Le Haut Commissariat au Plan (HCP) revoit à la baisse ses prévisions, relatives au taux d’accroissement du PIB pour l’année 2005. Les données contenues dans le dernier rapport, daté du 8 juin dernier, tablent sur un accroissement de 1,2% seulement contre les taux respectifs de 3% prévus par la Loi de Finances et 2,6% avancés dans une précédente note de conjoncture. Une année agricole moyenne et un baril de pétrole brut à 36 $, hypothèses beaucoup trop optimistes, sont à l’origine de ce réajustement. Cependant, M. Ahmed Lahlimi Alami et les analystes du HCP soutiennent qu’on devrait s’attendre à la poursuite, à un rythme soutenu, de la croissance des secteurs marchands hors agriculture. Celle-ci devrait se situer autour de 4,5% contre 5,1% en 2004. Il est ainsi escompté la bonne tenue des secteurs de l’export du phosphate brut, des minerais métalliques, de l’industrie(+ 2,9%), des BTP (+ 6,7%), de l’énergie (+3,7%), du commerce et des services, des produits agricoles exportés et de la pêche hauturière.
Si l’activité minière sera en baisse, en raison du tassement de la production de minerais non- métalliques, la croissance de la valeur ajoutée minière se situerait aux alentours de 3,5%. A la nette croissance des minerais métalliques et des ventes de phosphate brut à l’étranger, s’opposera la baisse de la demande intérieure des industries locales de transformation de phosphate, dont les exportations ont régressé au cours du 1er trimestre.
Les BTP s’inscriraient dans cette même tendance, avec + 6,7% de hausse, consécutivement au renforcement des grands chantiers d’infrastructures de base, à une forte demande, à la consolidation des projets touristiques, à la poursuite des programmes d’habitat social… Ces avancées jumelées aux investissements en matériels et outillages des industries, engagées dans la mise à niveau de leur appareil de production, amèneraient la FBCF a évoluer favorablement et passer de 8,5% en 2004 à quelque 9,2%.
Évoluant en sens inverse, le textile et cuir et l’agro-alimentaire, après des conjonctures défavorables, respectivement au démantèlement de l’Accord Multi-Fibres (AMF) et de la vague de froid des mois de janvier février, connaîtraient un fléchissement sensible.
La valeur ajoutée agricole baisserait de 15,2%, compte tenu d’une récolte estimée à 36 millions de quintaux. Néanmoins, les analystes notent que les cultures maraîchères et agrumicoles, destinées à l’exportation, profiteraient de la vigueur de la demande étrangère. Les productions animale et de la pêche hauturière retrouveraient un regain d’activité.
Au chapitre des hausses, les activités de commerce et de transport et communication, avec des valeurs ajoutées de 6,5% et 4,8%, respectivement, grâce aux effets du raffermissement des importations et de la hausse conjuguée du tourisme et commerce intérieur, figureraient en bonne place. Conséquemment, la consommation finale se situerait autour de 3,6%, à la condition d’une inflation maîtrisée, estimée à environ 1,8%.
D. MB.