Au départ des programmes de résorptions des bidonvilles et de l'accélération de l'Habitat Bon Marché, le gap à combler se situait autour de 700.000 foyers. L'Etat, qui a pris le taureau par les cornes, a mis en place d'importants moyens, soutenu en cela par des bailleurs de fonds étrangers et des institutions internationales, pour atténuer le déficit en logements de ce type. Le département chargé de l'Habitat traduit en actions, depuis un peu plus d'un an, cette politique grâce aux opérations Villes Sans Bidonvilles (VSB). Les opérateurs privés prennent le relais, et s'impliquent autant que les décideurs publics. Les réalisations, bien que modestes, augurent d'une bonne tendance qui ne demande qu'à être accentuée.
Dans cet élan de masse, il ne manque pas d'entraves. Les plus déplorables ont trait à la falsification de documents pour bénéficier de crédits, pour spéculer... Certains Services du Contentieux, au sein d'institutions financières, sont littéralement débordés par des cas d'une ingéniosité qui dépassent la normale! Face à ces filous sans scrupules, des banquiers n'ont pas hésité à serrer les boulons. Du coup les ayants-droit se trouvent devant de réels parcours du combattant pour voir aboutir leurs dossiers. Apparemment, la ségrégation des tâches et l'authentification des documents ne suffisent pas. Devant l'envergure du déficit (on est encore loin d'être à mi-chemin), la recherche d'un juste milieu pour empêcher les fraudes et accélérer l'octroi aux réels nécessiteux, paraît urgente. Et si on exigeait des promoteurs immobiliers et des banquiers une certification ISO, et un respect scrupuleux des Normes Marocaines et Internationales, en termes de services et de produits? Les tracasseries s'en retrouveraient beaucoup amoindries, et l'élan de l'HBM plus énergique.
Daouda MBaye