La Nouvelle Tribune : M. Marc Thépot, vous dirigez Accor, au Maroc. Pouvez-vous, à ce titre, nous parler de l’expérience que vous avez eue avec le CRI en tant qu’investisseur ?
M. Marc Thépot : Accor a eu effectivement à faire avec plusieurs CRI. Chaque fois qu’Accor a un projet de développement au Maroc, nous nous adressons au CRI de la région concernée. Pour les deux derniers exemples en date, nous avons travaillé avec le CRI d’El Jadida-Safi qui nous a accompagnés pour finaliser à la fois l’acquisition, pour le projet d’El Jadida, de l’hôtel IBIS qui a ouvert depuis un mois et sur Safi pour l’acquisition du foncier pour l’implantation d’un hôtel.
Précisément en quoi le CRI vous est utile ?
A Safi, le CRI nous a aidé pour assurer l’interface pour trouver un terrain adéquat à notre projet. Il nous a aidés ainsi à identifier un terrain qui appartenait aux collectivités locales pour l’implantation d’un Moussafir. Le CRI nous a permis aussi de négocier le prix du terrain et joué donc un rôle de facilitateur, mais aussi d’intermédiaire. En bref, il nous a accompagnés de A à Z dans notre démarche d’acquisition d’un terrain en nous aidant à trouver le site adéquat et en nous donnant un éclairage économique sur le prix du marché. Quand on veut faire un hôtel, on a besoin d’avoir une vision sur le développement économique de la ville et le CRI nous a aussi sensibilisés sur le potentiel de développement de Safi.
Je tiens également à préciser que le Directeur du CRI d’El Jadida-Safi est très dynamique. C’est d’ailleurs lui qui, ayant eu vent de notre volonté d’implantation, nous a contactés. Il est aussi très compétent, très au fait de la réalité de sa ville. Le CRI joue ainsi réellement son rôle de guichet unique. De plus, sur El Jadida, pour l’Ibis, le CRI nous accompagne en veillant à ce qu’on s’adresse d’abord aux gens du cru pour privilégier les recrutements locaux.
Et sur Casablanca, quelle a été l’expérience d’Accor avec le CRI que dirige M. Mouad Jamaï ?
A Casablanca, Accor a eu affaire au CRI à deux niveaux. Le premier, pour nous aider à dénouer le problème de Casa City Center qui a été bloqué par l’Agence urbaine. Le CRI a agi en interface entre l’Agence urbaine, la Wilaya et la Communauté urbaine. Grâce à son appui, lors du blocage de notre dossier, nous avons pu négocier pour entamer la première tranche des travaux avant de finaliser l’ensemble du programme. Je vous rappelle que sur Casablanca, Accor s’est trouvé dans une impasse, du fait que la première autorisation qui nous a été donnée un peu rapidement sur un projet intégrant, sur la base de dérogations, n’était pas conforme au plan d’urbanisme de l’agence urbaine. Pour trouver une solution, M. Mouad Jamaï a joué un rôle très important et a fait partie des gens qui ont démontré que notre projet n’était pas spéculatif, qu’il créait des emplois. Grâce à lui, de nouvelles négociations sont intervenues avec l’Agence urbaine. Accor est donc arrivé à une entente avec cette dernière, qui fait que le projet sera retaillé en fonction des normes du plan urbain. Mais le projet est d’ores et déjà lancé et les travaux ont démarré en attendant qu’on se retrouve autour d’une table pour renégocier.
Et pour votre autre projet à Casablanca ?
Pour notre projet à Sidi Maarouf, on a également été confronté à un écart entre ce qu’on voulait faire et la réglementation. Le CRI nous a beaucoup aidé à dépasser les différents problèmes. Il a donc encore servi de facilitateur.
Le CRI est-il intervenu pour Accor Services ?
Bien sûr, je voulais vous en parler. Le CRI de Casablanca est très impliqué avec nous dans le projet de l’implantation de cette société à Casablanca pour la distribution des tickets restaurant. Accor est très présent dans le monde pour ce service. Il traite 34 millions de salariés dans 32 pays. Nous voulons introduire ce produit au Maroc depuis 1996 et c’est avec le CRI que nous sommes en train d’y arriver . En effet, nous avons relancé avec M. Mouad Jamaï le travail de lobbying préalable et nécessaire il y a deux ans. Il s’agit de sensibiliser le gouvernement en expliquant ce type de service. Car la prime de repas donnée aux gens n’est pas toujours utilisée pour manger. Le Maroc allant vers la modernisation sociale avec l’horaire continu, il faut donner la possibilité aux employés de se restaurer à moindre frais alors que la solution des cantines revient cher. Les tickets restaurants donneront accès à des points de restauration qui peuvent être des petits restaurants ou des traiteurs qui seront labellisés. La conséquence première sera la création d’emplois et la facilitation de l’horaire continu. Pour concrétiser un tel projet, Accor a rencontré le Ministre Talbi Alami, le ministère de l’emploi, la CGEM, le Directeur de la CNSS parce que ce type de services, financé par les entreprises, est en partie constitué par une charge non imposable. M. Mouad Jamaï, directeur du CRI, nous accompagne donc pour implanter ce produit en premier à Casablanca, compte tenu notamment du problème des nombreuses entreprises de la périphérie de la ville. C’est d’ailleurs à son initiative que nous avons créé une association des émetteurs de ce type de services pour qu’Accor ne soit pas le seul porteur de ce projet et qui réunit Sodhexo, Eurest, Rahal, le Catering de la RAM, etc. Tout ce travail a pour objectif de pousser l’Etat à légiférer sur ce type de produits différents du ticket déjeuner, lequel a une valeur faciale très faible qui ne correspond pas au coût d’un repas, autour de 20 Dhs. L’objectif du CRI est donc de faciliter le développement de projets innovants et en l’occurrence, il très actif dans le lancement de ce type de projets.
Un mot de conclusion sur les CRI ?
Sans le CRI, nous n’aurions pas été à Safi, où le fait de localiser le terrain nous a facilité les choses.
A Casablanca, nous n’aurions pas débloqué le projet de Casa City Center. Quant aux tickets restaurants, le CRI fait également le maximum.
Entretien réalisé par
Afifa Dassouli