L’investissement doit normalement constituer un moteur de croissance. Ce n’est, hélas, pas toujours le cas. Les exemples vécus dans les «dragons» de l’Extrême Orient, et en Amérique Latine, plus récemment, où la banqueroute a été généralisée, après que des fonds importants aient été retirés pour être placés ailleurs, sont édifiants. Il est vrai que les délocalisations sont alléchantes pour les pays en développement, même si elles créent des polémiques dans les pays du Nord. On peut toutefois se demander s’il ne faut pas être plus regardant, en dépit des besoins importants de capitaux, et distinguer l’investissement qui crée de la richesse, de l’emploi et vivifie le savoir-faire des masses, de celui qui est purement spéculatif. Généralement, ce dernier, aussi déguisé qu’il soit, met très souvent en avant une importante flexibilité sur la gestion du personnel, s’il n’en fait pas une exigence de premier ordre. Les observateurs remarquent aussi qu’il est très mobile pour ne pas dire alerte, et qu’il fait jouer exagérément la concurrence entre les pays bénéficiaires potentiels.
Heureusement qu’il se dégage une certaine cohérence suivie par les investissements extérieurs directs (IED). Ce qui est encore plus rassurant, c’est qu’on relève un certain nombre de déterminants qui orientent les investisseurs et les aident à décider. N’a-t-on pas assez rabâché que certains investisseurs sont prêts à payer une prime pour s’installer dans les États où la bonne gouvernance est bien établie ? La corruption et les dessous de table, quand ils sont monnaie courante, sont aussi pénalisants, au même titre, du reste, que le manque de visibilité.
En réalité, y-a-t-il une place à la polémique, se demandait un analyste? Il trouve que lorsque l’investissement permet de créer de la valeur ajoutée et d’ancrer au sein des pays bénéficiaires de réelles compétences, les bailleurs de fonds sont alors libres de se retirer.
Daouda MBaye