déclare sagement Mohand Abounasr, coordinateur du front contre la vie chère.
Outre la hausse des prix à la consommation, des pancartes et des slogans hostiles à la Lydec, prestataire délégué pour la ville de Casablanca pour la distribution d’électricité et d’eau dans la capitale économique, se faisaient voir et entendre. «Là aussi, c’est un véritable coup de poignard. Les Casablancais n’ont été ni consultés ni conviés à la démarche entreprise par une poignée d’élus locaux quant à la gestion délégué de services aussi importants et vitaux que l’eau et l’électricité. Chaque mois, c’est la même rengaine avec une facture d’un montant qui ne correspond pas à notre niveau de vie», peste Mustapha, 46 ans et père de quatre enfants. Les fournitures scolaires, l’accès aux soins ou encore le montant des inscriptions aux établissements scolaires figuraient également aux rayons des revendications. Seront-ils entendus ? «Nous ne souhaitons pas être entendus par les membres du prochain gouvernement. D’une part, ils ne disposent que d’une faible marge de man?uvre en la matière et d’autre part, peut-on parler d’un gouvernement nommé sur la base d’un taux d’abstention record, d’un nombre vertigineux de bulletins déclarés nuls ? Quel sera sa légitimité ? Outre cet aspect, où plutôt cette réalité politique, nous ambitionnons d’être entendus par ceux qui dirigent véritablement le pays. On les connaît aujourd’hui, le peuple les a identifiés. A eux d’agir, de réagir, afin de pouvoir améliorer le quotidien du plus grand nombre» précise Hassan Samadi.
Rachid Hallaouy