Le point de presse donné par le Secrétaire Général du ministère de l’Agriculture, du développement rural et des pêches maritimes, M. Moha Maghri, (et qui ressemblait plus aux séances parlementaires où il fallait regrouper toutes les questions en vue de donner des réponses vagues et diffuses), n’a surpris personne puisque les résultats de la campagne agricole, dont il était question, étaient connus d’avance. En raison des conditions climatiques du déroulement et qui se sont caractérisées par un déficit pluviométrique important aggravé par une répartition temporelle inadéquate et des températures inhabituelles. Pour le conférencier, qui avait du mal d’ailleurs à argumenter, cette situation a eu un impact négatif sur le potentiel de production des céréales d’automne dans la majorité des régions agricoles et sur le couvert végétal des parcours. Même s’il a tenu au passage à rappeler les principales mesures prises lors de la campagne agricole actuelle sans pour autant donner une large lecture des mesures concrètes confortant la politique du gouvernement à considérer la sécheresse comme étant désormais un phénomène structurel.
Mesures d’accompagnement
Bref, pour les principales mesures prises au titre de la campagne agricole 2004-2005, elles ont trait à l’amélioration de la productivité et de la qualité, à la sécurisation des récoltes, au développement de l’arboriculture fruitière et à l’économie de l’eau. Ce qui s’est traduit, entre autres en matière de sécurisation des récoltes, par le renforcement du soutien du Gouvernement aux systèmes d’assurances agricoles, notamment contre les effets de la sécheresse et l’extension du projet pilote de lutte antigrêle menée conjointement par le ministère et la Direction de la Météorologie Nationale dans les zones à vocation arboricole. Pour ce qui est de l’assurance, souligne le S.G, il y a lieu de signaler que le programme a été poursuivi au cours de la campagne agricole 2004-2005 sur une superficie de 300.000 Ha avec un soutien de l’État des cotisations à hauteur de 50 %, d’une part, et la mobilisation d’une enveloppe financière (120 millions de dirhams) pour contribuer à l’indemnisation des agriculteurs en cas de sécheresse. D’autre part, concernant la déclaration du sinistre, et suite aux conditions climatiques défavorables, 267 communes rurales sont déjà déclarées sinistrées, soit 58% de l’ensemble des communes rurales couvertes par le système d’assurance. Alors que les ventes globales des engrais sont estimées, à fin mai 2005, à près de 666.000 T, soit une baisse de 12% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Cette situation a eu des conséquences sur la productivité. Résultat : la production prévisionnelle pour cette année avoisine à peine les 36 millions de quintaux, soit une baisse de 57 % par rapport à la campagne précédente qui avait atteint les 83 millions de quintaux. Il n’est donc pas étonnant qu’un plan soit mis en œuvre pour harmoniser les importations de céréales. D’ailleurs des mesures d’encouragement sont prévues pour les organismes de stockage, alors que l’ONICL est davantage mis à contribution concernant les minoteries nationales.
M.S.
Résultats préliminaires
Pour les céréales d’automne, la superficie totale semée est de l’ordre de 5,1 millions d’hectares, soit une baisse de 4 % par rapport à la campagne précédente et une légère hausse de 2 % par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes. En matière de production et sur la base des données préliminaires, la production prévisionnelle des céréales avoisinerait les 36 millions de quintaux, soit une baisse de 57 % par rapport à la production de la campagne précédente et 35 % par rapport à la campagne moyenne des cinq dernières années. Dans cette configuration, le blé tendre occupe la première place, en matière de productivité, avec 17,5 millions de quintaux, soit 49 % de la production totale en céréales d’automne. Puis vient l’orge pour 10,5 millions de quintaux. Ce qui représente 29 % de la production totale en céréales d’automne. Enfin, le blé dur avec 7,7 millions de quintaux, soit 22 % de la production (toujours en céréales d’automne). Les régions, à leur tour, ont été inégalement touchées par le phénomène de la sécheresse. Selon les classifications du ministère, ces régions se classent en trois catégories. Ainsi les régions agricoles où les céréales sont relativement moins affectées par la sécheresse et se composent essentiellement de Saïs, Rif et Pré-rif ainsi que Gharb-Loukkos. La superficie concernée représente 28 % de la superficie totale semée en bour. Pour ce qui est des régions agricoles où les céréales sont affectées par la sécheresse, il s’agit principalement de Zaer-Zemmour, Basse Chaouia, Abda, Doukkala, Ourdigua, Tadla, Chadma-Haha, la région Nord Est et Souss. La superficie concernée représente 31 % de la superficie totale semée en bour. Quant aux régions agricoles où les céréales sont généralement perdues, elles concernent le Haut Chaouia, Haouz, Tensift, R’himma et la région Sud-Est. La superficie concernée représente 32 % de la superficie totale semée en bour. Dans ce commentaire, le Secrétaire Général du ministère soulignera que sur le plan qualitatif, la production céréalière se caractérise par un faible taux d’impuretés liées au faible développement des mauvaises herbes avec toutefois un poids spécifique affecté en raison de l’échaudage qui a touché la plupart des champs céréaliers.