L’implantation au Maroc, (à Casablanca), de la première grande surface de Monsieur Bricolage a été un des tout premiers projets suivis par le Centre Régional d’Investissements de Casablanca. En effet, les promoteurs de ce projet avaient été voir le Wali de Casablanca, à l’époque M.Driss Benhima, pour le lui présenter, une semaine à peine après le discours de Sa Majesté le Roi qui annonçait la mise en place des Centres Régionaux d’Investissement, CRI. Il s’agissait d’une joint-venture, c’est-à-dire un partenariat de capital entre un investisseur marocain, la famille Benjelloun et le groupe Monsieur Bricolage France.
Celui-ci, après s‘être installé dans des pays émergents d’Europe centrale
Bulgarie, Roumanie, et d'Amérique du Sud,Argentine, Uruguay, a donc accepté de venir au Maroc en association avec la famille Benjelloun. Sur la base d’une étude de marché et après avoir trouvé un terrain sis à Bouzkoura après 8 mois de recherche,alors qu’on en était au stade de la maquette, le porteur du projet, M. Majid Benjelloun, a été voir le Wali de Casablanca pour obtenir son accord pour l’implantation de Monsieur Bricolage dans la métropole économique du Royaume.
Le Wali a accueilli avec d’autant plus d’intérêt le projet en question qu’il s’était déjà doté d’un terrain et qu’il s’installait en dehors de la ville, conformément au plan d’implantation de la grande distribution.
La réaction première du Wali a été donc de prendre son téléphone et d’appeler le CRI pour le mettre sur le projet. Car, si le Wali devait à autoriser le projet, c’est au CRI que revenait dorénavant le rôle d’accompagnement des investisseurs. Fort de cet appui, le promoteur croyait qu’il obtiendrait les autorisations nécessaires en quelques semaines, espérance qui se transforma rapidement en cauchemar parce que le CRI de Casablanca, dont c’était le premier dossier, n’a pu rompre facilement le cercle vicieux des pratiques bureaucratiques et des conflits de compétences qui affectent depuis si longtemps l’Administration marocaine. Car le CRI, qui devait prendre tous les documents du projet et obtenir, pour le compte des investisseurs, l’autorisation d’implanter le projet sur le terrain prédéterminé, a eu tout le mal du monde à lever certains obstacles au bout de plusieurs mois.
Sachant que la création juridique de la société de droit marocain, " Monsieur Bricolage ", était déjà faite, le CRI avait pour mission d’obtenir rapidement les autorisations nécessaires à son implantation et à l’exercice de son activité. Le CRI devait jouer son rôle de guichet unique et de facilitateur pour les investisseurs en leur évitant de faire le siège des administrations.
Toutefois, le Wali avait recommandé d’aller voir le ministère de l’Equipement pour s’assurer que le terrain ne posait pas de problèmes. Cette démarche accomplie, l’investisseur passa donc à la première phase de la concrétisation en achetant le terrain, d’autant que l’intervention du CRI était conditionnée par cette acquisition.
Mais les semaines passèrent sans que le Centre Régional d’Investissement ne marquât sa présence, ni son action. En fait, il s’avéra que l’Agence Urbaine ne voulait pas traiter avec le CRI et refusait son intermédiation. Ce refus, qui perdura, ne fut levé que grâce à l’intervention directe du Wali. Entre temps, le ministère de l’Equipement était revenu sur sa décision et son accord, considérant que le terrain choisi pour l’implantation de la grande surface de Monsieur Bricolage était enclavé. Il se posait donc le problème de son accès.
Le CRI, à ce stade, ne pouvait mener la bataille tout seul. Comme l’explique le promoteur du projet, M. Majid Benjelloun : " le CRI a certes tout fait pour nous faciliter la tâche, mais malheureusement, les choses ont traîné en longueur ". La solution intervint seulement donc après que la famille Benjelloun eût conclu avec l’Etat une convention d’investissement supérieure à 200 millions de dirhams, démarche qui précéda la levée des réserves du ministère de l’Equipement.
La convention accordait une exonération de TVA et de taxes douanières pour l’implantation du projet, de la construction à l’installation elle-même. A titre d’exemple, M. Bricolage a pu importer sa charpente métallique d’Egypte, sans aucune taxe, ni droits de douane. Mais il faut noter que le CRI n’a joué aucun rôle dans la conclusion de cette convention d’investissement avec l’Etat.
La solution, agréée par le ministère de l’Equipement, a été celle du rond-point giratoire qu’il a accepté de construire. Ainsi, après un an de batailles, le projet a pu s’implanter grâce, à ce moment final, au CRI qui a centralisé toutes les autorisations annexes pour débloquer définitivement le dossier de Monsieur Bricolage.
Ce projet a donc été l’un des premiers du CRI de Casablanca, ce qui explique, sans doute, le temps mis à lever les blocages et autres contraintes administratives et bureaucratiques, alors même que l’investisseur a dû mettre la main à la pâte pour tenter d’accélérer les procédures.
Le rôle d’interface du CRI, pour sa première action de facilitateur, n’a pas vraiment été évident et le projet a subi des retards conséquents, ce qui n’est pas resté sans répercussion sur le montant de l’investissement.
Aujourd’hui, Monsieur Bricolage est opérationnel et a ouvert ses portes depuis plusieurs mois, rencontrant d’ailleurs un fort engouement des Casablancais.
Quant au CRI, il a sérieusement amélioré ses performances depuis.
Afifa Dassouli