Les grands axes de cette étude ont été dévoilés, vendredi dernier à Casablanca, par la Commission Ethique et Bonne Gouvernance relevant de la CGEM et le Cabinet FOCS. Deux organismes ayant pris l’initiative de réaliser cette enquête auprès d’un échantillon de 40 sociétés faisant appel un public à l’épargne, en majorité des entreprises cotées en bourse. Objectif premier: l’évaluation du contexte juridique et institutionnel, ainsi que la pratique de la gouvernance dans ces entreprises marocaines par rapport aux textes en vigueur et aux normes et codes internationaux. L’étude vise également à mettre l’accent sur le décalage entre le progrès et l’amélioration de l’environnement juridique qu’a connus le Maroc au niveau du climat d’affaires et la pratique de la bonne gouvernance au sein des entreprises marocaines, a tenu à expliquer le Président de la Commission Ethique et Bonne Gouvernance, M. Rachid Bel Kahya.
Sur le plan méthodologique, l’étude a été réalisée sur la base de plusieurs indicateurs représentatifs en particulier une analyse détaillée du dispositif juridique et réglementaire, ainsi que des structures et institutions impliquées dans la promotion de la bonne gouvernance, a indiqué pour sa part M. Mustapha El Baz, responsable du Cabinet FOCS. Dans cette étude, le concept de gouvernance se réfère aux relations entre la direction d’une entreprise, son conseil d’administration, ses actionnaires et d’autres parties prenantes, a-t-il souligné en ajoutant qu’elle détermine également la structure par laquelle sont définis les objectifs d’une entreprise, ainsi que les moyens de les atteindre et d’assurer une surveillance des résultats obtenus. Pour lui, un gouvernement d’entreprise de qualité doit inciter le Conseil d’Administration à poursuivre des objectifs conformes aux intérêts de la société et de ses actionnaires et faciliter une surveillance effective des résultats.
Les rédacteurs de ce document relèvent, par ailleurs, que les investisseurs sont disposés à payer une prime pour une économie bien gouvernée qui va de 12 à 15% pour l’Amérique du Nord, de 20 à 25 % pour l’Amérique Latine et plus de 30% pour l’Europe de l’Est et l’Afrique. Quant au Maroc, la prime qui peut être consentie est estimée à 41%. L’étude a enfin retenu une batterie de recommandations formulées dans le but de l’amélioration des conditions de gouvernance d’entreprise. Ces recommandations passent notamment par la mise sur pied d’un code national des bonnes pratiques en matière de gouvernance d’entreprise inspiré des principes de l’Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE), la lecture et la vulgarisation des textes en relation avec la gouvernance, la formation à la gouvernance et à l’Administration d’entreprises, ainsi que l’élaboration d’une charte de l’administrateur et le développement du rôle des comités d’audit.
En somme, pour la Commission d’Ethique de la CGEM, la réalisation de cette initiative première s’inscrit dans le cadre de la prise de conscience de l’Organisation patronale des enjeux actuels et futurs liés à la bonne gouvernance des affaires. Une mesure de plus en plus exigée par les investisseurs internationaux.
M.K