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Asmex, CMPE et MAE : La synergie gagnante

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Les exportations marocaines suivent, depuis quelque temps, un trend baissier que l’agression commerciale chinoise n’a fait qu’acccentuer, lui grapillant des parts importantes sur son plus important marché, l’Union Européenne. Pourtant, aujourd’hui, les européens sont en train de revenir en force sur le Maroc, proximité oblige. C’est donc, à juste titre, que la 2ème Table Ronde sur la Promotion Economique du Maroc à l’étranger, qui s’est tenue le 6 septembre 2005 à Casablanca, sous le thème de «l’Approche Géoéconomique de la Promotion du Maroc à l’Etranger», a été organisée pour donner un coup de fouet aux exportations. Tout le monde est unanime sur le fait que le Royaume ne manque pas d’atouts. Dans le cadre d’une telle rencontre, des stratégies, en matière de promotion commerciale, d’investissements et de tourisme et services, sont ficelées, à travers les différents éléments et ébauches proposés et débattus par les participants, au cours de la journée, pour amener le niveau des ventes marocaines à des strates beaucoup plus acceptables. Cela ne se fera pas tout seul. Comme l’a si bien indiqué M. Abdellatif Bel Madani, Président de l’ASMEX, il faudra d’abord considérer davantage, le facteur temps, car le pays ne peut se permettre d’attendre. Dans le commerce mondial actuel globalisé, on ne peut plus se permettre des écarts de temps. Il a notamment déploré que le Maroc ait signé des ALE bien avant ses concurrents, alors qu’ils ne sont toujours pas ratifiés, que la loi portuaire ne soit pas encore votée, que le rapport Mc Kinsey ne soit pas encore concrétisé. De son avis, il est important de revoir l’ensemble du dispositif de la promotion commerciale, d’autant plus que les pays à niveau de développement similaire sont en avance sur le Maroc.
Lui succédant, M. Mustapha Mechahouri, Ministre du Commerce Extérieur a plutôt opté pour une adaptation de la politique nationale de promotion économique du Maroc à l’étranger. Sachant que le temps de la protection est dépassé et que le commerce extérieur reste tributaire de facteurs structurels, du démantèlement de l’AMF et d’une conjoncture difficile, avec des cours du pétrole brut qui ne cessent de grimper. Avant de souhaiter un plein succès aux travaux, le ministre a émis l’espoir que les recommandations de cette Table Ronde permettent d’accompagner les politiques mises en œuvre. Il a aussi appelé à la convergence des efforts, et à l’implication de tous les décideurs pour promouvoir économiquement le Maroc à l’étranger. Sous cette conjoncture actuelle, ajoutera-t-il, c’est un souci majeur. Pour la réussir, M. le Ministre du Commerce Extérieur a averti, qu’il ne faut pas que cette promotion soit issue seulement d’une ou de quelques mesures isolées, mais elle doit être le produit d’une politique économique globale. Rappelant la mission de son Département qui mène une action transversale pour réussir la politique économique internationale du pays, il a plaidé pour l’accélération des réformes, la diversification des produits exportés et la conquête de nouveaux marchés. Relativement à la réalisation de ces objectifs, M. Mechahouri a indiqué qu’une réflexion entre son ministère, d’autres institutions et le Privé, est en train d’être menée. Loin d’occulter la diplomatie économique, il a rafraîchi les mémoires, signifiant que l’un des points forts de la Déclaration de politique générale du Gouvernement de SM le Roi, a été la diversification des débouchés.  Les quelques préoccupations du Ministère du Commerce Extérieur seraient dissipées si le parallèle entre l’Entreprise et l’Etat est réalisé, surtout en termes, respectivement de force commerciale performante, et de force de frappe, constituée de la véritable armada de Conseillers Economiques auprès des missions diplomatiques et consulaires du Maroc à l’étranger. Enfin, il a affirmé associer ces acteurs majeurs à toutes les démarches sur l’exportation, dans la mesure où l’échange d’informations sur les opportunités d’affaires, les actions de promotion, les pays de destination, et sur les desiderata en diversification de débouchés et les moyens et planning de production, peut aboutir à des résultats probants.
M. Omar Hilal, Secrétaire Général du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération (MAEC), est allé dans le même sens, soutenant que: «Si nous sommes ensemble aujourd’hui, c’est la preuve de l’existence d’un partenariat (Partenariat Public- Privé) qui s’affirme, qui se consolide et qui demande à se parfaire au fur et à mesure». S’adressant aux opérateurs privés, il leur a précisé que l’objectif est de les servir et de vendre la meilleure image du Maroc à l’étranger. Insistant sur le fait que le potentiel existe, tout comme le marketing politique et économique, il a appelé une coopération encore plus intense des exportateurs. L’une des raisons évoquées est que, même si la volonté politique ne fait aucun doute, vu que déjà différentes Recommandations Royales à l’occasion de la Fête de la Jeunesse en 2002, ou de la Journée de la Diplomatie en 2003, ont fait allusion à une diplomatie économique militante et agressive, il faut se résoudre à retenir que l’Ambassade et son Conseiller Economique ne peuvent tout faire. D’ailleurs, pour M. Hilal, cette journée a été l’occasion d’avoir un dialogue franc, mais aussi d’avoir le feed-back devant aider les CE. La récente signature de partenariat avec l’Université Al Akhawayn pour une formation plus pointue des CE et la réunion du 5 septembre au MAEC permettront d’être meilleurs, de décloisonner leur travail, de leur donner plus de latitude dans leurs relations avec les opérateurs. Selon le Secrétaire Général du MAEC les ALE, sorte de parapluies économiques (à renforcer), la synergie au quotidien qui existe entre les Départements du Commerce Extérieur et des Affaires Etrangères, et l’excellente image, en termes de modération, de courage et de responsabilité dont bénéficie le Maroc à l’étranger, rendront certainement plus aisées les ventes de produits marocains à l’étranger pour peu que les stratégies soient affinées.
En tout cas, les opérateurs par la voix du Patron des Patrons, M. Hassan Chami, compte utiliser cette carte.  Qu’il y ait un “ œil ” marocain qui puisse aider les opérateurs dans leurs démarches et qui soit plus réceptif à leurs préoccupations d’export ne peut être que salutaire, a affirmé le Président de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM). La CGEM les a déjà reçus et associés à des opérations (Délégation Belge), et leur envoie régulièrement son bulletin d’informations “CGEM Infos”, a-t-il souligné. Après avoir reconnu qu’il y a plus de réactivité et que le pays va de l’avant, M. Chami a déploré qu’il n’aille hélas pas assez vite. Il aimerait que les immobilismes au changement soient bousculés, afin de gagner du temps.
Le bilan de la 1ère table ronde et son évaluation, résumés en une plus grande réactivité et plus de disponibilité, ainsi que les éléments de stratégies, déclinés, en matières de promotion commerciale, d’investissements et de tourisme et services, et les ateliers par région géoéconomique (nous y reviendrons très prochainement), qui ont suivi, dans des débats passionnés et riches, ont permis de déterminer un canevas clair pour une promotion économique efficiente à l’étranger.

D. MB.  


Ils ont dit

M. Mustapha Mechahouri, Ministre du Commerce Extérieur: Il est vrai que le commerce extérieur du Maroc traverse une période très difficile. C’est un trend baissier qu’on a constaté, depuis à peu près, 4 à 5 ans. Depuis le démantèlement de l’AMF, nous avons perdu des parts de marché importantes avec l’UE, dans nos exportations textiles, la pêche traverse une mauvaise passe et nos importations sont grevées par une facture pétrolière de plus en plus salée. Cela nous amène à prendre aujourd’hui un certain nombre de mesures pour la promotion des exportations. Aujourd’hui, le Gouvernement, de concert avec l’ASMEX, le CMPE, et les opérateurs, est en train de mettre en place une stratégie de promotion des exportations. Cela nécessite des moyens financiers, car comparé aux pays qui lui sont concurrents, notamment la Tunisie, l’Egypte ou la Turquie, le Maroc n’est pas assez doté. Aussi, nous voulons une politique de proximité, par le biais des Conseillers Economiques, mais également par l’Internet qui permet un contact direct. Aussi bien le Ministère du Commerce Extérieur que celui des Affaires Etrangères, dans le cadre du Programme e-governement, sont dotés de portails. Aussi, les ambassades ont pratiquement tous leur site web où les opérateurs peuvent les joindre. L’information existe, il faut la partager et la faire circuler dans les deux sens.
Pour aider les opérateurs à trouver des débouchés pour leurs produits, nous les accompagnons par la participation à des foires générales ou spécialisées ...nous leur offrons, sans distinction aucune, des opportunités et une plateforme de contacts prise en charge financièrement. Ceux qui ont de bonnes politiques de marketing, vu que nous ne sommes pas les seuls sur le marché, sont bien entendu prioritaires. L’atout majeur est d’avoir le meilleur rapport qualité-prix.

M. Hassan Chami, Président de la CGEM: La promotion économique à l’étranger est certes importante, mais à elle seule, ne suffit pas. Aujourd’hui, cette action représente une pierre à cet édifice que nous sommes tous en train de bâtir, pour promouvoir le commerce extérieur marocain, à défaut de l’équilibrer. Nous attendons un train de réformes globales qui passe par la promotion, et qui arrive aux coûts de facteur, et à l’encouragement des investissements.

Propos recueillis par
Daouda MBaye



 

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