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Croissance : Les pistes d’une relance durable selon Alternatives

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Quelle réponse apporter au débat économique de l’heure, reposant sur la relance de la croissance? Plutôt raisonnable et mesurée, mais certainement pas définitive, dira M. Benali, Président d’Alternatives au préambule du débat, organisé en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert, le 1er juillet à Casablanca.
Les différents intervenants à la tribune ont d’abord fait un constat de l’économie nationale, marquée par la fin des certitudes, avant de décliner les actions à entreprendre pour installer une croissance minimale de 6% du PIB sur une période de 15 ans. Les cinq actions majeures de M. Benamour ont alterné avec la conjonction de la gestion du temps et la bonne gouvernance de M. Chami, ou encore l’adaptation au changement de paradigme, qui exige de mettre l’Homme au centre du développement,  développé par M. Alami.
M. Abdeljalil Grefft Alami, Expert en économie sociale, est parti d’un certain nombre de réflexions personnelles pour élucider ses solutions à une relance pérenne de la croissance. Ainsi, il a d’abord soutenu qu’il faut partir des deux binômes «Croissance Economique et Développement Humain», et «Développement Economique et Développement Humain» pour situer le débat. C’est simple mais pas simpliste, ajoutera-t-il, car il s’agit de savoir, en d’autres termes, si la distribution des fruits de la croissance continue de générer le vieux débat entre efficacité économique et distribution.
Poursuivant son raisonnement, il a ensuite indiqué qu’il est nécessaire de considérer le paradigme centré sur la doctrine de développement et la politique économique. Si jusqu’à présent on pensait que la croissance économique à elle seule peut entraîner le développement humain, aujourd’hui on vit l’époque du changement de paradigme. De son point de vue, il est aujourd’hui indispensable de placer l’Homme au centre de l’activité économique, pour qu’il devienne son moteur et son but ultime.
Pour expliquer cette croissance, en-deçà des attentes, il s’est posé un certain nombre de questions, relatives notamment à la lenteur de réformes structurelles, au fait que le Privé ne joue pas son rôle, que l’Etat n’ait pas assez modernisé l’environnement des affaires, à l’amorce réelle de la Mise A Niveau du tissu économique ... En tout cas, l’expert n’a pas omis de mentionner que le cancer social qui ronge la société, et qui est au coeur de la croissance, n’est autre que le chômage des jeunes, qui couve des déficits sociaux.
Partant d’une étude récente, basée sur la comparaison des politiques économique et sociale du Maroc sur quatre périodes, il s’est avéré une absence de corrélation entre ces deux démarches. Les politiques sociales n’ont été que des accompagnateurs des politiques économiques, si ce n’est que vers le début des années 90. Pour cette raison, M. Alami croit dur comme fer qu’aujourd’hui, il s’agit de savoir comment passer d’une conception d’accompagnement de la politique économique à une croissance soutenue avec un réel développement humain, avec l’homme au centre du développement.
Quant à M. Hassan Chami, Président de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), il a insisté sur l’avènement d’un nouveau vécu, vu que l’époque de l’Etat-stratège, qui décidait tout seul, est révolue. La relance de la croissance ne peut être le fait d’un seul acteur, mais l’affaire de tous, a-t-il précisé. Relevant d’abord les différentes tares qui empêchent de glaner ces quelques points de PIB (2 à 3) pour résorber le chômage et décoller véritablement, il a  déploré le niet catégorique des autorités pour mettre en place des mesures d’accompagnement à la MAN, l’existence de deux temps (un temps économique qui s’égrène au rythme international et un temps social purement marocain, entravé de trop de pesanteurs et de rigidités)... Pour illustrer son propos, il a martelé que «Partout ailleurs, on ne légifère plus pour l’éternité, car tout retard dans une décision se paie cash!». Brossant un tableau de la rude concurrence internationale, dictée par la mondialisation, il a particulièrement interpellé l’ensemble des acteurs économiques, leur subjuguant de balayer devant leur porte, car renchérit-il, «nous ne sommes plus entre nous». A ce début de solution , il a ajouté l’instauration d’un dialogue sincère avec l’écoute permanente des acteurs, d’une autre gouvernance qui sort de la rente mais qui englobe des efforts d’encadrement et de recherche, la duplication de success-stories sur l’ensemble des activités, une plus grande réactivité dans ce monde de l’éphémère (les opportunités de développement ont une durée extrêmement courtes), et se focaliser sur les métiers d’avenir du Maroc, tels que l’offshoring, pour peu que les formations soient adéquates. Le Président de la corporation des Patrons a prôné la disparition du chef d’entreprise disposant du droit divin, plus d’harmonie sociale au sein de l’organisation et l’accélération et l’accentuation de réformes à viabiliser.
Enfin M. Abdelali Benamour, Président Fondateur d’Alternatives, qui est parti d’un rêve sur trois visions (Un Maroc de liberté avec un État respectueux et respecté, Un Maroc où les besoins fondamentaux du citoyen sont assouvis, et un Maroc à self-made-man), au travers duquel transparaît un camp de progrès et de modernité, un camp qui n’exclut pas, mais qui valorise les meilleurs, en dehors de toute rente. Au lieu d’agir en surface, de saupoudrer et de tourner en rond, il préconise une vision, une stratégie et une politique économique courageuse. De son avis, le réalisme implique de suivre cette voie, avant d’avancer s’il n’était pas grand temps de dénoncer ceux qui refusent ce passage forcé. Pour atteindre des niveaux de développement respectable, Le Président Fondateur d’Alternatives, trouve qu’il faut développer cinq actions majeures: résoudre la problématique du développement humain, crédibiliser le Maroc à l’intérieur et à l’extérieur, accompagner les acteurs économiques, mais aussi les exportateurs, et enfin développer la compétitivité du tissu économique national en créant des pôles sectoriels de compétitivité. Loin de lancer un pavé dans la mare, il a au contraire fourni des pistes pour accomplir ces réalisations.
Cela passerait pour l’amélioration des conditions de vie, par un développement social collectif avec une formation et une éducation pour tous, le renforcement de l’habitat bon marché du logement locatif, et l’aménagement et le réaménagement des bidonvilles, la couverture médicale généralisée (style AMO), plus d’infrastructures de base, la réforme des retraites, de la santé, mais aussi l’instauration d’un revenu social minimum (400 Dh sur l’urbain et 300 Dh sur le rural).
Avec une véritable séparation des pouvoirs, avec une Justice indépendante et un Parlement revalorisé, une démocratie réelle et un État fort, une classe politique évoluée ... M. Benamour croit que le Label Maroc sera ainsi plus crédible.

Label Maroc

En libéralisant réellement les conditions de fonctionnement du marché, et en mettant l’administration au service de l’économie et pas l’inverse, en instaurant un système d’éducation d’excellence, et à un bilinguisme Arabe-Anglais et le développement de l’enseignement Amazigh, on peut soutenir davantage le Privé, dit-il. Mais aussi en élargissant l’assiette fiscale, en progressant vers la convertibilité du Dh, et en adoptant un vaste programme d’investissement public avec le recours à un judicieux emprunt international, cet accompagnement sera plus effectif.
Relativement aux exportateurs et à la compétitivité, le professeur universitaire, mais néanmoins homme de terrain, préconise respectivement un accompagnement de A à Z, et une plus grande dynamique autour de six pôles, porteurs de plus-value importante (commerce et finance internationale, tourisme de qualité, loisirs et cinéma, agro-industrie, microinformatique).
Les riches débats, qui ont suivi ces exposés, ont permis de songer à d’autres secteurs à considérer davantage, tels que l’informel, la santé, l’éducation, le microcrédit ...

D. MB.



 

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