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Entretien avec M. Mouâad Jamaï, Directeur du CRI du Grand Casablanca : Les CRI ont prouvé leur grande efficacité, notamment au n

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La Nouvelle Tribune : Quelle est votre propre appréciation, au-delà des données chiffrées, du bilan biennal du CRI de Casablanca. Où en êtes-vous au niveau de la création d’entreprises ?
M. Mouâad Jamaï :
Je ne pense pas, tout d’abord, que la vocation première du CRI soit uniquement la création d’entreprise. Celle-ci, surtout dans sa dimension de simplification, ne permettra pas au pays de drainer plus d’investisseurs. En effet, l’acte de création d’une entreprise est important en soi, mais dans la vie d’une entreprise, il ne pèse pas très lourd. Il est ponctuel et marque un point de départ, sans plus.
L’enseignement que l’on peut tirer aujourd’hui, de la simplification conséquente de cet acte a surtout valeur d’exemple. Si nous avons été capables, au Maroc, de simplifier la création d’entreprise en passant de cinquante jours à 48 heures actuellement, c’est que nous pouvons faire de même pour plusieurs autres fonctionnalités.
Alors, il faut certes, se féliciter de cet acquis, qui permet au Maroc de figurer à la seconde place dans le classement mondial des pays ayant simplifié l’acte de création d’entreprises, mais à lui seul il ne suffira pas pour aller de l’avant en termes de croissance, de développement, de décollage économique.
Le but final, en effet, des CRI, réside dans la création d’emplois. C’est notre objectif fondamental.
A nous donc de créer la croissance, la richesse, pour permettre l’essor de l’emploi, dans la perspective d’améliorer les conditions sociales globales du pays. La création d’entreprise est donc la première facette, le premier volet, en quelque sorte, de cet artifice global.
Le second guichet, qui est dévolu à l’accompagnement des investisseurs, à la croissance des investissements est beaucoup plus lourd, plus important à mon sens.
Nos acquis ont été énormes au niveau de la création d’entreprises et il s’agit désormais de passer à notre second objectif, celui de l’incitation à la création d’entreprises.

Si la création d’entreprise n’est pas votre objectif unique, sinon principal, quel est le fondement de votre action après trois années, quasiment, d’existence ?
Au bout de trois ans, dans le cadre de la création d’entreprise, nous pensons avoir fait le nécessaire pour simplifier cet acte fondateur. Sa Majesté avait évoqué deux guichets dans un premier temps, parce qu’il fallait que les centres régionaux d’investissement démarrent avec une mission extrêmement noble, regrouper dans un seul guichet des personnes provenant de diverses administrations, ce qui constituait une nouveauté. Les CRI, à travers toutes les régions du Maroc, ont prouvé leurs capacités à simplifier, à banaliser l’acte de création. Aujourd’hui, le temps est venu d’externaliser cet acte.
Avec le web, par exemple, il s’agit de proposer une application qui permettra de mettre en liaison, comme ce fut le cas pour les transitaires avec les services de la Douane à un moment donné, tous les experts comptables, les avocats d’affaires, les notaires, etc, qui le souhaitent, avec le CRI pour les appréhender comme des guichets de création tandis que le CRI jouerait le rôle " d’arrière guichet " dévolu au rôle de centralisateur administratif légal. Ainsi, on se rapprochera davantage du citoyen et on professionnalisera ce métier de création d’entreprise, sachant que les professionnels ont toujours une valeur ajoutée. Les statuts d’une entreprise représentent un acte très important et il convient de donner une telle responsabilité à des personnes ou des structures à même de les étudier et les approuver valablement.
Après donc la banalisation et la simplification, nous passons aujourd’hui à l’externalisation dans un souci de plus grande proximité avec le citoyen, de professionnalisme et de réduction des démarches administratives.
Et, dans une prochaine étape, le web nous permettra, très certainement, d’offrir aux candidats à la création d’entreprise, la possibilité de le faire eux-mêmes.

Comme autre axe d’action du CRI, vous avez mis en place le CRPCE, qui est une démarche innovante et novatrice, initiée d’abord avec deux partenaires, puis étendue à beaucoup d’autres acteurs, notamment du tissu associatif, qui s’intéressent à l’entreprise et à son environnement. Quels sont les premiers résultats de ce Comité Régional Pour la Création d’Entreprise ?
Les premiers résultats sont très encourageants. Je rappelle que nous avons vocation aujourd’hui à faire de l’incitation à la création d’entreprise. Mais nous sommes la partie étatique et nous ne saurions réaliser cela tout seul. La société civile, les institutionnels, nous permettront d’aller plus vite pour atteindre cet objectif. La Fondation Banque Populaire, par exemple, a réalisé un travail remarquable dans ce sens, d’abord en s’attelant à cet objectif avant même la mise en place des CRI, mais aussi en se positionnant comme l’un des pionniers à l’époque pour les crédits jeunes promoteurs. Et nous avons pu signer des conventions, non seulement à Casablanca, mais dans toutes les régions du Royaume quasiment, avec cette Fondation pour travailler de concert à l’incitation et la formation à la création d’entreprises.
En effet, lorsque quelqu’un veut créer une entreprise, l’acte fondateur une fois accompli lui confère des responsabilités. Mais on doit déplorer que dans un certain nombre de cas, le créateur ne soit pas conscient de ses devoirs. Il a souvent de très bonnes idées, mais aussi des carences notamment dans le domaine de la gestion, de la législation du travail, la fiscalité, etc. Notre rôle est certes d’informer sur tous ces aspects de la vie de l’entreprise, mais on ne peut obliger le créateur à se former. C’est pourquoi nous avons réfléchi en interne pour décider de ce qui constitue le minimum vital à connaître lorsqu’on crée une entreprise. Avec le CRPCE, nous souhaitons mettre en place un programme de formation pour les personnes qui ont de bonnes idées, qui veulent aller de l’avant. Et avec le Centre des Jeunes dirigeants, CJD, nous avons développé un outil, l’Abécédaire, qui comprend tout ce qu’un nouvel arrivant sur la scène de l’entreprise devrait connaître en matière de management et sur les devoirs et obligations du créateur d’entreprise.
Vous comprenez donc que l’expérience du CRPCE est dont extrêmement riche puisqu’elle nous a permis de lancer un appel à candidatures, au spectre assez limité il faut le reconnaître puisque nous avons seulement communiqué par voie d’affichage, sans recourir aux médias. Pourtant, nous avons enregistré cent cinquante projets. Vingt-deux ont été retenus et plus de vingt-cinq personnes, sachant que certains projets sont portés par plusieurs créateurs, sont actuellement en formation. Nous les accompagnerons durant les premiers mois et années de leur exercice, sachant que le taux de mortalité des entreprises est très élevé au cours de la première année d’existence de celles-ci. Notre objectif est donc de réussir une baisse notable d’un tel taux, pour le ramener à 25% ou 20 % contre 50 % aujourd’hui.

Ces projets bénéficient-ils également d’une assistance financière ?
La Fondation Banque Populaire est adossée à une grande banque et la règle émise par cette dernière, c’est que tout projet qui a pu passer à travers le crible que nous avons mis en place, est considéré comme bancable.
Ceci étant, les personnes qui sont retenues ne travaillent pas obligatoirement avec la Banque Populaire.

Venons-en, si vous le voulez à la participation du CRI à des opérations très récentes, comme Challengers et Intilaka. Est-ce la vocation d’un Centre Régional d’Investissements, une structure étatique donc, d’accompagner des émissions de télévision ou de favoriser le départ à la retraite des agents de la Fonction Publique ?
Oui, absolument. Un centre régional d’investissement, doit être à l’écoute de son environnement qui est d’abord, comme cette appellation l’indique, régional. Il doit surfer sur toutes les vagues positives qui touchent son environnement propre. Nous pensons que Challengers, est une opération extrêmement importante. En effet, nous avons constaté, lorsque nous avons entrepris la tournée des universités et écoles supérieures de la place de Casablanca, qu’il y a une grande défaillance en termes de création d’entreprise et, surtout, de volonté de création d’entreprise. Je pense que les générations de l’indépendance et les suivantes n’ont pas été formées avec la volonté de s’aventurer à créer des entreprises.
Un système de rente s’est installé durant les dernières décennies pour former des gens désireux de chercher le gain facile, sans esprit de risque ou d’aventure, au sens noble. Or, pour créer une entreprise, il faut un minimum d’esprit d’aventure, de goût du risque et de l’abnégation, de l’effort soutenu.
D’un autre côté, on a constaté que la télévision est un outil extrêmement important en termes de communication et d’opportunités de changement des mentalités.
Aujourd’hui, une initiative comme Challengers, sur une chaîne en vogue, qui a réussi plusieurs émissions de télé réalité, mérite d’être accompagnée, soutenue, développée parce qu’elle peut permettre d’accélérer la prise de conscience de cette nécessité d’entreprendre, et donner l’envie à beaucoup de participer à ce mouvement. Elle a, incontestablement, valeur d’exemple pour notre jeunesse et permettre à ceux qui ont des idées et qui hésitent, de franchir le pas.
D’ailleurs, nous avons été à l’origine de la proposition de réaliser Challenger à l’extérieur du pays, vers cette diaspora qui est si riche en potentialités et qui, très souvent, n’a pas l’occasion de montrer ou de réaliser ses aspirations pour son pays d’origine, le Maroc.
Vous mettez donc en avant le développement de l’esprit d’initiative…
Parfaitement. D’un autre côté, pour répondre à votre question sur Intilaka, vous savez comme nous qu’il s’agit d’une opération qui a été voulue et initiée par le gouvernement, et qui n’est pas sous notre responsabilité directe. Mais le CRI, structure étatique, assume totalement les choix gouvernementaux, et se veut être à l’écoute de ce qui se fait aujourd’hui dans le pays.
Les candidats au départ volontaire présentent deux particularités fort intéressantes. Ils sont d’abord expérimentés, capables de développer un savoir-faire et donnent quelque crédit à la boutade qui veut que " les meilleurs partent "…
Ils ont confiance en eux et en leurs moyens et j’ai toutes les raisons de croire qu’ils sont capables de réussir leur projet d’entreprise.
De plus, le départ volontaire leur donne un capital initial matérialisé par une indemnité conséquente, mais aussi une rente puisqu’ils conservent une partie de leur salaire. Tout cela constitue donc un excellent point de démarrage pour la création d’entreprises.
C’est l’occasion pour drainer vers notre région des investisseurs nouveaux en affirmant, en tant que CRI, notre volonté et notre disponibilité à les accompagner, en les conseillant, en les orientant, en participant à leur formation si besoin est, ainsi qu’en facilitant la procédure de création de leur entreprise.
Mais soyons clairs, il ne s’agit pas pour nous d’encourager le débauchage administratif ou d’assumer une démarche qui n’est pas nôtre. En réalité, cette participation de notre CRI est le résultat d’une proposition de partenariat qui nous a été faite par le syndicat du ministère des Finances, en coordination avec le Directeur des Affaires Administratives et Générales (DAAG) dudit ministère. C’est donc une démarche tout à fait originale regroupant une structure de l’Administration, un responsable d’une direction au sein d’un grand ministère et le syndicat de ce département.
Le tout, dans l’intérêt de ceux qui ont déjà choisi de partir.

Trois années après le début de l’expérience des CRI, alors qu’il existe une définition bien précise des pouvoirs du Wali, pour le compte duquel opère chaque CRI, ne pensez-vous pas qu’il est grand temps de songer à l’extension de ses pouvoirs afin de donner encore plus de force et d’impact à l’action des centres régionaux d’investissement ?
Je partage ce point de vue et je crois qu’il est aujourd’hui admis au niveau central quant à la nécessité d’une telle démarche. Le lancement des CRI et la période qui vient de s’écouler ont représenté, si vous voulez, un premier round. Il fallait initier l’expérience, la conforter, lui donner des pouvoirs définis mais également bien délimités pour en tester l’opérabilité. Désormais, les CRI ont prouvé leur grande efficacité, et notamment au niveau du second guichet, celui de l’accompagnement des investisseurs. Mais le Wali pourrait aller beaucoup plus loin dans son travail si l’on faisait deux choses : d’une part légaliser la Commission Régionale d’Investissement parce qu’elle reste encore informelle. D’autre part, il s’agirait de veiller à l’élargissement des pouvoirs accordés au Wali. Je rappellerai, à ce sujet, que le CRI est le bras doit économique du Wali qui autorise, préside les commissions, décide des actions au niveau de la région. Le CRI a pour mission de préparer le terrain, d’instruire les dossiers et les présenter à Monsieur le Wali pour la suite à donner.
Il apparaît que les six domaines fixés au départ ne sont plus suffisants. L’investissement touche désormais plusieurs autres secteurs, alors que certaines autorisations sont encore centralisées à Rabat. Ainsi, l’enseignement supérieur privé, qui doit être encouragé nous dit-on, reste dépendant des autorisations délivrées par les administrations centrales. De même, lorsqu’on aspire à réaliser le défi des dix millions de touristes, il n’est pas normal que les autorisations destinées à créer une entreprise de location de voitures soient encore accordées à Rabat. Il s’agit donc d’accélérer la déconcentration et la décentralisation et de reprendre l’élan initial qui a été quelque peu ralenti me semble-t-il.
La région doit disposer de plus de marge et le Wali doit jouir d’une plus grande autonomie décisionnelle, ce qui, bien sûr, profitera aux centres régionaux d’investissement et surtout aux investisseurs.

Au niveau du bilan du CRI de Casablanca, trois secteurs sont les plus importants, l’immobilier, l’industrie et le tourisme. Peut-on considérer que l’immobilier, c’est-à-dire construire un immeuble est un investissement productif ?
Oui et d’ailleurs cela est illustré par l’adage, "quand le bâtiment va, tout va". Cela n’est pas fortuit. Construire un immeuble, implique un certain nombre d’intervenants et notamment dans le secteur industriel. Les portes, par exemple, répondent aujourd’hui à des normes et processus industrialisés. De plus, la construction n’est pas forcément celle d’un immeuble. Il y a des bureaux, des entrepôts, etc. L’immobilier regroupe l’ensemble des secteurs de la construction de bâtiments. Et Casablanca nécessite le renouvellement et la préparation de plateformes si l’on veut attirer les investisseurs.
L’immobilier est incontestablement une locomotive aujourd’hui car par ses effets directs et indirects, il peut être à la fois créateur de richesses, donc source de croissance, mais aussi facteur d’amélioration de l’environnement global de Casablanca, pour une meilleure attractivité des investisseurs étrangers, pour le tourisme, etc. Enfin , du fait du taux d’analphabétisme et du manque de formation dans la population active ou au chômage, il est clair que le bâtiment et l’immobilier constituent des secteurs à forte demande d’emplois non qualifiés, ce qui représente une option incontournable.

Vous constatez, dans votre bilan, qu’au premier trimestre 2005, le nombre de création de projets a fortement baissé par rapport aux mêmes périodes des années précédentes. Quelle en est la cause ?
Il est clair que la non officialisation à ce jour de la Commission Régionale d’Investissements risque d’appauvrir le pouvoir des CRI. Les investisseurs ne sont pas dupes et ils ne viennent que s’ils constatent que vous apportez une valeur ajoutée. Je pense donc qu’il est temps désormais de donner plus de pouvoirs aux CRI à travers la Commission Régionale d’Investissements, tel que  prévue par la Lettre Royale.
Par ailleurs, Casablanca vit aujourd’hui une période charnière, difficile. En effet, le Schéma Directeur d’Aménagement Urbain est complètement obsolète et par conséquent ne répond plus aux attentes des investisseurs. En effet, dans le secteur immobilier, l’investissement régresse à Casablanca, et les investisseurs locaux ont migré vers  d’autres régions.
 A ce titre, une souplesse d’octroi des autorisations s’impose afin de faciliter l’acte d’investir dans le Grand Casablanca.
Casablanca est une locomotive et lorsqu’elle ralentit, c’est tout le train qui va moins vite.

Valeur mai-juin 2005, quelles sont les priorités les plus fortes ? 
Nous avons parlé de façon exhaustive de l’ensemble de nos projets. Durant les deux dernières années, la priorité a été incontestablement accordée aux outils, parce que sans eux on ne peut travailler efficacement. Aujourd’hui, leur mise en place est réalisée. Il est temps de s’investir dans la formation et la qualification des ressources humaines. Les personnes qui travaillent au CRI ont fait preuve de grande abnégation, de mobilisation permanente et de dépassement de soi. Le personnel de notre CRI, venu en majorité de l’Administration, s’est révélé être de très grande facture. Pourtant, leurs conditions n’ont pas changé. La régularisation de leur situation tarde à venir et ce retard est susceptible de nuire au dynamisme des CRI.
Cependant, le CRI est à niveau et il se sent assez fort, suffisamment outillé pour passer à une seconde étape.
Pour la partie création d’entreprise, il faut arriver à l’incitation, d’une façon professionnelle, réfléchir à une batterie de mesures destinées à inciter les gens à créer leurs entreprises et devenir ainsi une force de propositions fortement incitatrice. Par conséquent, éveiller tout le gisement et potentiel dormant.
Pour autre priorité, il nous faut également assurer la mise en place d’autres outils plus lourds. Il y a le système d’informations géographiques, SIG, qui est un outil de pilotage à la fois pour le CRI, mais également pour le Wali et l’ensemble des décideurs de la place. Il y a aussi la création d’un observatoire régional de l’économie qui est une nécessité. Cela nous permettra d’avoir un tableau de bord régional sur des indicateurs très précieux comme le taux de chômage, les différents secteurs d’activité, leur croissance, leur dynamisme, etc.
Aussi, il y a une étude qui vise à mettre en place une stratégie de développement de la Méga-Région Grand Casablanca et Chaouia Ourdigha. L’objectif est de faire prévaloir la compatibilité et la complémentarité économique entre les deux régions et non le découpage administratif pour mieux marqueter la mégapole à l’échelle internationale.
Enfin dernière priorité, nous aimerions profiter des études commandées par l’Etat à des cabinets internationaux spécialisés. Nous souhaiterions en obtenir le contenu pour leur donner une déclinaison régionale, afin qu’elles soient profitables pour la place de Casablanca et de sa région.

Dernière question, comment au niveau du CRI, donnez-vous envie d’investir ? On a le sentiment que le goût du risque n’existe plus, que les gens n’ont plus envie de se projeter dans l’avenir. Comment abordez-vous cette problématique au CRI de Casablanca.
Je comparerai le CRI à un joueur de football. Il peut être talentueux, efficace, doté de meilleures capacités individuelles, mais sans l’équipe, sans l’esprit collectif, il ne pourra réaliser de grandes choses.
Le Centre Régional d’Investissement n’est qu’un maillon de la chaîne. Certes, il est un maillon des plus importants et au bout de trois années, les acquis sont nombreux. Il y a eu des axes de modernité, comme les technologies de l’information, et on a donné envie aux gens d’aller plus loin ou à d’autres services administratifs de mettre en œuvre les mêmes outils.
L’acte d’investissement est un acte de confiance qui tire sa raison d’être dans l’attachement à l’identité marocaine, laquelle est très riche. S’il y a défaillance dans l’investissement, c’est que le manque de confiance est palpable, alors que les conditions du déclic sont là, à portée de main.   
Je fais donc partie des optimistes, mais il s’agit de créer les conditions objectives et subjectives du décollage, de la croissance, du développement, en accordant à notre jeunesse, les moyens et les conditions de son implication. Car, comme vous le savez, la force d’une chaîne réside dans le maillon le plus faible. A nous d’identifier tous les maillons pour les solidifier tous et aller de l’avant.
Les CRI, incontestablement, sont parmi les plus sains, malgré leur jeunesse relative. Ils ont prouvé, au cours des trois exercices de leur existence, qu’ils pouvaient accomplir de grandes choses.

Entretien réalisé par
Fahd Yata



 

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