A contexte nouveau, nouvelle stratégie de développement. La Fondation ONA par le biais de son Centre d’Analyses Socio-Economiques (CASE), entend contribuer à l’élaboration d’un nouveau canevas de développement. Cet observatoire de l’environnement économique et aussi forum de compétences, comme l’a considéré M. Noureddine Hachami, chargé de Mission auprès du Président de la Fondation, au cours de l’introduction des débats, va permettre d’apporter des réponses à la multitude de challenges aussi bien endogènes qu’exogènes. A l’issue des exposés et discussions l’esquisse d’un plan d’actions servira de toile de fond pour saborder la crise et frayer les voies d’une croissance durable.
Le Président de séance, qui a remplacé M. Rachid Slimi empêché, a avancé que si très tôt, le choix du pays sur un projet de société a été clairement défini (multiculturel, pluraliste, musulman et tolérant), aujourd’hui quid de la réflexion stratégique et des paradigmes? Avec la subsistance d’un certain nombre de paradoxes, relatifs à la non implication de l’entrepreneur malgré l’option libérale adoptée très tôt et qui le place comme une pièce maîtresse de l’édifice, et l’importante pondération de l’économie matérielle du PIB national, à l’heure de la nouvelle économie, l’adoption de stratégie gagnante est plus que jamais à l’ordre du jour.
Partenariats et intelligence économique
Les trois grands axes, pour déterminer les nouvelles voies de la croissance, ont porté sur «l’entreprise marocaine et les exigences du nouveau contexte économique international», «la stratégie d’entreprise, entre paradigmes et nouveaux concepts», et «l’immatériel, un gisement de croissance pour le Maroc». Les animateurs tous titulaires d’un Doctorat en Sciences de Gestion, ont alternativement indiqué les solutions, pistes ou nouvelles voies stratégiques pour asseoir une croissance pérenne.
M. Mustapha El Baze, qui a ouvert les débats sur le premier axe, «l’entreprise marocaine et le nouvel environnement économique», a décliné les leviers de succès et débroussaillé quelques pistes de prospérité, après avoir rappelé l’évolution du cadre macro économique. Devant les grands défis à relever, notamment la compétition assortie de normes dans plusieurs sphères, l’accès aux capitaux, au savoir et à l’innovation, à l’information et à la connaissance et la détermination du rôle des ressources humaines, les leviers de succès sont à rechercher du côté de l’intelligence économique, en la capacité au changement et à la réactique, mais aussi aux alliances et partenariats, à l’innovation et à la qualité, mais aussi et surtout à une vision et un positionnement. De son avis les pistes de succès ou de prospérité se trouvent au niveau des secteurs touristique (Vision 2010), des NTIC (contrat-progrès), de l’artisanat (pas uniquement adossé au tourisme), des produits de la mer, du textile et habillement, ... et les alliances et partenariats dans le cadre d’ALE.
A sa suite, M. Anis Bouayad, traitant de «la stratégie d’entreprise, entre paradigmes et nouveaux concepts», a démontré avec des exemples concrets (Renault et Nissan, Dell, Compaq, Groupe Suez, Rapide Flor, Donnelly, ...) les succès de la stratégie des 3 portefeuilles (d’activité, de territorialité et d’alliance). Cet homme de terrain a précisé que la stratégie n’est plus synonyme de mesures disponibles mais de jeux d’alliance. A son sens, le plus important c’est d’accepter dès le départ un jeu d’altérité.
Enfin M. Ahmed Bounfour, qui s’est penché sur «l’immatériel, un gisement de croissance pour le Maroc», a mis l’accent sur la nécessaire exploration des voies de croissance basées sur l’intelligence, pour pondérer le PIB le plus d’immatériel.
Les recommandations, à publier, permettront de s’orienter sur les nouvelles stratégies issues de ce symposium.
D. MB.